‹ Du cancer primitif de la région clitoridienneChapitre 5 sur 10 · COMPLICATIONS · texte numérisé non relu

COMPLICATIONS

La marche de l’épithélioma du clitoris est en général lente, et sa durée peut être considérable. Comme nous l’avons vu plus haut, ses débuts sont lents, insidieux, et le néoplasme peut exister pendant plusieurs mois sans éveiller l’attention de la malade.

Après cette première période latente de l’ affection, survient une série de troubles fonctionnels très incommodes pour la malade. Tels sont : une sensation de cuisson ou de brûlure à la vulve, un prurit quelquefois très intense, une certaine gène dans la marche, etc. A ce moment, si la malade se décide à consulter un médecin, la tumeur offre un certain nombre de caractères objectifs qui la font généralement reconnaître. Lorsque le néoplasme est enlevé; la guérison définitive peut survenir. Mais les récidives sont fréquentes, et se font quelquefois avec une rapidité .surprenante.

Si Tépithélioma est abandonné à lui-même, la guérison spontanée quoique exceptionnelle n’est pas impossible. Voici ce que dit h cet égard M . le Prof. Cornil : « Il est certain que l’épi théliomatubulé peut être assez superficiel pour guérir en laissant une cicatrisation complète sur une portion considérable de la peau. La partie ulcérée elle-

même donne une preuve de la possibilité de la cicatrisation, car le centre de l’ulcération ne diffère pas d’une plaie de bonne nature, et l’inflammation après la destruction et l’élimination des masses épithéliales ne s’étend pas au delà du derme. »

Mais cette terminaison est tout à fait exceptionnelle. Le plus souvent, l’épithélioma abandonné à lui-même progresse, et envahit de proche en proche les tissus voisins. C’est de préférence du côté de la muqueuse du vagin que se fait la propagation. Le méat urinaire, le col de la vessie peuvent être envahis successivement. Il en résulte quelquefois des perforations suivies de fistules vésico ou uréthro-vaginales. Dans le premier cas, l’urine s’écoule constamment par le vagin ; dans le second cas, l’écoulement est intermittent et n’a lieu qu’au moment de la miction. Ces complications sont heureusement rares. L’épithélioma peut encore se propager au col de l’utérus, et au corps de l’utérus lui-même. En même temps, les ganglions inguinaux et les ganglions lombaires subissent la dégénérescence secondaire.

Comme complication rare, nous citerons encore la propagation de l’épithélioma au rectum qui se révèle par une suractivité des sécrétions intestinales, une abondante diarrhée et quelquefois du ténesme rectal. Dans quelques cas plus rares encore, le cancer au lieu de gagner les surfaces muqueuses, s’étend en dehors vers la peau du pubis ou du périnée.

Dans un cas publié par Mac Clintock, le cancer avait envahi toute la région génitale externe, le pubis, la région inguinale, le périnée et le pourtour de l’anus.

Chez une malade observée par M. le Prof. CorniL l’épithélioma avait également envahi les grandes lèvres la peau du pubis et la région inguinale.

Si Ton a affaire au sarcome mélanique, on pourra même voir la généralisation se faire aux viscères, et aux autres parties du corps. Dans l’observation de M. le Dr Terrillon que nous rapportons plus loin, il s’agissait d’un sarcome mélanique qui se généralisa aux ganglions abdominaux, thoraciques, au foie, à la rate et jusque dans la région dorsale.

A ces troubles locaux viennent tôt ou tard s’ajouter les troubles généraux qui forment le cortège inséparable de la diathèse cancéreuse. La malade pâlit, maigrit perd ses forces. Elle est prise de dégoût pour les aliments, elle a des vomissements et de la diarrhée. Ensuite surviennent des œdèmes, un amaigrissement extrême, la teinte jaune paille caractéristique, et la malade s’éteint dans une cachexie profonde.

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