Maspero, Histoh'e, I, p. 358 et
5. Le détail nous est donné dans une inscription du Ouady Hamniamât (L. D.,II, 149 d, Maspero, loc. cit., p. 8-9; trois mille soldats convoient les ouvriers techniciens.
6. Inscription d'Ouni (VP dyn.) ; cf. Maspero, Recueil de travaux, XIII, p. 203-204, travaux pour canaliser les rapides de la première cataracte et laisser la voie libre aux chalands chargés de matériaux de construction ; Stèle de Kouban (XIX® dyn.), creusement de citernes le long de la route des mines d’or. Cf. Maspero, Histoire, II, p. 408.
7. Voir Annales de Thoutmès //f, citées par Maspero, Histoire, II, p. 262, n“ 1 ; 267, n® 2, etc. Le défilé des porteurs d’offrandes asiatiques ou éthiopiens apparaît souvent sur les monuments (cf. Maspero, II, p. 260, 263, 269, 283, 285).
l'ONÜATlONS ROYALES POUR LES DIEUX ET LES MORTS 191
dation énumèrent-ils en général le nombre d’animaux de race bovine^ ovine, caprine etc les espèces d’arbres fruitiers qui doivent fournir les offrandes vivantes ou frugales, solides ou liquides ; parfois on détermine avec précision le nombre de pains, de morceaux de viande, la quantité de fruits ou de liquides variés qui seront servis à telle date pour telle fête ^ Ces chiffres sont souvent élevés ; et si l’on considère d’une part le nombre des sanctuaires en Egypte, d’autre part la fréquence des jours de fête, on arrive à un total surprenant, pour le chiffre d’offrandes que réclamait en une seule année le service du culte ^ On s’explique dès lors, que dans les expéditions en Asie ou che/ les peuples riverains du llaut-
1. Voir la stèle de Ptolémce I (.ï. Z., 1871, p. 6, 1. 14), et les énumérations de Ramsès III dans le Pap. Harris IV, 7-8 (cité par Peiiillet, Recueil de travaux, XVIII, p. 174). Les exemples sont fréquents.
2. Par exemple. Stèle de Thoutmès III, publiée et traduite par Maspero {Comptes rendus Acad, des Inscriptions, 1900, p. ItSsqq.) : « C’est ma Majesté qui fait faire tous les cahiers des charges du palais envers mon père Phtah... pour le 1'’' mois de Shâït, le 26“ jour auquel ma Majesté lui institua une offrande de un taureau, une grande mesure de vin bien pleine, quatre lots de nombreuses victuailles, quatre boisseaux de grains, des céréales en quatre pains blancs coniques, deux couffes de légumes, vingt cruchons et dix cruches do bière, cinq oies pour la table d’offrandes du sacrifice, deux cents pains assortis pour la table d’offrandes du dieu, au temple d’Amon, quatre godets d’encens, du blé en vingtpains blancs de Pharaon, le tout en redevance annuelle... ». — 11 y avait un
service particulier de « scribes de la table des dieux »îj(oj
1 ; voir Maspero, Manuel de Hiérarchie, et Wiedemann,
Recueil de travaux, t. XVIII, p. 123 sqq.
De curieux détails sur l’aménagement des volières, des caves, des offices de lampisterie, des ateliers de tisserands, des temples sont donnés sur une statue du Louvre (A. 90, Pierret, Recueil d'inscriptions, I, p. 23) de l’époque d’Apriès. Voir aussi l’inscription de Montouemhâït traduite par De Rougé {Mélanges d'archéologie, I, p. 17-19) où l’auteur, grand prêtre d’Amon sous le règne deTaharka (XX V“ dyn.), énumère les travaux d’entretien des sanctuaires.
3. Voir les chiffres cités p. 195 qui se répartissent sur une durée de 31 ans (Erman, Aegypten, p. 408).
192 DU CAKACTÈRE RELIGIEUX DE LA ROVAUTÉ PIIARAOMQUE
Nil, les Pharaons aient exécute des razzias colossales au profit des temples de leurs pères les dieux. Ils organisaient aussi des expéditions commerciales autant que militaires pour se procurer certains produits rares et indispensables que l’Egypte ne produisait pas : le besoin journalier de l’encens détermina plusieurs Pharaons à envoyer des vaisseaux aux côtes du Pount, pour obtenir de gré ou de force des arbres à encens et à résines aromatiques, afin d’installer des pépinières dans l’enceinte des temples'. Il n’est pas exagéré de dire que l’entretien de la table des dieux, la fourniture des vases sacrés, des vêtements et parures nécessaires au culte étaient une préoccupation de tous les jours pour le Pharaon ou pour l’administration royale.
III. Les temples e.xigeaient aussi un personnel de prêtres et de desservants, dont l’inlluence sociale était proportionnelle à la richesse des biens qu’ils devaient administrer. Dans chaque sanctuaire la classe sacerdotale comprenait, au bas de la hié-
rarchie, des «divins pères» ^), puis des «prophètes»
I divisés en trois « classes » sa^) ; au sommet de la
hiérarchie était « l’administrateur des prophètes » 1 f
qui, suivant la ville, portait un titre caractéristique tel que « prophète en chef d’Amon », à Thèbes, le « tils chéri » à Iléracléopolis, le « grand veilleur » à Héliopolis, le « grand chef de l’œuvre » à Memphis, « celui qui ouvre la bouche » à
t. Sur les expéditions au pays de Pount de la XVIIIe et de la XI.V dy-* nastie, voir Maspero, Histoire, II, p. 245 sqq., 350, 374 et, dans les Contes populaires, le conte du naufrage, (jui remonte à la XII® dynastie.
2. Cf. Hrugsch, Die Aegyptologie p. 275-278 ; il utilise l’inscription de Bakenkhonion, grand prêtre d’Amon sous Ramsès II, qui a laissé un intéressant cursus honorum étudié en détail par Devéria (Mémoires et Frag~ ments, I, p. 275 sqq.). — Le décret de Canope, texte hiér., 1. 2-3 énumère la hiérarchie sacerdotale dans cet ordre : « administrateurs des temples, prophètes, chefs des mystères, stolistes, scribes des livres sacrés, magiciens, divins pères ».
Psochemnis, etc. Le grand prêtre était à la nomination du Pharaon, au moins aux époques de gouvernement royal bien établi^; on ne sait comment s’cll'ectiiaient les promotions aux grades inférieurs. Autour de ce corps sacerdotal bien organisé, on distingue dans les temples des « ol’liciants w | Jj [kher-keb) lecteurs des rituels sacrés, des « cbels des
mystères »
rxn
pour les dilférents rites du culte, des
« scribes des livres sacrés » [1^ | | Tout person-
nage de la classe sacerdotale avait droit au titre générique de « pur, prêtre )>
l’épilliète de «prêtres de jour»( f ^
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