‹ Du Cancer Primitif de la PlèvreChapitre 6 sur 13 · ANT · texte numérisé non relu

ANT

| peu chaque j jour. Le ROME est pe La température reste ‘à

normale.

10 avril.

forte. AUS 13 avril. - La malade est très mal. Elle se plaint

d’une légère douleur au niveau de la pointe du cœur. Pas de souffle cardiaque, pas de température. La dyspnée est très forte, le pouls petit, les joues pâles, les yeux sont cernés.

La percussion révèle une matité absolue de tout le côté droit, en arrière comme en avant et sous la clavicule ; absènce de murmure respiratoire partout ailleurs.

La malade se sentant très mal, réclame une ponction que l’on fixe au lendemain matin.

Le soir, la dyspnée est devenue très intense, et linterne de garde appelé, prescritune piqûre de morphine et des ventouses.

16 avril. — Au moment de la visite, la malade est très dyspnéique, presque asphyxique. Elle peut à peine parler et ne peut rester inclinée sur le côté gauche, comme on l'avait placée pour la ponction.

On l’asseoit sur son lit, les jambes pendantes en dehors; on lui fait une piqûre de morphine et on lui fait prendre quelques grammes de sirop d’éther.

Après une dizaine de minutes d’expectation, pendant lesquelles on s'attendait à un dénouement fatal, une ponction est pratiquée dans le septième espace intercostal droitun peuen arrière du lieu de ponction précédent. L'écoulement du sang presque pur se fait très lentement. L'état syncopal s'améliore, le pouls qui était très faible se relève légèrement et en présence de ces signes favorables, on évacuejusqu'à 2100 grammes de liquide. Ace moment

rate mais Dé du et accompagné de murmure vési- ) . .

eulaire presque impereeptible. AS He hi

Cette absence des signes de retour D omantie . pulmonaire à l'air était peu en rapport avec l'existence d une vraie pleurésie, même hémorragique. |

La malade se trouve beaucoup mieux, bien qu al sub- & ‘siste encore de la dyspnée et qe le pou ne ie pas relevé autant qu’on le pensait. & LEA

17 avril.— Dyspnée intense, le facies est pale et grippé, les yeuxcernés, le pouls petit et misérable. Mèmes signes stéthoscopiques.

Mort à 10 heures 112 du soir.

On avait d’abord fait le diagnostic de pleurésie {uberculeuse, mais en présence du sang si pur fourni par les deux ponctions, on avail pensé à un sarcome pleuropulmonaire. |

* Aulopsie. — À l'ouverture de la cage thoracique, on trouve à droite une vaste excavation pleine de sang. Lorsque celle-ci a été évacuée, on voit à sa place une large cavité tapissée par une bouillie représentant assez bien de la pulpe cérébrale déjà ramollie. Cette pulpe se trouve surtout au sommet, le long de la plèvre médiastine et de la plèvre diaphragmatique ; sous elle on trouve le poumon droit atélectasié, fortement revenu sur lui-même. Il se représente sous la forme de deux languettes aplaties, n'ayant guère que deux centimètres d'épaisseur, de la

28 — | surtace de là main à elles deux : l’une tapisse la voûte de l’excavation pectorale, l’autre la partie supérieure du médiastin. D'ailleurs ces languettes sont si peu perméables à l'air qu'elles tombent au fond de l’eau, comme si elles étaient hépatisées.

Pourtant le poumon est sain, Se a coupe on ne trouve pas de trace de cancer.

Le poumon gauche est également sain et la plèvre normale.

Le cœur est sain, maisil ya un peu deliquide dans le péricarde, deux cuillerées à soupe à peu près.

L'aorte n'offre rien de particulier, pas plus que les ganglions du médiastin postérieur.

Du côté de l’abdomen : pas de péritonite, ni végétations cancéreuses au péritoine.

L'œsophage, la trachée et les bronches, examinés avec soin sont absolument sains.

Le foie est un peu gras mais a conservé son volume et sa forme; on n'y trouve aucune production anormale.

Rien à l'estomac, dans les reins, ni dans la rate.

Rien non plus dans le tube digestif en général.

L'utérus est sain ainsi que les ovaires et les trompes.

Examen microscopique. — L'examen microscopique de la pulpe dissociée montre, après coloration par le picro-carmin, des cellules fusiformes à noyau très net, en très grand nombre (sarcome fuso-cellulaire). Cet examen a été pratiqué par M. Siron, interne du service.

