Voir Rituel du culte divin, p
28 i DU CARACTÈRE RELIGIEUX DE LA ROYAUTÉ PHARAONIQUE
scandales recourbées, restaient nus quand Pharaon entrait au temple pour le service sacré.
Tout l’intérêt symbolique se concentre dans la coiiïure ‘ et dans les sceptres du roi. Pour les dieux comme pour les rois, qui empruntent aux dieux leurs couronnes, « la coiiïure était la pièce principale du vêtement » et l’on n’oubliait jamais d’en parer les statues royales ou divines. « Le sphinx des Pyramides a encore au sommet de la tête une cavité où pénétraient les cartonnages emblématiques figurant le diadème; les statues élevées en avant des temples portent souvent un récipient semblable, et les grands éperviers de granit qui gisent au pied des pylônes d’Edfou, ont le sinciput disposé pour recevoir des coiiïures mobiles ». Aussi lors du service sacré, les statues divines, qui recevaient le culte, changentelles à chaque moment de couronnes, et le roi, qui célèbre le culte, varie aussi à chaque instant la signification du symbole qui décore sa tête. Etudier ici toute la série des couronnes royales, serait chose fastidieuse et d’ailleurs presque impossible, tant les combinaisons sont nombreuses et variées. Il me suffira de déterminer la signification de la couronne principale, le Pschent et des insignes qui lui sont le plus fréquemment associés.
Le Pschent Yf est une combinaison de la couronne blanche
^ et de la couronne rouge ^ . De Rochemonteix a émis l’idée que la couronne blanche « est le contour linéaire » d’une couronne divine, appelée atef “ L’élément
principal (en) est un faisceau de lotus ou de papyrus reliés par les deux extrémités. » Cet emblème qui symbolise les
1. Les couronnes divines et royales ont été étudiées dans le plus grand détail par De Rochemonteix, Œuvres, I, p. 213 sqq., à qui j’emprunte ce qui est mis entre guillemets.
2. Le roi en est coiflé sur la fig. 36, p. 157. L’hiéroglyphe cité dans le texte reproduit trois lois la couronne atef.
CARACTÈRE SACRÉ DE LA PERSONNE DU PHARAON
idées de reverdissement et de renaissance perpétuelle, cache en son centre un disque solaire, tandis qu’au sommet des tiges un autre disque monte à demi des fleurs entr’ouvertes; une des légendes solaires conte comment lloriis, le soleil levant, surgit au malin du calice d’un lotus, qui, la nuit, l’a tenu à couvert en refermant ses pétales*. Le faisceau « avec ou sans les deux disques qui ligurent les deux époques du mystère des renaissances » coiffe le front du roi, qui, avant chaque service sacré, renaît à la vie divine et « se lève » comme le soleil *. L’explication proposée par de Rochemonteix me semble conforme aux spéculations de la théologie égyptienne. Mais la couronne blanche, avant d’être assimulée par les théologiens au faisceau de lotus du diadème atef^ n’était sans doute qu’un de ces bonnets en forme de cône ou de mitre dont l’usage est persistant, à toutes les époques, dans les pays d’Orient.
La couronne rouge d’après les exemples réunis par
Rochemonteix, serait un assemblage d’hiéroglyphes déformés ensuite par le dessin. La coiffe serait un vase , la tige recourbée <g serait une pousse de végétation, la tige droite
serait l’idéogramme de la terre : au total le roi met-
trait sur sa tête le récipient Ç / où la terre se mêle à
l’eau, pour donner naissance à la végétation’, symbole de la vie universelle*. Ces idées n’étaient sans doute pas étrangères aux tbéoriciens de la symbolique égyptienne. Cependant si j’admets que l’on peut reconnaître le vase \7 symbole du principe bumide, et la terre représentant du principe
solide, dans la couronne je croirais plutôt que le signe