‹ Du caractère religieux de la royauté PharaoniqueChapitre 179 sur 211 · Cf. De Rochemonteix, Œuvres, I, p · texte numérisé non relu

Cf. De Rochemonteix, Œuvres, I, p

288 DU CARACTERE RELIGIEUX DE LA ROYAUTÉ PriARAOMOUE

les animaux l’uræus a-t-elle été choisie comme gardienne vigilante de la face divine ou royale? C’est sans doute à cause du venin foudroyant du serpent, que les Égyptiens comparaient à la flamme', cette force à la fois dévorante ou bienfaisante, qui donne la vie on la mort. L’uræus jette la flamme par la bouche : selon qu’elle est irritée ou bienveillante, cette flamme est le lait ardent dont se nourrissent les dieux, les morts divinisés et les rois^; ou bien elle frappe comme la foudre et dévore les ennemis du roi et des dieux^. L’uræus doit à ces pouvoirs surnaturels son nom et son rôle de « grande incanta-

trice »

-V. «Ci

ouvrit hiqaou. Raidie en forme

de baguette magique, elle ouvre la bouche et les yeux des morts et des dieux pour leur rendre la vie : elle communique toute sa puissance aux couronnes divines et royales; aussi appelle-t-oncelles-cidesonnom« ouvrit hiqaou ». Danslesrégions d’outre-tombe les défunts divinisés peuvent rencontrer, vivant dans le domaine de la onzième heure de la nuit, deux uræus gigantesques ; elles portent sur le dos, l’une la couronne blanche d’où sortent deux têtes, l’autre la couronne rouge avec une tête apparente ; tour à tour ces têtes sortent des couronnes ou s’y dissimulent, signes de la vie réelle dont l’uræus magicienne anime les couronnes*. On appelait l’uræus « la régente de la terre® » : c’est elle qui, de tous les insignes royaux.

1. V'oir la légende de Rà piqué par un serpent, ap. Maspero, Histoire, I, p. 163-166. D'après Hérodote (lit, 16, 2) les Égyptiens croyaient que la flamme était un animal dévorateur. Un des noms égyptiens de la flamme est àmit « la mangeuse » (IJrugsch, Wôrtb., p. 79).

2. L’uræus allaite le mort divinisé {Vyr. de Pépi 1, 1. 286-28«).

Page 1