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The festival Hall, pl. XXIII

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LES GRANDES FÊTES DU CULTE ROYAL

252 DU CARACTftRE RELIGIEUX DE LA ROYAUTÉ PUARAONIOUE

prenait avec les dieux le repas offert et servi par le roi luimême*. Suivant l’usage on répétait une seconde fois les rites du culte et du repas devant le roi assis dans un second naos. Cela fait, il semble qu’on laissait un assez long temps la personne du roi exposée aux yeux. G’élaitle point culminant de la fête; le roi intronisé, couronné, embrassé, divinisé par

Fig. 84. — Thoutmès III adoré dans le naos des fêtes sed (L. D., 111, 36 a).

les dieux, était alors dans tout l’éclat de sa puissance royale et divine. Aussi dans l’écriture biéroglyphique et dans les tableaux des temples avait-on choisi, pour exprimer le moment oii le roi reçoit l’effet total de lafête ierf, la représentation d’une double image royale assise dans un pavillon au double trône (fig. 00).

D. Il serait intéressant de savoir ce que représente réellement cette figure. Est-ce la personne vivante du roi, dont par une convention graphique, on aurait montré simultanément les deux adorations, en réalité successives? Sont-

1. A I.oiixor (fig. 80) on voit Aménophis III offrir le repas à sa propre staliie et à une (li\inilé parètirc, Hâthor.

LES GRANDES FÊTES Dü CULTE ROYAL

ce des statues royales qu’on installait dans le pavillon à la fin de la fête? Il est difficile de se prononcer. Peut-être célébrait-on l’iinc et l’autre cérémonie : le roi pouvait s’installer un inslanl dans les naos pour recevoir le culte (fig. 84) et cédait ensuite la place aux statues qui le représentaient dans la même pose. En tout cas, l’on peut être assuré que le culte royal dans la fête sed nécessitait, comme le culte royal dans le fa douait la consécration de statues du roi. Ce sont peutêtre ces statues auxquelles on donnait (pour des raisons qui seront exposées plus loin) le nom de « statues de millions d’années ». Plusieurs de ces statues nous sont parvenues : elles représentent le roi en costume osirien, coilfé de la couronne blanche, vêtu du manteau traditionnel, tenant en main le croc, le fléau et les sceptres, tel en un mot que les tableaux des temples nous montrent le roi assis dans le double pavillon. C’est sous cet aspect que nous apparaît le roi Khàsekhem, qui avait intronisé, deux statues de luimême dans le temple archaïque d’Hiéraconpolis, et leurs successeurs lointains, Ousirtasen III et Ramsès II, dont nous avons aussi des colosses osiriens, se sont fait représenter sous les mêmes traits*.

Apres le repas, les statues divines étaient sorties des pavillons de la salle à manger; on les réintégrait dans les barques et le cortège solennel reprenait le chemin des sanctuaires particuliers*, au milieu des chants, des acclamations, des

1. Les statues de Khàsekhem ont été publiées par Quibell {Hierakonpolis, I, pl. 39-41). Cf. à ce sujet, Maspero, Revue critique, 1901, I, p. 382. — Pour la statue d’Ousirtasen III et de Ramsès II, celle-ci assise sur le trône portatifen forme de voir Abydos, II, 21 et L. !>., III, 142. — Sur les rochers de l’Ouady Maçharah, on a figuré Pépi P' sur le double trône (L. I)., II, 115 a); au temple de Lou.\or, Arnénophis III (fig. (39), Séti I à Goiirnah (L. D., III, 132) et, à Rubastis, Osorkon II (pl. XXVII, I, sont dans la même attitude. 11 n’est pas douteux que la double statue royale intronisée ne fût l’élément central de la décoration des fêtes.

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