‹ Du caractère religieux de la royauté PharaoniqueChapitre 104 sur 211 · Schiaparelli, II, p · texte numérisé non relu

Schiaparelli, II, p

5. Rituel du culte divin, p. 111. L’explication de la formule du Souton di hotpou a été faite excellemment par Maspero, La table d'offrandes, p. 39.

dans l’ordro pratique^ toute une organisation matérielle qui sera étudiée au chapitre suivant. Mais, au point de vue théorique, le roi avait des ressources toujours prêtes pour satisfaire les dieux. Assimilé à llorus le grand, dieu céleste, aussi bien qu'à Horiis fils d’Osiris, Pharaon est donc le maître de r « (uil d’Horus »; il crée à volonté par cet œil, le Soleil, tous les produits naturels delà terre, et peut les présenter sur la table des dieux. Aussi voyons- nous Pharaon-Horus offrir à ses pères 1’ « œil d’IIorus » sous toutes ses formes : aliments, liquides et solides, vêtements, parures, armes, etc. etc. Pharaon possède encore l’autre pouvoir créateur des démiurges : il crée par sa voix, comme il crée par son œil,

il est mâ khrôoii | ^ “ celui qui réalise la voix, celui

qui a la voix créatrice' » : prononce-t-il le nom d'une offrande? elle se manifeste incontinent sur la table devant le dieu, et l’on dit qu’elle « sort à la voix quand on l’appelle ■ ». Pour rentrer dans le domaine des faits, ne savonsnous pas que tous les êtres, tous les produits de la terre, et la terre elle-même sont dans la main du Pharaon, et de lui seul, l’héritier des dieux? Aussi lui seul peut-il « donner l’offrande » à ses pères les divins.

Cette théorie intéressait directement le culte funéraire, car le fils dans chaque famille devait aussi assurer la nourriture de ses ancêtres divinisés par les rites osiriens. Or d’une part, le roi seul disposait des produits de l’Egypte, et par conséquent des offrandes ; d’autre part, chaque défunt ti’ansformé en Osiris, entrait dans la famille divine et devenait un père pour le Ph araon. D’où il résulta que la charge d’assurer aux hommes morts la nourriture matérielle incomba aussi au Pharaon. A

1. Sur la création par r(F.il et par la Voix, cf. Rituel du culte divin, p. 151 sqq.

2. D’où le nom de l’olfrande ^ pir klirôou « ce qui sort à la voix » (Maspero, La table d'offrandes, p. 30. — Cf. Rituel du culte divin, p. 156).

ce moment du service sacré les rites du culte funéraire et du culte divin sont plus que jamais indissolublement unis. La seule formule qui permit d’assurer aux morts divinisés la nourriture d'outrc-tombe fut donc aussi souton di hot-pou « le roi donne l’olfrande. » Mais il y a ici une sorte de gradation dans les obligations du roi vis-à-vis de ses pères les dieux et des hommes divinisés. Pharaon ne donne pas directement aux morts ce qu’il crée ou ce qu’il possède; il dépose ces offrandes sur la table des dieux et ceux-ci les répartissent aux défunts osiriens. D’où la rédaction finale de la formule du

don des offrandes aux morts : « Le roi donne l’ofirandeà tel ou tel dieu, pour que ce dieu donne à son tour ° di f) cette

offrande au mort à qui s’adresse le culte* ». Malgré cette distinction, le roi ne se reconnaît pas moins obligé d'assurer le culte des morts comme le culte des dieux : il devient un prêtre dans chaque tombeau, comme il est le prêtre dans chaque temple. C’est une conséquence fort importante, au

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