‹ Du caractère religieux de la royauté PharaoniqueChapitre 173 sur 211 · Par exemple inscription de Thoutmès II, R. l. H., p. xix · texte numérisé non relu

Par exemple inscription de Thoutmès II, R. l. H., p. xix

LES GRANDES FÊTES DU CULTE ROYAL

royale, il devenait aussi l’homme divinisé après le trépas. Ainsi se résumait en lui tout ce que l’on savait de la divinité.

VIII. Il résulte de l’étude des formes du culte royal que tout Pharaon était adoré: l°le jour de son intronisation réelle; 2° chaque jour dans tous les temples avant toute célébration des rites du culte divin, dans le lieu appelé douaXt\ 3“ aux panégyries solennelles des fêtes sed^ dans un temple construit spécialement au nom du roi régnant; 4“ dans des fêtes spéciales, telles que celles de sonton khà, bàït kliâ, de neheh ka, où l’on renouvelait plusieurs fois par an les rites d’intronisation; S" après la mort, dans les temples fondés de son vivant à son nom divin. Enfin, dans le tombeau où reposait sa dépouille mortelle, le roi recevait le culte ordinaire des morts osiriens. Ce culte sous ses différentes formes s'adressait soit au roi présent et paraissant en personne dans le pa douait et dans la salle des fêtes sed, soit aux statues du roi résidant à demeure dans le pa douait et dans les « temples de millions d’années ».

Nous concluons que depuis le jour de son intronisation le Pharaon recevait quotidiennement le culte divin. Or, on a admis généralement jusqu’ici que « les Egyptiens, dans la période ancienne de leur histoire, ne poussaient pas jusqu’à ses dernières conséquences l’idée de la divinité du Pharaon » et « qu’on ne lui vouait ni temple ni offrandes tant qu’il était parmi les vivants* ». Ce serait une innovation du Nouvel Empire thébain que d’avoir dédié des sanctuaires à V « image vivante du roi » comme Aménophis l’a fait à Soleb. Encore observait-on que — pareils à .\uguste qui refusa à Rome les honneurs divins acceptés par lui dans les provinces — les Pharaons n’autorisaient le culte de leur personne qu’en pays

1. Erman, Ægypten, p. 93, qui cite Ed. Meyer, Gesohichte des Altertums.

conquis, en Nubie (^Semneh, Soleb, Sarrah) ou en Syrie (Tounipa)

Cette théorie a déjà été, à juste titre, combattue par M. AJaspero : il a fait observer que dès l’Ancien Empire «plus d’un fonctionnaire s’intitula, tantôt du vivant de son maître, tantôt peu après sa mort, prophète de l' Horus qui vit dans le palais, prophète de Sondi, prophète de Khéops, prophète de Khéops, de Mykérinos, d’Onsirkaf, ou d'autres souverains* ». On sait aussi que Tlioutmès III vivant fit transporter sa propre statue de « millions d’années » au temple de Pbtali, à Thèbes, pour y recevoir un culte dûment réglementé^ A côté de ces faits probants si l’on admet : l°que les rites d’intronisation sont un véritable culte ; 2“ que par les rites du pa douait le roi est divinisé et adoré chaque jour dans tous les temples avant tout service divin; 3" que les rites des fêtes sed sont semblables à ceux de l’intronisation et du pa douait^ — ce que j’ai essayé d’établir ici — on conviendra que le roi devenait un dieu du jour où il prenait la couronne, et cela depuis la période archaïque jusqu’aux derniers temps de la civilisation égyptienne.

Mais la divinité du roi a un caractère tout spécial; nous avons dit déjà que les Égyptiens adoraient en Pharaon non point l’homme pins fort, mieux né, plus riche que les autres, mais le fils des dieux et leur prêtre, qui sert d’intermédiaire entre les hommes et les dieux. De ce prêtre dépendait le culte des dieux et des morts*. Ce culte ayant conservé les

1. Ousirlasen III à Senineh (L. IJ., III, 55); Aménophis III à Soleb (L. 1)., III, 83-88; Ramsès II à Sarrah (Recueil, t. XVII, p. 163); Thoulmès III à Tounipa (cf. Maspero, Histoire, II, p. 271).

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