On disait tout court « l’Horus
, ou « l’Horus qui est dans le
palais »
Ül
L’hiéroglyphe d’Horus
étant un éperbàk (Stèle
vier, on appelait aussi le roi « l’épervicr ” Jj ^
de Kouhan,\. 2. Maspero, Contes populaires, p. 97, n. 3).
3. C’est un plan en perspective, avec les détails d’une façade à rainures comme celle des tombeaux archaïques, la porte est souvent munie de verrous. (Voir le tombeau de Ahà-Menès dans De Morgan, Recherches, II, p. 157 et Borchardt, Zeitschrift, XXXVI, p. 85-107.) Les Égyptiens appe-
laient ce cadre
srekh', c’était un naos
tebit d'où l’oiseau pouvait s’envoler, par ex. au jour du sacre, lors du lancer des quatre oiseaux symboliques (cf. Rochemonteix-Chassinat, Edfou, II, p. 14). Aussi disait-on que le Pharaon est « chef du srekh
(cf. H. Schafer. .1. Z., XXXIV, p. 167; la for-
pcndaat la vie et reposera après la mort. Dans ce rectangle un nom est inscrit : il se compose d’un élément permanent, le
SI une
« Horus » ,011 Ilorus- Rà, debout sur le serekh ‘ ;
mule est aussi appliquée à Plolémée II, V’thomsteh’, .1. Z., XXXII, p. 76).
Le double royal vit dans la tebit » ^ ^ ^
(formule qui accompagne le plus souvent la représentation du double royal portant son nom gravé sur sa tète, par exemple dans Ed. Naville, ücir el-B'ihari, III, pl. LXXXV).
La signification du cadre où est inscrit le nom de double a été longtemps méconnue. On y voyait une bannière rectangulaire, avec frange au bas, d’où l’épithète « nom de bannière, donnée fort longtemps au « nom de double ». Petrie [Tanis, I, p. 5 et ASeasonin Egijpt, p. 21-22) et Maspero [Revue critique, 1888, II, p. 118) ont démontré qu’il s’agissait du plan d’un édifice, et plus particulièrement d’un tombeau. Je proposerai d’y voir le plan d’un édifice en général, temple aussi bien que tombeau, où le double du roi reçoit pendant la vie et après la mort le culte divin et
le culte funéraire ; à Louxor (Gayet, pl. XVI, fig. 50) le srekh
sert
de façade au naos du dieu Min ; à Aby dos, le roi Sétil'ra un siège en forme de srekh (I, pl. 33 a) ce qui symbolise sa prise de possession du sanctuaire. L’édifice est donc un temple aussi bien qu’un tombeau. On a dit à tort que lorsqu’un roi mourait « on établissait l’épervier Horus sur le srekh, c’est-à-dire le tombeau » (Mariette, Mon. div. pl. 9, 1. 2-3, stèle de l’in-
tronisation; Chabas, Choix de textes, p.
T n fl ¥VA n <=> ^
A.WAAA O
64 traduit aussi
M lorsque l’épervier divin fut
établi sur sa châsse (c’est-à-dire quand le roi fut enlcrré).E,n réalité, la formule veut dire « lorsque le roi fut intronisé»; ce sens apparaît nettement dans un récit du couronnement de Thoutmès III (Brugsch, Thésaurus, p. 1283, 1. 12) : « Horus lui-même a gravé mon nom royal (nekheb), il a
établi l’épervier sur le srekh (P
), il m’a rendu fort comme un taureau puissant, il m’a fait lever dans
Thèbes » (expressions qui développent les épithètes du nom royal). Voir aussi les textes ptolémaïques cités par De Rochcmonteix. Œuvres, I, p. 252 et 290.
1. L’épervier est figuré tantôt dessus, tantôt dedans le srekh;
une variante archaïque existe dans le nom de double du roi Khâsakhemouï
TITKES KELIGIEUX DU PHAKAON
a 1 intérieur du cadre une épillièlc variable exprime une des qualités de 1 Horus désirées par le roi. Ce nom de double est eu usage dès les temps les plus reculés : celui que l’on attribue
à Mènes Horàhâ signifie « Horus combatlant »’ ;
Ramsès II avait choisi l’épithète « Horus, taureau vigoureux aimé de Mâït ^ ^ ^ ^ 1 Ptolémée H Philadclphe
« Horus, l’adolescent vaillant » ^ ^ ^ ^ ^ ; l’eni-
>' «vvw. (2 J s a
pereur Titus « Horus, le bel adolescent, palme d’amour » O î K
^ ^ . Cesmots caractérisent un «dou-
ble >1 en pleine vie active : souventrépervier qui figureaudébut
est introduit par le mot ^ ânkh : « Il vit ITIorus" ». En résumé, le titre signifie que le « double » du roi, est Horus incarné et vivant.
