Erman, Aegypten, p
2. Voir à ce sujet mon étude « Un procès de famille sous la XIXc dynastie », .ï. Z., XXXIX, p. 28.
3. Spiegelberg a publié une liste de ces redevances dans le Recueil de travaux, XIX, p. 93-95.
4. Sur le rôle des roudou voir « Un procès de famille sous la XIX= dynastie », .1. Z., XXXI.X, p. 3i. Sur l’administration des temples en général, voir Urman, Aegypten, p. 395-396.
5. Voir l’inscription d’Antef V (XI® dynastie) publiée par Pelrie, Koplos, pl. VIII. Le roi vient au temple de Min à Koptos pour rayer des archives du temple le nom d’un prêtre infidèle; on lui enlève « ses pains »• et « son nom ne sera plus rappelé dans le temple » quand on fait l’appel pour la distribution des vivres qui constitue le traitement; les v écrits » concernant ce prêtre (nous dirions son diplôme de nomination) sont détruits dans les archives du temple. — La révocation opérée, le roi Antef donne l'office vacant à un de ses fidèles, lui assure « ses pains et ses liturgies » et « établit la propriété de cet office dans les livres du temple pour lui, le fils de son fils, l’héritier de son héritier ».
Les inscriptions de fondation des temples mentionnent le plus souvent l’installation d’un personne! de prêtres, desservants, esclaves, qui vivent sur les revenus du temple. Voir par e.xemple : Stèle du temple de lla-ka-k. Inscription d'Horeinheb, à Turin (Brugsch, Thésaurus, p. 1078,
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sur les biens du temple. C'était pour lui une propriété héréditaire et transmissible, saut'l'orraiture; auquel cas, Pharaon rayait le nom du coupable des livres du temple et inscrivait celui d’un nouveau bénéficiaire à sa place.
IV. On conçoit à quelles dépenses accumulées les donations territoriales, les frais de construction des temples, les e.xpéditions en pays étranger, l’entretien des pi’ètres de tout rang, devaient conduire Pharaon. Nous pouvons d’ailleurs avoir une idée précise des frais qu’entraînait le culte des dieux sous la XX“ dynastie, à une époque de pleine prospérité des temples ; le papyrus Harris nous a conservé une liste des donations établies pour le compte des dieux au temps de Ramsès III, parce roi et ses prédécesseurs '. Les temples possédaient le twritoire de 169 villes, dont neuf en Syrie et en Ethiopie, avec 113.433 esclaves, 1.071.780 arouresde terrains, 514 vignobles et vergers, 88 barques et navires; les objets précieux, statues divines, vases sacrés, lingots, etc., équivalaient à 1.015 kilog. d’or, 2.993 kilog. d’argent, 13.059 kilog. de bronze, plus 7 kilog. de pierres précieuses. Le service des offrandes et des traitements avait en réserve 514.968 tètes de gros bétail, 680. 71i oies, 494.800 poissons séchés; deux millions et demi de sacs de fruits; près de 6 millions de sacs de blé ; près de 7 millions de pains; 256,460 cruches de vin; 466.303 cruches de bière ; plus de deux millions de sacs ou de vases de miel, huiles, fards, encens. Ces richesses et ces
1. 22-25); Maspero, La grande inscription d’Abijdos, p. 48-49 ;Pap. Harris, IV, 5, cité par Peuillet, Recueil de travaux, XVIIIp. 173; Stèle de Ptoléince I (.ï. Z., 1871, p. 6, 1. 13 S(iq.); Stèle de Pithom (-Ï. Z., XXXII, p. 85).
Les revenus d’un temple consistent parfois dans l’abandon au profit du dieu et de son clergé, d’une taxe publique, telle que la dime sur les importations venues de tel pays (Stèle de Xectanébo à Naukratis; Ermanet Wileken, Die Naukratis Stele, .i. Z., XXXVIII, p. 130-131 et 133-175).
1. Le grand papyrus Harris a été utilisé à ce point de vue par Erman, Aegypten, p. 405-410; Drugseb, Die Aegyptologie, p. 271-274; Maspero, Histoire, II, p. 558. Je cite les chiffres donnés par Erman.
revenus allèrent toujours en augmentant, par cet accroissement mécanique des biens de main morte : si bien que la tradition grecque* qui attribue la possession du tiers de l’Egypte à la classe sacerdotale ne semble pas exagérée.
11 nous apparaît clairement que l’entretien du culte des dieux absorbait la majeure partie des forces vives du pays. On peut juger de la prospérité d’un règne d’après l’importance des constructions religieuses entreprises parle Pharaon : toute la politique intérieure s’orientait vers cette tâche colossale d’entretenir et d’approvisionner les édifices sacrés. La politique extérieure même des Pharaons n’a pas d’autre fin apparente : si nous en croyons les documents officiels, les guerres asiatiques, entreprises par les Pharaons des XVIIP et XIX® dynasties, étaient des conquêtes d’Amon. Les récits de campagnes se trouvent sur les murs des temples’ et tout ce qui y est raconté se rapporte au but suprême poursuivi : montrer comment la puissance d’Amon s’est manifestée à l’étranger, et ce qui en est résulté de profitable, butin et prises do guerre, pour le culte d’Amon et des autres dieux d’Egypte. Quand donc les textes égyptiens nous parlent de l’activité infatigable de tous les Pharaons dans le culte sacré, quand ils énumèrent à satiété les constructions nouvelles, les restaurations, les fêtes célébrées, les dons d’offrandes, les gratifications aux prêtres, il n’y faut point voir une répétition sans valeur de phrases stéréotypées : c’était bien pour Pharaon la préoccupation essentielle, le devoir sans cesse présent. « J’ai déposé pour toi les offrandes divines dans ton temple, — dit Ramsès III àl’Amon du temple de Médinet Ilabou — j’ai fêté tous les jours le maître des deux terres, avec des pains, de la bière, des taureaux, des gazelles des montagnes pour les sacrifices... J’ai multiplié les