Abydos, I, pl. VII, 1. 63 et pl. VIII
Toum*». En fait le roi mort, qui ne rend plus aux dieux le service divin dont la charge constitue vraiment la dignité royale, n’esl pas, dans l’autre monde, d’une condition supérieure à celle du commun des mortels. Son tombeau ne se distingue que par des proportions gigantesques des autres tombes bumaines; sa momie reçoit les mômes bandelettes, les mêmes amulettes; on lui ouvre la boucbe et les yeux, on lui rend son âme et son ombre, on lui sert le repas funéraire comme au plus bumble de ses anciens sujets, avec les mômes gestes et les mômes formules*. Le roi défunt n'écbappe pas non plus aux vicissitudes qui menacent tout mort parmi les hommes ; lui aussi doit connaître les stratagèmes sacrés pour trouver la route des paradis’, lui aussi doit prendre passage sur la barque de Râ pour combattre les dieux ennemis du soleiL ; lui aussi doit passer des conventions avec les prêtres pour avoir sa table siirement servie dans l’autre monde’.
Le roi mort redevient donc, dans une certaine mesure, un homme; mais n’oublions pas que cet homme défunt est consacré dieu par les rites funéraires qui sont identiques à ceux qui font du Pharaon un dieu pendant la vie. Ce retour à la condition mortelle pendant la vie d’outre- tombe ne pouvait que donner un caractère religieux plus complet à la personnalité du Pharaon. Le roi épuisait, en son existence, toutes les conceptions possibles du divin que s’étaient formées les Egyptiens ; dieu surhumain par la naissance et par la charge
1. L’opposition est bien marquée, dans ce texte, entre le roi régnant et le roi mort; il s’agit de Ramsès II s’adressant à son père Séti I {Ahydox, I, pl.Vlll, 1. 77. Cf. .Maspero, La grande inscription d'Abydos, p. 50-51).
2. Les textes des Pyramides royales de la Vie dynastie et des hypogées , Ihébains sont identiques à ceux qui se trouvent aux tombeaux des simples particuliers.
3. A .Médihet Habou, Ramsès III navigue dans les champs d’Ialou (I)aressy, Notice, p. 152-153).
4. Le « livre de ce qu’il y a dans l'Hadès » est gravé dans les tombes royales. Cf. E. Lefébure, Le tombeau de Séti 1.