‹ Du caractère religieux de la royauté PharaoniqueChapitre 165 sur 211 · Par ex. L. D., 111,224 d (Hamsès III). A d · texte numérisé non relu

Par ex. L. D., 111,224 d (Hamsès III). A d

LES GRANDES FÊTES DU CULTE ROYAL

mûmos places ses propres cartouches : le procédé a été fréquent à toutes les époques; mais ce n’était là qu’un pis aller. Dès son intronisation, chaque Pharaon faisait commencer les travaux pour un ou plusieurs temples édifiés en son nom. Suivant les dimensions de l’édifice, les ressources du trésor, les incidents de la politique intérieure ou extérieure, la construction du temple était plus ou moins rapide. L’édifice une

Fia. 8'J. — Séti l sortaut de son temple de millions d’années {Abijdos, I, pl.

fois terminé, l’an 2, 15, 18, 23, 30 ou 31 de son règne, le roi l’inaugurait en grande pompe devant des délégués de tous les temples et y prenait le bandeau avant de célébrer le culle divin auquel ses propres statues étaient associées.

Le temple que le Pharaon faisait construire à son nom comprenait une salle, parfois une portion plus grande de l’édifice, qui paraît être ce que le roi appelle « son édifice qui

206 nu CARACTÈRE RELIOIETIX DE LA ROYAUTÉ PHARAONIQUE

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salle ou ces salles à Deir el I>ahari, Loiixor, Ahydos, Médinet linhou, en un mot dans les lemples généralement silués sur la rive occidentale du Nil, qu’on désigne d'iiabitiidc sons le nom de « temples funéraires » parce que le roi y reçoit le cul le osirion. C’est là qu’on a retrouvé les scènes de la nativité, de l’intronisation et du culte royal soit au pa douait soit dans les salles de la fête sed. A Médinet Ilabou la partie réservée au roi forme un édifice séparé. On y trouve, le long d’une paroi, une baie ouvrant sur une cour et percée à une certaine hauteur; un escalier inlérieur y donnait accès; vue de l’intérieur la baie avait l’aspect d'une grande fenêtre ou d’un balcon. Le nom de cette baie était

| i seshed. c’est-à-dire le nom même du bandeau

royal que le roi ceignait dans ses « levers®; » j’estime que l’identité de ces termes n'est pas fortuite et que l’on a donné le nom du n bandeau » à l’endroit où le roi le prenait solen-

1. Voir les textes cités plus haut, p. 40, n. 1. Des représentations schématiques de ce Mît du roi sont données à Louxor et à Abydos (voir nos figures 68 et 89). Je pense que c’est à ce Mît que se lapporle le titre fréquent des Pharaons « llorus maître du palais {hd) » (et. p. 206, n. 2) ou « Horus qui est dans le palais >> {Hor àmi hâïl). Cf. p. 19, n. 1 et 2.

2. La plupart des te.vtes relatifs au mot ses/t«d déterminé par

la

bandelette et la maison, ont été réunis par Rrugsch, Wôrtb., p. 1318 et Suppl., p. 1135. Le mot désigne des ouvertures, bai. s ou fenélres. percées dans la façade d’un palais [Conte du prince prédestiné, pl. II, 1. 4); le mot désigne aussi la porte d’entrée des naos, à laquelle on accède par un

escalier [Stèle de Pianhlii, verso, 1. 28); dans la baie seshed il

y a assez de place pour que le roi «y fasse son lever à son intérieur », aussi

l’appelait-on « baie du lever »

(Rrugsch, Suppl.,

p. Itl6)-, et le roi y fait son lever avant de monter au sanctuaire du dieu principal.il est donc certain que « baie » seshed et « pavillon seshed » désignent l’édicule avec escalier où le roi est intronisé lors de la fête sed. Ce pavillon, vu de la cour en contrebas, devait avoir l’aspect d’une

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nclIcmcaL Sur cotte haie, hion en vue, on devait dresser le pavillon dos (êtes aed. Le grand papyrus Harris nous dit que colle parlic du loniple osl « un édilice pour le roi avec une grande hina seshcd pour le lever du roi, toute (revêtue) d’or tin' ». Il n est pas douteux pour moi que le temple n’ait été inauguré lors de la fête sed de l’an 30 de Hamsès III, car le papyrus, naturellement postérieur, qui recense les fondations faites à ce moment a été rédigé peu après, l’an 32 du règne.

