VI. En dehors de la fête quotidienne du pa doxiaït ai des
panégyries espacées des fêles sed, d’autres occasions se présentaient de renouveler le service sacré au profit du roi. On remarquera que ce culte renouvelle toujours les rites du couronnement, et que les jours de fête sont des anniversaires de la naissance du roi ou de son intronisation. Ces fêtes sont inscrites aux calendriers des temples dès l'époque archaïque ^ et se célèbrent le même jour dans toutes les villes de l’Égypte ;
1. Voir la royale montée de Ramsès I, mort, auprès d’Osiris (L. R., III, 123) et celle d’un simple particulier (fig. 92).
2. A. Pellegrini, Nota sopra un’ iscrizinne egizia del Museo di Palernio , pl. I et II. Voir l’excellent commentaire donné par Naville, Recueil de travaux, XXI, p. 113 sqq.
A. Mon ET.
elles sont restées en usage jusque sous la période romaine*.
D’autre part les calendriers des temples mentionnent le culte du roi comme complément indispensable de la plupart des fêtes divines. On conserve au musée de Palerme un bloc de pierre qui porte gravé un calendrier des fêtes auxquelles participent des rois de la période archaïque jusqu’à la V® dynastie. A propos de telle ou telle fête de tel ou tel dieu , on voit quels sont les rites célébrés par le roi ou au profit du roi. Par exemple à l’occasion de la fête « naissance d’Anubis », on exécute pour le roi le couronnement du Sud et du Nord [soiUon khâ bàit /r/id), la réunion des deux régions {mm taouï) et la procession autour du mur du pavillon de la fête sed » (m’ ha ânhou heb sed) ; ajoutons que le roi « suit les dieux du sam-taouï n[shesnoi(tirou). Tous les rites du couronnement sont répétés au complet, y compris la « royale montée au temple )>{soido}i bes) tels que nous les énumère l’inscription de Deir-el-Bahari. Parfois on se contente du couronnement du roi du Sud, ou du couronnement du roi du Nord, par exemple pour « tendre le cordeau de fondation d'un temple » pour procéder à « la course du taureau Apis », ou pour « suivre » la barque d’un dieu.
A l’époque classique ces traditions subsistent. Prenons comme exemple la fête célébrée le premier jour de l’an,
1. La pierre de Palerme mentionne la fête de la naissance du roi des dynasties archaïques Khasekhemouï (Ed. Naville, loc. cit., p. 117) les fêtes de soutun khd, hait khâ, rer ha ànbou, et les panégyries sed pour différents rois. Pour l’époque classique, on a de nombreuses mentions des fêtes royales, par exemple au calendrier des temples de Ramsès III à Médinet Habou (Brugsch, Thésaurus, p. 364 ; fêtes de soulon khâ, de neheb ka, inscription du nom royal par Amon sur les feuilles de l’arbre àshed) ; les récits de campagne en Asie mentionnent la célébration des fêtes royales même en pays étranger (Maspero, Le récit de la campagne de Touthmès lll contre Mageddo, ap. Études de mythologie, IV, p. 218, sqq ). A l’époque grecque, les décrets de Canope et de Rosette instituent des fêtes pour Ptolémée lit et Ptolémée V les jours anniversaires de la nais.sance et de l’avènement, au premier jour de l’an, etc. (cf. Beurlier, De divinis honoribus quos acceperunt Alexander et successores ejus).
LES GRANDES FÊTES DU CULTE ROYAL
le jour où « l’on donnait la maison à son maître », c’est-àdire où l'on renouvelait les rites d’inauguration du temple et d’installation du dieu dans sa demeure. A cette occasion le dieu Ilorus, le prototype divin du Pharaon, le dieu héritier, était honoré d’une panégyrie, la fête de Neheb
ka'
que les textes des calendriers appellent
« la fête du couronnement d’IIorus d’Edfou, le fils du soleil aimé des hommes » ( ^ | ^ Or le
calendrier de Ramsès III àMédinet llahou nous apprend (jue
ce même jour de Neheb ka on couronnait à nouveau ( )
le Pharaon*. Les textes d’Edfou nous ont laissé une description suffisante du cérémonial de ces fêtes. Après une
procession suivie par le roi ^ « suivre llorus »), on
servait le repas funéraire au dieu llorus en l’invitant à la bienveillance vis-à-vis du Pharaon. Puis on procédait au lancer des quatre oiseaux et au tiré des quatre flèches’ (cf. p. 105) et l’on proclamait que le dieu et le roi avaient pris simultanément la couronne royale. Ainsi, dans la fête de Neheb ka comme dans la panégyrie similaire du dieu Min* on associait le culte du roi à celui du dieu en renouvelant les rites de l’intronisation’.
1. Voir sur la fête de neheb ka les textes cités par Brugsch, Thésaurus, p. 125.