CHAPITRE IX
Caractère sacré de la ‘personne du Pharaon.
I. Insigaes divius du roi : les couronnes solaires. — II. Les sceptres divins.
— III. Le roi, dieu bienfaisant et destructeur; la voix créatrice et l’uræus.
— IV. Entretiens du roi avec les dieux. — V. Littérature officielle en l’honneur du roi-dîeu : décrets des dieux, hymnes, livres magiques.
1. La divinité du roi, dont j’ai essayé de définir le caractère intime, s’affirmait aux yeux par des signes extérieurs dont le sens symbolique, très clair pour les Égyptiens, mais quelque peu obscur pour nous, demande une analyse détaillée.
Le costume du roi n’offre pas de caractère particulier. Un jupon, court ou long, parfois un long nianteau flottant d’étoffe transparente, ceint ses reins ou tombe de ses épaules. Rien ne les distingue que la finesse du tissu; c’est de l’étoffe dite « royale » réservée, à l’origine, aux dieux, aux morts divinisés et au Pharaon Une queue, probablement de chacal, pend au bas des reins, attachée à une ceinture : l’insigne remplace la peau entière de l’animal, dont on pensait revêtir la force ou les vertus en s’en couvrant*. Une barbe postiche, carrée du bout, tombait toute raide sur la poitrine en prolongeant la saillie du menton. Les pieds, protégés par des
1. Les « étoffes royales » sont mentionnées par exemple au Pap. de Berlin, n® 1, où le roi les donne à Sinouhit pour s’en servir pendant la vie et après la mort (cf. Maspero, '^Confes populaires, p. 127).