Marucchi, GU obelischi egiziani di Roma, p
2» La filiation solaire du Pharaon s’exprime encore par ce qu’on a appelé les « solaires » : le roi n’est plus identifié à un dieu, intermédiaire entre lui el le soleil Râ; il est qualifié directementcc filsdn soleil». Les noms d’Ilorus mettent le Pharaon en communication médiate avec Râ; les noms solaires les mettent en communication immédiate. Comme les précédents, ces noms comprennent des éléments invariables et des éléments variables.
L’élément invariable c’est d’abord les mots
sa Râ
« fils du Soleil Râ » dont l’usage apparaît de fort bonne heure, sons la V‘ dynastie. L’expression est assez claire par elle-même; on la trouve cependant développée, commentée ainsi : « fils
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du soleil, de son ventre, aimé de lui » i
[sa Râ n khât-f mer-fY .\]n autre élément invariable est le signe symbolique que nous dénommons « cartouche » assez impro-
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prement puisque les Egyptiens l’appelaient « cercle » ^
cza shenen-, A l’origine c’était un cercle arrondi sur une base plate Q, dont la forme rappelait celle d'un anneau à sceller ; puis on a préféré l’ellipse czx au cercle’; l’une et l’autre figure étaient pour les Égyptiens un schéma de lacourse circulaire
1. Stèle d'Amada {Aménophls II), 1. 1 (Reinisch, Chrestomathie, pl. 7).
Cf. Décret de Phtah-Totunen, 1. 2. — Surladate de l’usage du titre
cf. Petrie, History, I, p. 69.
2. H. Schâfer, ap. .ii. Z., XXXIV, p. 167, a montré, d’après un passage
du Pap. de Berlin, n. 3049 que le Pharaon était appelé
' ^ Q « chef du 5ere47t et du sâennou » c’est-à-dire du cadre
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du nom de double et du cartouche du nom solaire. — Il faut ajouter à cet e.\emple ceux cités ici p. 28.
3. La forme circulaire Q apparaît répétée deux fois comme cadre des noms royaux de Zosiri (IIP dynastie); Sethe (.4. Z., XXXV, p. 4, n. 2) y a bien vu la forme arrondie originelle du cartouche (opinion contestée par Wiedemann P. S. B. A., XX, p. H2); la forme elliptique appa-
TITRES RELIGIEUX DU PHARAON
ou elliptique du soleil, « un plan du monde, l’image des régions que Râ entoure de sa course et sur lesquelles Pharaon exerce son empire en tant que fils de Râ' ». Le cartouche évoquait aux yeux le contour du domaine où vivait le Pharaon identifié au soleil, c’est-à-dire l’orhe solaire; de même qu’on inscrivait le « nom de double » dans la demeure du double, on inscrivit dans le cartouche le nom du Pharaon en tant qu’habitant du circuit solaire; ce nom était l’élément variable du titre. L’usage fut au début d’avoir un seul nom et un seul cartouche, puis on adopta deux noms; il y eut alors deux cartouches qui furent séparés par le groupe L’idée qui amena
le dédoublement du nom et du cartouche apparaîtra plus clairement dans l’analyse du troisième groupe des titres royaux.
Les noms inscrits dans les cartouches pouvaient varier avec chaque Pharaon. L’un des deux, le premier en usage avant l’adoption du cartouche double, qualifiait dès sa naissance l’enfant royal. Le sens qu’il offrait variait suivant la mode ou le temps, mais, à l’époque classique, il est « théophore » c’est-à-dire qu’il exprime un vœu lié au nom d’une divinité ; Amenemhâit « Amon est en avant (de moi); Amenophis « Amon repose (en moi) »; Ramsès « Râ l’a enfanté ». Ces noms étaient pareils à ceux des autres hommes, ils ne révélaient pas la race divine du roi. C’est que les princes royaux ne devenaient pas tous des pharaons. S’ils n’arrivaient pas au
rail de suite après avec Snofroui et Gliéops; Petrie, Hislonj, I, p. 31 (L. D., II, 1, c) à Hiéraconpolis, le roi archaïque Besh Kâhsakhem inscrit son premier nom dans le cartouche arrondi Q (Quibell, pl. XXXVI).
t. Maspero, Histoire, I, p. 260. — L’idée que le Pharaon règne dans les limites que circonscrit le disque solaire avait été exposée avec beaucoup de clarté par Grébaut dans l’Hymne à Amon-Bâ surtout p. 215-216, Les deux yeux du disque solaire [Recueil de trav., I, p. 73), et les Mélanges d’archéologie égyptienne et assyrienne, p. 249. Voir les textes cités à propos
du titre où le mot circuit du soleil est le même que celui qui dé-
signe le cartouche royal.
trône, ils gardaient leur nom tel quel ; s'ils ceignaient la couronne, leur Doin ne devenait royal que par son inscription dans le cartouche solaire. Aussi le nom reçu à la naissance semblat-il insuffisant à caractériser le Pharaon; pour cette raison, et d’antres qui seront exposées plus loin, on donna au roi, au moment où il prenait le pouvoir royal, un second nom inscrit dans nn second cartouche.
Comme le premier, ce second nom est théophore, mais le choix du dieu ne change pas suivant la mode de l’époque à travers toute l’iiistoire d’Egypte, presque sans exception, le dieu Râ occupe la place divine. Ainsi Pépi I se dit « aimé
de Râ » O 4 U U ; Ousirtasen I s’intitule « le double de Râ
se manifeste » O ^ LJ ; Ramsès II est « celui qui est riche de la vérité de Râ, élu de Râ » O J ^ ; Ptolémée II
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« puissant double de Râ, aimé d’Amon » ^ p pj \ ^'
Ce nom devint le « nom royal » par excellence; il rapprochait le roi de son père Râ, par une affirmation constante de filiale piété. Dans l'ordre du protocole, la première place lui fut donnée : c’est pourquoi on l’a appelé, improprement d'ailleurs, le « prénom », pour le distinguer du « nom » reçu à la naissance et inscrit dans le second cartouche.
On voit par ce bref exposé quelles intentions dictent le choix des « noms solaires » inscrits dans les cartouches et réunis par l’épithète « fils du soleil ». Tandis que les noms
1. I.a seule mode dont le nom donné à l’avènement subisse l’influence est dans le choi.v des épitliètes accolées au nom deRà. Ainsi que .\I. Maspero le faisait observer à ses cours du Collège de France, dans chaque famille royale ou dynastie, il y a une règle de formation du prénom. Ainsi pour la XIF dynastie ; Ousirtasen I : « Le double de Râ se manifeste »; Amenemhàït II : « Les doubles de Rà sont d’or » ; Ousirtasen II : « Le lever de Râ se manifeste » ; Ousirtasen III : « Les doubles de Rà se lèvent », etc. ; on sent une harmonie visible et voulue dans la série de ces choix.
TITUES RELIGIEUX DU PHAUAÜN
(l'Horus (lésignaionl lUuis le Pharaon un diini successeur du dieu Râ, les noms solaires montrent en lui « le dieu Râ
incarné » | expres-
sion d’un icxlc égyptien.
3® Les « noms solaires » el les « noms d’Horus » du Pharaon sont encadrés de titres invariables, qui font partie intégrante du protocole et achèvent d’en préciser le sens.
L(i premier de ces titres souton bàït* désigna d abord
le « roi de la Haute et liasse Égypte ; puis, (juand la tradition théologique s'imposa, le « roi du Sud et roi du
1. Stèle de Kouban, 1. 18. Cf. Grébaut, Hymne à Amon-Ra, p. 187.