X. Moret
choix de ces noms. Ce clioix n’avait point été fortuit : comme dans la plupart des sociétés antiques ou primitives, les noms avaient en Égypte une valeur éminente', un sens puissant : ceux du Pharaon étaient d’une signification précise et Ton n'aurait pu les changer sans altérer la personnalité du souverain.
Le « grand nom » comprenait trois espèces de titres, composés d’éléments les uns invariables, donnes à tous les Pharaons, les autres personnels à chaque roi et variables avec lui.
1“ Le Pharaon était appelé « llorus » on l’identifiait soit au dieu solaire « llorus le grande le dieu d’Edfou, maître
et d'Osiris » ^ jj
soit au dieu llorus, fils d’Isis
(Ilarsiésis).
Sons l’une ou l’autre de ces formes, comme dieu du ciel fils du démiurge Rà (^Horus le grand] ou comme dieu « modeleur de son père Osiris »*, llorus incarnait en lui l’idée la plus haute que les Égyptiens avaient pu se faire du Fils ; aussi dans les groupements de dieux en triades composées du dieu père, de la déesse mère et du dieu fils, ce dernier est-il sans cesse identifié à Horus. Le culte d’IIorus dieu-fils lui a
valu d’ailleurs un nom spécial « llorus l’enfant
1. Lel'ébure, Le nom en Égypte {Mélusine, VIII, n® 10 et Sphinx, 1, 93. Les dieux créent par la voix ; nommer les choses et les êtres, c’est les appeler à l’existence (cf. Rituel du culte divin, ch. 41).