Cf. Rituel du culte divin, conclusion
218 DU CARACTÈRE RELIGrEÜX DE LA ROYAUTÉ PHARAONIQUE
les autres rites divins. « On te lance l’eau avec l’Œil d’Horiis rouge dit-on au roi ; on te présente ta tête, on te présente tes os par devant Seb. Seb te fait otfrande, il te donne ta tête, et Thot la lave de ce qui ne doit plus t’appartenir*. » Après les ablutions le Pharaon est purifié de ses souillures et remis en possession d’un corps réanimé*. A vrai dire, l’eau qui produit ces miracles est elle-même divine : les signes de « vie,
y ruissellent, et on l’a puisée, avec
des vases d’or, dans le bassin sacré du temple*.
G. Après la purification, le couronnement. On introduit le roi dans un naos; les deux dieux Ilorus et vSit (Tbot)^, ou les deux déesses du Sud et du Nord, Nekhabit et Ouazit « lui éta-
1. C’est-à-dire : «on te lance l’eau des vases dosheritou » (rouges); ablution ordinaire des dieux et des morts {Rituel du culte divin, p. 172); les 4 vases dosheritou (et les 4 vases nemsitou) figurent au texte de Dümichen, pl. LXXXIV, 1. 12, et dans la figure de la pl. LXXXIII.
2. Dümichen, pl. LXXXIV, 1. 11. Surces formules, communes au culte des dieux et des morts, voir Rituel du culte divin, p. 73 et p. 36, 57. — A Abydos, VAmnoutef adresse cette phrase au roi, au moment du repas (I, pl. XXXIII).
3. Au tableau de Séli I®‘' à Karnak (cf. note pl. II) Thot dit au roi : « Je l’ai purifié avec la vie et la force pour que lu rajeunisses comme ton père Râ ».
4. Expression du texte d’Edfou (pl. LX.XXIV, 1. 12) : « les 8 vases d’or travaillés (?) dans Sennou ». A Dendérab, l’eau divine qui purifie le roi est prise « au bassin de Toum (111, pl. LXXVIII f). Les tableaux des temples nous montrent parfois le roi remplissant d’eau les bassins pour s’y laver (Cayet, Lou:cor, pl. VIII), ou se lavant les mains dans le Pa douait (Karnak, L. D., IV, 2, c’est notre figure 58). Au temple élevé par le roi Ousiniri (V« dyn.) à Abousir, il y avait dans la cour neuf ou dix vasques d’albâtre qui servaient aux purifications du roi (H. Schafer, Bericht über die Ausgrabungen bei Abusir, .ï. Z., XXXVTI, p. 7, fig. 3. — Cf. Rituel du culte divin, p. 8, 23, 79). Pour d’autres exemples de purification du roi dans les temples, voirLepsius, Denkm., III, 65 d, Aménophis II; III, 238, Ramsès l.X; IV, 71, Auguste à Philæ; IV, 85 a, Trajanà Philæ.
5. A Karnak (L.Z).,IV,2) Philippe Arrhidée est couronné par Hor et Thot; à Dendérah, Plolémée X, à Edfou PtoléméeX sont couronnés par Nekhabit et Ouazit (fig. 59).
LE ROI DIVINISÉ COMME PRÊTRE
blissent la couronne
blanche
et la couronne rouge
sur la tète. » Désormais Pharaon possède les pouvoirs royaux
A Abydos, Thot remet au roi les sceptres
et les sceptres-
uræus des déesses Nekhabit et Ouazit qui symbolisent la double couronne (fig. 55).