‹ Du caractère religieux de la royauté PharaoniqueChapitre 111 sur 211 · Schiaparelli, II, 217-218; Rituel du culte divin, p · texte numérisé non relu

Schiaparelli, II, 217-218; Rituel du culte divin, p

4. Schiaparelli, II, p. 211. Voir ce qui a été dit plus haut, p. 138.

5. C'est une formule fréquemment employée pour les dieux à la fin des cérémonies du culte.

6. Voir les Litanies de Sokaris (Budge, Archæologia, t. LH, p. 497, pl, XX, 1. 14-15).

funéraire à tout mort osirien, et de lui dépendent les destinées de l’âme de tout Egyptien après la mort. On conçoit quelle inexprimable puissance morale cette situation confère au roi qui réunit en ses mains l’autorité et les charges du culte d’état et du culte familial.

YI. Telles étaient les obligations quotidiennes du roi vis-à-vis des dieux; mais outre le propre de chaque jour il y avait des fêtes solennelles fort nombreuses, où le roi tenait aussi le rôle principal. Décrire ces fêtes par le détail me ferait sortir hors des limites de ce travail, sans rien ajouter d’essentiel aux conclusions tirées de l'étude du culte journalier. Les cérémonies des jours de fête ne sont que des développements des rites quotidiens : au lieu d’un àp ro abrégé, on pratique l’ouverture de la bouche et des yeux dans tous leurs détails raffinés; au lieu de présenter une statuette de IMàït, on tue des hétacombes et l’on met sur les autels des « milliers d’oifrandes de toute espèce » ; au lieu de faire une toilette sommaire de la statue divine, on accumule étoffes précieuses, bijoux, couronnes, sceptres, phylactères*. Au total les rites osiriens demeurent immuables, mais le côté extérieur du culte prend une plus grande valeur.

Dans le culte de chaque jour, le roi officie seul dans le sanctuaire. Les jours de fêtes, tout le personnel du temple est sur pied : le roi prend la tête d’un cortège de prêtres et d’officiants de tout rang, les uns portant des emblèmes sacrés, les autres chargés des fonctions accessoires du culte, d’autres répétant les gestes ritualistiques dont le roi donne le

signal *.

1. Les rituels distinguent assez souvent les cérémonies réservées au culte quotidien et celles, plus développées, des jours de fête (cf. Rituel du culte divin, p. 108, 195).

2. Voir les processions de Dendérah, dans les escaliers du Sud et du Nord, t. IV, 2 sqq. Cf. De Bougé, Edfou, p. 202.

La présence de ce personnel nécessite la sortie du sanctuaire exigu où le roi seul trouvait place; une lete consiste en effet

essentiellement dans 1’ « exode » ( ) du dieu'. Le thème

général consiste à faire « lever », « paraître » ( ^ khâ) la

barque du dieu, l’arche où réside la statue divine ; on se dirige vers une salle déterminée ou sur la terrasse du temple, ou bien l’on fait le tour de l’enceinte. Dans des cas plus rares le dieu est porté jusqu'à la ville, ou jusqu’à un autre temple, parfois on navigue sur le Nil pour aborder à une cité voisine^ Lorsque le cortège a atteint l’emplacement de la fête la

barque du dieu est déposée ( hotep) dans la salle du

temple, dans un autre sanctuaire, ou dans la ville voisine : à ce moment ont lieu des sacrifices précédés de Vàp ro \ et de

t. Le mot

«se lever comme le soleil » caractérise les apparitions

en public des dieux et du roi ; dans les fêtes des temples

indique le

début et

« se poser » la fin, le retour au sanctuaire ou le repos dans

une station d’attente (Cf. Mariette, Dendérah, texte, p. 101, n. 6). Le décret de Canope rend ^ par lloSsia.

2. Par exemple Horus va à Edfou, Uâthor à Dendérah ; Amon de Karnak va au temple de Louxor par eau (Daressy, Mission du Caire, VIII, 3' fascicule) ; Hàthor visite Horus d’Edfou et va, par eau, de Dendérah à Edfou, et Horus lui rend sa visite. — Voir Brugsch, Drei Festkalendcr des tempels von Apollinopolis magna, où sont publiés et traduits les calendriers des fêles d’Edfou, et traduits ceux d’Esneh et de Dendérah. Mariette {Dendérah, texte p. 100 sqq.) a traduit et commenté le calendrier de Dendérah ; M. Bouriant a publié le calendrier d’Ombos {Recueil de trav., t. XV, p. 184). Voir aussi Brugsch, Thésaurus, p. 362 sqq.

3. Vàp ro « grand » ou ordinaire est mentionné aux Drei Festkalen-

der de Brugsch, pl. VI, 1. 13;pl. X, I. 3, 4, 9. — Cf. l’expression ^ x ^

<r ‘ AAAAAft

I « frapper (consacrer) la bouche de son père » d’un calendrier

d’Esneh, publié par Brugsch, Matériaux pour servir à la reconstruction du calendrier des anciens Égyptiens, pl. X, 1.2.

A. Moret. 12

prières avec ou sans accompagnement de musique et de danses. Suivant que l’on reste dans l’intérieur du temple ou que l’on quitte l’enceinte ou même la ville, ces cérémonies durent quelques heures ou plusieurs jours; parfois la moitié d’un mois y est consacrée. Puis la barque divine rentre au

temple et le dieu «

repose dans sa demeure » (

jusqu’à prochaine occasion qui ne se faisait pas longtemps attendre si l’on en croit le témoignage des calendriers de fêtes retrouvés à Médinet Ilahou, Edfou, Dendérah, Omhos et Esneh.

Les occasions (jui faisaient naître ces l'êtes étaient variables. C’était le début de l’année, grande fête pour Ilorus d’Edfou, llàtbor de Dendérah*, Amon de Kainak® et en général pour tons les dieux ; en ce jour on couronne solennellement les statues divines et parfois on les expose aux rayons du soleil levant, sur la terrasse du temple, pour recevoir un renouvellement du sa de vie dans l’embrassement de la lumière solaire ^

A cette date aussi (solstice d’été) une goutte d’eau divine tombait du ciel dans le Nil, à Silsilis, et déterminait l’inondation, cette autre source de vie; le roi présidait une fête commémorative, en sacrifiant des hécatombes et en jetant au fleuve un ordre écrit prescrivant une crue abondante \ Plus souvent la vie individuelle des patrons des temples déterminait l’ordre des fêtes : la naissance, le couronnement du dieu, célébrés avec des rites analogues à ceux que nous avons vu observer pour le Pharaon ^ la mort et la résurrection du

1. A Dendérah comme à Edfou, il y a une « chapelle du nouvel an » où est représentée en détail la fête de ce moment de l’année.

2. C’est la fête d’ « Amon dans les Apitou » représentée sous la grande colonnade de Lou.xor, publiée par Daressy (Mission du Caire, t. VIII, 3' fasc.).

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