Le nomd’ « Horus d’or » se distingue du nom de double en ce que l’épervier Horus y est représenté debout sur le signe
de l’or Hor noub. Ce titre est postérieur à celui de l’Ho-
rus simple qui forme le nom de double; il apparaît au début de la IV= dynastie sous Snofrouï, et son introduction dans le protocole royal s’explique par le besoin de préciser un des caractères distinctifs du Pharaou, que ne définissait pas le premier nom d'Horus. Sur la foi d’une inscription bilingue datée de Ptolémée V Épiplianc, Brugsch avait traduit Hor
(n« ou III® dynastie) où est remplacé par les deux Horus
ou par Hor-Sit affrontés. (Voir pl. I.)
1. De Morgan, Recherches, H, p. 167. Les autres exemples, d’après Lepsius, Kônigsbuch.
2. Voir à ce sujet, F. von Bissing, Diestatistische Tafel vonKarnak, p. 1,
qui cite la formule analogue « Il vit le roi du Sud et du
Nord (L. D., III, 59 a).
7io2ib par « Horus superior inimicis' », Iloruss^«’ son ennemi Sit {jioiib (levant être lu Noiibti, 1’ « habitant d’Ombos » Sit- Typhon). Sans conteste)’ l'interprétation qu’on donnait de ce litre là l’époque ptolémaïque, je crois qu’à l’époque pharaonique Hor noxib sii-niliait « Ilorus d’or » et non point « Horus vainqueur de Sit L’oi'ii^ine de ce sens nous est donnée par la l'orme première que nous connaissions d'un « nom doré )>^ royal : c’est celui du roi Zosiri, de la III® dynastie; il est
écrit noiib « R à d’or », formule remplacée ensuite
1. Le texte grec donne (PatnXsOovTo;) àvnirotXüJv -jitspTgpou.
2. J’ai soutenu cette interprétation nouvelle dujtitre dans un article du Recueil de travaux (XXIII, p. 23-32 : Le titre Ilorus d’or dans le protocole pharaonique) auquel je renvoie pour le détail de la démonstration.
3. Inscription de la chambre funéraire de la pyramide à degrés de Saqqarah (L. D., 11,2 f., elAuswahl, pl. VIII). L’équivalence de avec
avait été déjà suggérée par K. Sethc (A. Z., XXXV, p. 4, n. 2). J’ajoute
cette observation que l’inscription de Séhel (Ilrugsch, Siebenjührige Ilungersnoth), rédigée à l’époque ptolémaïque soi-disant au nom du roi
Zosiri, remplace par
ce qui prouve l'identité des deux titres; à la basse époque, on écrit aussi “ Hor-Râ d’or » (Marucchi, GU
obelischi egiziani di Itoma, p. 126 ; obélisque de Domitien) ; la forme
de l’époque gréco-romaine (Siè/e dePithom, A. Z., XXXII, p. 79) est aussi un rappel du titre archa'ique. A l’époque classique, on trouve la forme
(avec le déterminatif du métal) dans un texte officiel de Tbout-
mès 1" (Ad. Erman, .1. Z., XXIX, p. 117).
La formule « nom doré » est égyptienne, et paraît sur la « Pierre de
Palerme >> (attribuée à la VI« dynastie) sous la forme 1 « le
T aaa^aa
nom royal doré ». Cf. Recueil, XXIII, p. 126. Enfin, de meme que devant le
les (leux
« nom de double » on peut trouver
ou
Ilorus, Ilorus-Sit » de même devant le nom d’IIorus d’or, on trouve sous
TITRES RELIGIEUX DU PHARAON
par celle d’ « Horus d’or ». Le dieu d’or est donc comparé au soleil : en efîet, l’or u liquide de Râ » sert à modeler un corps incorruptible pour les dieux, les rois fils des dieux, et les morts divinisés’.
On appelle Pharaon « Ilorus d’or » pour attester son origine divine, pour lui décerner le privilège d’indestructibilité, d’incorruptibilité dontles dieux se prévalaient par nature, et que les hommes pouvaient acquérir par les rites du culte funéraire. A mon sens, tandis que le « nom de double » attribue
à Pàme-double du roi la vio d’Ilorus, le « nom doré » ^
spécifie que le Pharaon en tant que fils des dieux, et surtout de Râ, est déjà incorruptible de corps comme un dieu.
Avec le groupe permanent
^ , le titre « Horus d’or » com-
r’ïTnriM
prenait une épithète variable, plus ou moins développée, personnelle à chaque Pharaon. Ramsès II se qualifiait « llo-
rus d'or, riche d’années, grand de forces » "j f f f
’ Plolcmée III Evorgète s’intitule plus longuement
« Horus d’or, grand de vaillance, celui qui célèbre les rites, le maître des panégyries comme Phtah Totounen, le prince
<3 2 ^111 yël 1 ^ A Jl !
comme Râ »
'îî'l^
Domiticn use de la formule « L'Horus-Râ d’or que son père
a fait lever (sur le trône) »(^^ Q
Ainsi le nom d’Horus, sous deux formes, signale l’origine divine du Pharaon, en attribuant à son corps comme à son âme la personnalité d’Horus.
l’ancien empire
et
l’Horus double et triple (Recueil,
XXIII, p. 26).