Stèle de Piankhi
3. Les formules ont le plus souvent une des rédactions suivantes : « Le
roi N. s’est levé sur le siège d’Horus des vivants »
A«VWV\
AA^Vt^
de tous les doubles vivants comme
! ; ou bien : « Le roi N. est à la tête
le soleil à jamais »
vWVV>
AA/WSA
Mil
). Voir par exemple Louxor, pl. 15,
17, 34, 37, 53, 68, 71, et Abydos, I, pl. 17 6, 40 b (notre fig. 40, p. 160). 4, Rituel du culte divin, ch. v, p. 21.
232 DU CAUACTÈKE HELlülEUX DE LA ROYAUTÉ PHARAONIQUE
sorte un certificat de passage au pa douait. Le roi ne pouvait donc officier que s'il avait été divinisé et couronné à nouveau. De ces faits nous pouvons tirer une double conclusion ; d’une part l’intronisation implique la divinisation et réciproquement; d’autre part, le Pharaon ne devient un roi-dieu que parce qu’il est chargé de célébrer le culte divin.
Ce qui prouve aussi que les rites du pa douait s’appliquent au roi en tant que prêtre et non en tant qu’homme membre d’une famille privilégiée, c’est que si le roi n’officiait pas luimême, l’adoration était rendue à la personne du grand prêtre de service qui assumait le rôle du roi dans chaque sanctuaire. Le service divin se célébrait plusieurs fois par jour dans tous les temples de l’Egypte : le roi n’était pas présent partout, et sans doute, là où il était, il n’officiait pas tous les jours. 11 n’en fallait pas moins que le suppléant du roi passât par la « chambre d’adoration » avant de célébrer le culte : l’adoration ne s’adressait donc pas à la personne de l’officiant, mais au sacerdoce dont il était investi*.
C’est une idée commune à toutes les religions que l’officiant pour entrer en communication avec les dieux, doit « passer du monde des hommes dans le monde des dieux ^ ». Le Pharaon, ou son substitut, prenaient en effet pour le service sacré, le nom et la personnalité d’un des dieux osiriens, llorus, Thot ou Anubis : désormais entré dans la famille divine, il avait qualité pour célébrer le culte de ses ancêtres divins. Le passage au pa douait confirmait cette divinité.
Notons enfin que la divinité du roi doit être renouvelée avant chaque service divin. Cette précaution s’explique si l’on songe que le roi, assimilé à un dieu solaire osirien, doit mourir comme lui chaque soir en tant que dieu. Chaque matin il faut donc rendre au roi-dieu son corps reconstitué