Conclusion. — Nous nous trouvons donc en présence d'un sarcome primitif de la plèvre, remarquable par son début à peine douloureux. A noter aussi son début brusque et son évolution rapide ainsi que la courte durée de l'amélioration consécutive aux deux ponctions.

Observation V z

Case of primary malignant disease of the pleura By W. Collier (Lancet of Longus 1885)

AE NNES 33 ans admis à trees de Radelife tt avril, mort le 7 juin 1885.

[Il commenca à être malade vers la fin dsemibe 1884, il éprouvait de la dyspnée et une légère difficulté à avaler les aliments solides et de temps en temps des douleurs térébrantes à la base du poumon droit.

La dysphagie augmente durant les 6 semaines avant J'entrée à l'hôpital avec perte de forces et amaigrissement

marqués.

Antécédents personnels. — Rien sauf une légère blessure à la poitrine il y a 5 ans.

Antécédents héréditaires. — Bons.

A l'entrée, homme bien bâti, fortement amaigri, anieux, respiration et température normales, pouls 72, dysphagie très accentuée. -

Poumon droit : expansion diminuée, vibrations thoraciques diminuées, matité presque absolue à la moitié inférieure ; à la moitié supérieure, respiration faible en avant et en arrière.

Poumon gauche: frotlements pleurétiques forts en avant et en bas.

Circonférence de la moitié droite plus grande de 3 quarts de pouce que la gauche, un pouce sous le mamelon.

La sonde n° 3 passe avec difficulté dans l'œsophage. 13 mai. À perdu une stone et demie ; dysphagie un peu plus forte, respiration de plus en plus embarrassée ; symptômes physiques accrus (moitié droite plus grande que la gauche de un pouce).

* <Pavtie, ner de l'æsophage prise, le point où. Ne traverse le diaphragme admet à peine le bout du petit : # «doigt. Sue s Ni) de a Ganglions médiastinaux postérieurs et abdominaux dé- Sr générés. | | Fe Estomac, intestins sains.

À l'examen microscopique, tissu one avec rangées 7. de cellules épithéliales disposées en espaces alvéolaires.

fre

Les ganglions abdominaux avaient subi la dégénérescence colloïde.

Le fait de n'avoir trouvé de tissu malin que. ie les ganglions, nous fait conclure à un sarcome primitif de la plèvre.

Observation VI

Frœnkel. — Congrès de Médecine internationale de Leipsick (1892)

Homme de 49 ans. Début par symptômes de pleurésie, point de côté, transpiration. Signes .d’épanchement ‘ gauche. Température, 38°. Une ponction donne 400 cen-. timètres cubes de liquide fortement hémorragique, presque opaque. Le thorax paraît affaissé. Puis oppression

gréisseux me un a « mère» », ant paris . ”

| uns confluentes.. PO ue PS NPA |

Troisième ponction, 1200 grammes Pons, 136. Mort si 4 08

près SIX semaines.

On pense d’ abord à la M eroulose. Ca ganglion Buse AU ns claviculaire et 2 PRAIRIE ponction tant songer à une th tumeur. re Jane) D Autopsie. — Dans le péricarde un demi- litre qe . “ hémorragique. RS mere 0 Dansla plèvré gauche, Lu litre même da Sur les deux séreuses, couche fibrineuse : rouge-brune. Adhérences de la plèvre pariétale à la paroi. Epaississement général de la plèvre avec Due allant de 2/3 m/m à 1/2 c/m. Pas de nodule. à Après enlèvement de la couche fibrineuse, aspect |

, assez plat de la séreuse, avec cependant, quelques saillies

et renfoncements : aspecl trabéculaire. A la coupe et par , pression, il sort des gouttelettes blanchâtres d’un exsudat chyliforme. La plèvre viscérale est épaissie également. Poumon atélectasié, rétracté, sans aucune lésion. Aspect cancéreux du ganglion sus-claviculaire. Foie, rein, augmentés de volume, mais sans aucune altération.

Allons- nous ineriminer héréd tés " n'a-t-il pas en mars | 1905, ‘devant la Socièté de Médecine. de Berlin, traité de légende, l'hérédité des tumeurs can céreuses, et pi es n appuient-elles | pas cette

opinion ? | Rrer nus

. Allons-nous invoquer V ? Non plus. net

La plupart des cancéreux pleuraux se rémémorent des.

IN contusions légères supportées parle thorax: ces contusions d'ailleurs très souvent pus ne retiennent pas :notre attention.

Mais nous estimons que les irrilations locales ont une bien plus grande importance. | MÉTÉO

Envisageons le cas le plus fréquent.

