Revue critique, 15 mai 1893, p
4. Ouady Mayharah (L. D., II, 116) mention de la première fois de la fête sed de Pépi I, et de la mission envoyée aux carrières à cette occasion; Ouady Hammamdt (L. D.,1I, 115) mêmes mentions, avec figuration
2G2 DU cauacti';re reltiîieüx de la royauté pharaonique
parties do temples ou temples entiers, sont datés de telle ou telle fête sed soit « la première fois», soit les fois suivantes'. Dans la plupart des tableaux relatifs à cos panégyries on a soin de figurer le dieu principal et les dieux parèdres au mo-
ment où ils viennent « voir les beautés du monument^ » élevé par le roi , le roi énumère scrupuleusement les fondations en terre on en revenus qui subviendront aux frais du temple ^
du naos de la fête aed, pour le même roi (fig. 87,88). Carrières d'Assomn, représentation du sam-taoiii et de la royale montée au temple pour le même roi sans doute à la même occasion (voirp. 106, fig. 22). Le.® rochers de l'île de Séhel, où passaient les chalands chargés de pierres rares, ont gardé des inscriptions relatives aux fêtes sed (Rrugsch, Thésaurus, |).1127 sqq.). L’expédition dite de l’encens ou Pouanit sous llatshopsitoii a lieu pour les préparatifs d'une fêle sed (l)eir el Bahari, III, pl. LXXXII,
1. Jc me conterai de citer rohélisque d'Ousirtasen I à IIéliopolis(L. /).,
II, 1 18), de Thoutmès I à Karnak (L. D., III. 6), d'Hâtshopsilou à Karnak (L. /)., III, 22), de Thoulmcs III à Constantinople (L. 1)., III, 60), etc. — l‘our les temples, les exemples sont innombrables.
2. Par exemple, Afeydos, I, pl. 34 a. réponse du Cycle des dieux à l’Anmoutef.
3. Ahydos, I, pl.28 b. Ed. N'aville, The festival Hall, pl. VI. Voici la traduction, donnée par M. Maspero, de l’inscription qu’on trouvera repro-
LES GRANDES FÊTES DU CULTE ROYAL
Fort souvent les scènes ritualistiques de fondation d'un édifice, soit les pieux plantés par le roi*, l’érection des obélisques, la course des vases, ou l’iuauguration par le feu^ accoinpai^nenl les tableaux des fêtes f.o.d. Les dédicaces des temples par le roi attostent que le Pbaraou les a construits pour y recevoir des dieux le don de nombreuses fêtes sed : « Le roi a fait ce temple en monument de lui-même à ses pères les dieux..., pour qu’ils lui donnent des fêtes sed très nombreuses sur le siège de rilorus des vivants ».
Telle est la formule mille fois répétée : en échange de tel monument les dieux
Fig. 87. — Pépi I daas le naos des fêtes donnent au roi le renou- sed aux carrières du Ouady Hammamât
,, . , , • r)., II, 115).
vellement de la vie par
la fête sed. .l’en conclus qu’on appelle sed la célébration
diiite par notre figure 82, p. 250 : « L’an 22, le mois de Shâït, se lever dans le temple d’Amon qui est dans la salle des fêtes sed, se poser sur le trône portatif, prendre la protection des deux pays par le roi, instituer des musiciennes du temple d’Amon et instituer toutes les femmes de sa ville qui lui sont servantes depuis le temps des ancêtres et qui lui sont servantes en tout temple, payant tribut (au dieu) par leur travail annuellement; car Sa Majesté cherche les occasions les plus grandes d’enrichir son père Amon-Rtî, parce qu’il prépare la première fête sed de son fils, et le joignant à son trône, il lui prépare de grandes multitudes (de fêtes) dans Tlièhes, maîtresse des barbares, disant : « Le voilà (le roi) en face de son père Amon, et Thèhes a été établie en sa hauteur et en sa largeur, purifiée et remise à son maître, et les inspecteurs de la maison royale ne lui ont pas retranché de terre, et ses gens ont été établis par les âges au grand nom du dieu bon (Revue critique, 15 mai 1893, p. 387).
1. Temple d’Abousir, V« dynastie (.4. Z., XXXVIII, pl. V); Ouady .Uagharah), Pépi I (L. 1)., II, 116); Louxor, temple d’Aménophis III (Gayet, pl. LXXII-LXXIII).
2. Temple de Solcb inauguré lors de la fête sed par Aménophis III (L. D., III, 83-84; cf. p. 139, fig. 32-33).
26 t DU CARACTÈRE RELTGTEUX DE LA ROYAUTÉ PHARAONIQUE
solennelle des rites osiriens pour le compte dn roi et des dieux, à l’occasion de l’inauguration d'un édilice nouveau affecté au culte du roi et des dieux *.
Si la célébration d’une première fête scd par le roi est liée à l'inauguration d'un temple ou d’une partie de temple, on ne s’étonnera plus de constater des variations de dates pour la céléliration de ces panégyries : la fête sod tardait plus on moins selon que l’édifice était plus on moins vile achevé. Nous avons vu que dès son intronisation le roi devait le ser-
Fig. 88. — Course de fondation et sacrifice humain par Pépi I à l’occasion de sa première fête sed {L. /)., Il, 116).
vice dn culte divin à ses pères les dieux : pendant les premières années dn règne, le Pharaon utilisait les temples déjà existants, mais il ne lui était pas indifférent d’officier dans un édifice construit par Ini-méme. Quand le roi entrait dans un temple hàti par ses prédécesseurs, il ne reconnaissait pas dans les tableaux ritualistiqnes, sa propre image, mais les portails de ses ancêtres; ce n’était pas son nom qui était inscrit dans les cartouches; à d’autres (]u’à lui les laveurs des (lieux étaient promises par les textes (jiii encadrent chaque scène du culte. Sans doute le roi pouvait, an mépris des anathèmes, marteler les noms de ses jières et faire graver aux