ANATOMIE PATHOLOGIQUE
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De toutes les variétés de tumeurs malignes que l'on peut observer dans la région clitoridienne, la plus comy mune est l’épi thélioma. On peut aussi rencontrer, mais plus rarement le carcinome encéphaloïde, le carcinome mélanique, le squirrhe et le sarcome.
Dans la très grande majorité de nos observations, il s’agissait d’épithélioma. Nous n’avons trouvé qu’un cas d’ encéphaloïde, un cas de squirrhe et deux cas de sarcome.
Dans le cas d’épithélioma publié par M. Foufyert, l’examen histologique fut fait dune façon complète par M. le Dr Hutinel. En voici le compte rendu :
Des fragments de la tumeur furent durcis dans la gomme et dans l’alcool. Sur des coupes perpendiculaires au plan de l’ulcération, on trouve la préparation remplie de prolongements épithéliaux, en doigt de gant, en massue, en cylindres, anastomosés parfois les uns avec les autres, séparés par un tissu conjonctif très vascularisé, et présentant de distance en distance des proliférations embryonnaires.
Chacun des cylindres épithéliaux est formé de cellules volumineuses, crénelées. Ces cellules sont identiques à celles du corps de Malpighi, mais elles ne sont pas dis-
posées d’une façon aussi régulière. Des cellules allongées, accolées l’une à l’autre se voient à côté de globes épidermiques à centre jaunâtre. En d’autres endroits, toute apparence cellulaire a presque disparu pour faire place à une matière jaunâtre, d’aspect colloïde, sur laquelle tranchent par places des noyaux jaunâtres, qui sont évidemment la trace des noyaux des cellules.
Au voisinage, le tissu conjonctif est infiltré de cellules embryonnaires, disposées dans l’intervalle des fibres conjonctives et au pourtour des vaisseaux. En plusieurs points, la transition entre l’élément épithélial et l’élément embryonnaire se fait par degrés tellement insensibles, qu’il semble que l’on peut observer la transforma, tion. Certains vaisseaux semblent creusés en plein épithélium ; d’autres sont remplis de matière colloïde. Les travées épithéliales se prolongent dans les parties les plus profondes du tissu.
Boivin et Dugès dans leur Traité pratique des maladies de l’utérus, citent un cas de carcinome encéphaloïde et un cas de squirrhe du clitoris dont nous rapportons plus loin l’observation. Dans le cas de Demarquay, il s’agissait d’un cancer mélanique dont l’examen histologique fut pratiqué par M. Bouchard. Nous citons également deux cas de sarcome clitoridien.
Dans le premier cas qui fut observé par M. de Saint- Germain, l’examen histologique de la tumeur fit constater les particularités suivantes : En quelques points, le revêtement normal de la muqueuse était conservé. La couche sous-jacente de l’épithélium était constitué par . de petits éléments ronds ayant un noyau très volumi-
neux. On distinguait entre eux un grand nombre de vaisseaux capillaires. Ces éléments étaient très serrés les uns contre les autres. En certains points, ils avaient un aspect fusiforme ou étoilé et étaient séparés par une masse abondante de matière amorphe et granuleuse.
Dans le second cas observé par M. le Dr Terrillon, l’examen histologique de la tumeur fut fait par MM. Cornil et Babinski. Sur des coupes durcies par l’alcool et colorées par le picro-carmin ou l’hématoxyline, on voyait que l’épiderme était notablement altéré au niveau de la partie moyenne de la tumeur. Il était difficile de distinguer l’épiderme du derme; on trouvait entre les cellules épidermiques un grand nombre de cellules remplies de pigment avec prolongements multiples.
Les cellules profondes du stratum de Malpighi contiennent du pigment, les papilles sont remplies de cellules plus ou moins volumineuses, arrondies ou de formes irrégulières et très pigmentées.
Si de l’épiderme, on passait à l’examen des parties centrales de la pièce, on voyait la tumeur s’enfoncer profondément dans le derme. Elle était constituée principalement par des cellules pour la plupart arrondies, de volume variable, dont les unes, assez rares, avaient 30 à 40 pi de diamètre, et dont la généralité présentait de 10 à à 15
Ces cellules étaient accolées les unes aux autres, et tassés en formant soit des nodules, soit des noyaux plus ou moins réguliers séparés les uns des autres par du tissu conjonctif qui contient des vaisseaux assez nombreux et dilatés.
La plupart des cellules de la tumeur contenaient des granulations de pigment dans leur intérieur .
Il s’agissait donc dans ce cas d’un sarcome mélanique.
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