Un sujet est atteint de cette Poe « a frigore » dans , laquelle on ne voit plus maintenant qu’ une CEASNE ba cillaire.

Que se passe-t-il du côté de la plèvre ?

Nous lisons dans Dieulafoy : « Les deux feuillets de la plèvre sont congestionnés et recouverts de membranes … fibrineuses, la séreuse est infiltrée de leucocytes, les vais-

seaux lymphatiques sont gorgés de globules blancs.

ue la couche Ehnneuse, in plèvre Non ds Fe e geonnements formés de tissu conjonctif embryonnaire el. 1 de jeunes vaisseaux ; ces néoformations en se soudant faux a du feuillet opposé, forment des ad hérences rares dans la forme aiguë, mais Has dans. la forme chronique de la pleurésie. Un RAT Et plus loin : « les fausses membranes sont formées de M fibrine englobant dans ses mailles des globules blancs, des | globules rouges et des cellules épithéliales. »

Mais pourquoi ne pas voir dans ces bourgeonnements

pleuraux formés de tissu conjonctif embryonnaire et de jeunes vaisseaux, le point de départ du néoplasme ?

Chez certains sujets ces bourgeonnements formés de tissu conjonctif embryonnaire et de jeunes vaisseaux. pourraient n'avoir que fort peu de tendances à proliférer et ne donneraient que quelques fausses membranes organisées.

Pourquoi, chez d'autres nee ces mêmes bourgeons ayant plus de tendances À proliférer ne donneraient-ils pas de véritables néoplasies ?

Ces bourgeons. dont parle Dieulafoy, formés de tissu conjonctif embryonnaire, de cellules épithéliales et de jeunes vaisseaux, n'ont-ils pas tous les éléments désirables pour produire soit un sarcome, soit un épithéliome ?

Pourquoi ces bourgeons ne pourraient-ils pas rester latents pendant des années, et après celte période d'inaction se mettre subitement à proliférer sous l'influence d’une cause encore inconnue ?

On va nous objecter que beaucoup de sujets atteints de cancer de la plèvre n'ont jamais, avant leur maladie actuelle, accusé de manifestalion pathologique pleurale.

Mais n’a-t-on pas vu souvent des malades atteints d'une

A de | légère pleurite vaquer à leurs occupations, et Dieulafoy n'a-t-il pas décrit la pleurésie latente qui s'établit sans fièvre, sans douleur, presque sans dyspnée ?

On va nous objecter, en second lieu, que dans la plupart des cas, la pleurésie étant d'origine tuberculeuse, ses néoformations cellulaires ne peuvent pas dégénérer en néoformations cancéreuses, car, ainsi que l’admet Roki-

tansky, ‘il existe un antagonisme entre le cancer et la tuberculose.

Nous préférons adopter l'opinion de Léber, Virchow et Friedreich qui considèrent que ces affections, loin de s'exclure, peuvent s'associer.

Henri Claude n’a-t-1l pas, à la suite de plusieurs observations, démontré la réalité de cette hybridité tuberculocancéreuse ? ?

N'a-t-on pas vu ie lésions tuberculeuses devenir eancéreuses : un épithélioma se développer sur un lupus ; des métastases cancéreuses secondaires évoluer sur un foyer tuberculeux ancien ou récent ; une infection bacillaire apparaître sur un carcinonie en évolution ?

Si nous en croyons Forgue, il est admis aujourd'hui que la tuberculose etle cancer, loin de s’exelure, s’associent fort souvent : ce n’est pas un mince argument en faveur de notre concéplion de l'étiologie du cancer primitif de la plèvre.

L'influence du sexe est incontestable : on rencontre plus fréquemment chez l’homme le cancer de la plèvre.

La statistique de Bloch accuse près de 2/3 d'hommes pour un peu plus de 1/3 de femmes.

Le cancer primitif de la plèvre paraît pouvoir évoluer à tous les âges.

Lapène à communiqué à la Société anatomique, en 1869, une observation d'un cancer primitif de la plèvre avec un

MR uen

épanchement séreux fortement coloré en songe, chez un enfant de 10 ans.

Le professeur Dieulafoy enseigne que le cancer dont nous nous occupons peut se rencontrer à partir de 20 ans.

Les jeunes sujets sont généralement porteurs de sarcome, alors qué les sujets plus âgés sont victimes de l'épithéliome.

Le néoplasme paraît être plus souvent localisé à droite qu à gauche.

Les lésions cancéreuses peuvent d’ailleurs être bilatérales.

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