Or le temple de Médinet Ilahou, comme ceux de Doir el-

Ilaliari, Louxor, Soleh, Abydos, (lournah, comme le Ramesscum et d autres encore, sont dits « temples de millions

«l'anmVs » (Q ^ t'i Li) { f [ ,^

que le roi y consacre à lui-même sont aussi dos « statues de millions d années. » La fête sed ayant précisément pour effet d assurer au roi un renouvellement de vie pour des millions d années, j’en conclus que les temples improprement dits « funéraires » où le roi est adoré, sont précisément ceux que le roi se faisait construire de son vivant et qu’il inaugurait lors des fêtes sed\

fenêtre ornée : d’où le sens « fenêtre, l)alcon » que le mot seshed a pu prendre.

1. Grand Papyrus Harris, pl. IV, 1. 11 sqq. Cf. Feuillet, Recueil, XVIII, p. 175; l’auteur se trompe sur l’emplacement à proposer pour l’édifice. M. Daressy a retrouvé dans les ruines de Médinet llabou l’emplacement probable de l’édifice consacré au roi : « Cet édifice comprenait trois travées. .. chacune était percée d'une ouverture à son extrémité : sur les bas-côtés, c’étaient des portes ouvrant sur la grande cour; au milieu, la baie était élevée de près de deux mètres au-dessus du sol, du côté de l’édifice on y accédait au moyen d’un escalier en partie conservé, mais dans la cour cette ouverture avait l’aspect d'une loggia; c'est le balcon seshed dont parle le Papyrus. » {Recueil, XX, p. 81.)

2. Voir par exemple, Abydos 1, pl. 28 c (notre fig. 89) et Louxor, pl. LXXII, notre fig. tt8). Pour la « statue de millions d’années » cf. Maspero, Comptes rendus Acad, des Inscriptions, 1900, p. 113.

3. .M. Naville vient d’émettre tout dernièrement (/îccMeù, XXIV, p. 112) l’idée que les édifices arclia'iques des roisd’Abydos étaient non point

Ainsi (les témoignages précis appuient cette idée que la fête sed coïncidait avec l’inauguration d’un édifice an nom du roi qui y célébrait les rites du pavillon. Tout dernièrement on a signalé sur une statuette funéraire le titre d’un personnage qui se dit « chef des travaux (exécutés) dans la salle des fêles sed (qui se trouve) dans l’édifice de la maison

du roi ». {

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Par « maison du roi » il faut entendre ici, à mon sens, la partie du temple réservée au roi, et qui formait soit un petit temple dans le grand, soit une annexe indépendante.

Cet édifice réservé au culte royal, on Pinaugurait, comme nous l’avons vu, à des dates variables; mais il semble assuré que sous la XVIIP et la XIX' dynastie, on s’effortuiit de faire coïncider l’inauguration avec la date de la trentième année de règne. Il n’en faut pas conclure que la panégyrie était (( trentenaire » ; mais les Egyptiens, très attachés aux jeux de mots mystiques, croyaient de hon augure qu’une fête donnant an roi la vie pour le temps d’une génération (30 ans) tombât sur cette date de la trentième année grâce à laquelle le règne accompli avait déjà la durée d’une génération humaine. Au conte des deux frères, le héros, devenu roi d’Egypte,

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il semble certain qu’un règne de trente ans représentait un

leurs tombeaux, mais des temples où se célébrait le culte de leurs doubles. On aurait là les types primitifs des temple de millions d’années. D’où la présence de tant de fragments relatifs aux fêtes sed dans ces monuments; à cette époque on gravait le souvenir de ces fêtes non sur les murailles du temple, mais sur des palettes de schiste, suspendues en ex vnto dans les chambres, et qui sont arrivées jusqu’à nous. Je me rallie entièrement à l’opinion si bien exprimée par M. Naville.

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