Voir p
4. Voir les figures dans E. Lefébure, Le tombeau de Sdti I, partie II, pl. XXV; cf. Maspero, Études de mythologie, II, p. 134.
5. Maspero, Contes populaires, p. IfO et 118 (Pap. de Rerlin, I, I. 166). En arrivant en présence du roi, on rendait l’hommage à l’uræus « régente
de la terre qui est dans son palais »
VWWV
CAHACTÈUE SACRÉ DE LA PERSONNE DU PHARAON
exprimait la force du dieu solaire dans son rôle le plus actif et sa puissance la plus redoutable.
Tous les attributs des couronnes royales, plumes, cornes, et les couronnes elles-mêmes, sont doubles, car le roi, comme le soleil, règne dans le Sud et le Nord. Chacune des deux couronnes fut assimilée à une divinité prépondérante dans cbacune des deux régions. La couronne du Sud fut la déesse
Vautour d’El Kab, Nekhabit la couronne du Nord la
déesse Uræus de Houto Oaazit ; Pharaon s’identifie à elles par le titre « seigneur des deux couronnes » qui
entre dans le protocole. Les deux divinités ont apporté aux couronnes qui les symbolisent leurs vertus personnelles. Nekhabit savait tout particulièrement protéger les dieux et les morts de ses deux ailes éployées; Ouazit est la déesse du rajeunissement perpétuel, car son nom dérive de la
racine ouaz « reverdir, rajeunir ». Sous les insignes
se cachent deux puissantes déesses , qui s’unissent corporellement au roi, et qui « se posent » pour faire bonne garde, chacune à sa manière, sur la personne même du Pharaon -. Aussi ne s’étonnera-t-on point que dans les salles du temple réservées au culte royal , les offrandes soient adressées
« à la couronne ourril
à la couronne alef
de même quand le roi pénétrait dans le sanctuaire des dieux il adorait l’uræus; on avait les mêmes égards pour le mort divinisé, coitfé lui aussi des couronnes à uræus {\oir Rituel du culte divin, p.233). — La fête du couronnement d’Horusau premier de l’an, s’appelait « fête de l’uræus ISeheb ka»(cl'. p. 275); cette uræus avait un temple à Héracléopolis, à l'époque Saïte (Pierret, Inscriptions du Louvre, I, p. 16, A. 88).
1. Sur ces deux déesses, voir Brusgch, Reliyion und mylholoyie, p. 314 et 321 sqq.
2. Ce sont les propres expressions de la stèle d’Antef à Koptos (Petrie, pl. VIII).
.Moret.
aux deux plumes K , à l’uræusqui est sur
la tête du roi » , aussi bien qu’au roi lui-même
II. Après les couronnes, les sceptres sont les insignes les plus caractérisques de la royauté. Comme les dieux et les
morts divinisés le roi tient en mains le croc [ , la massue de
pierre blanche | , le sceptre | , le fouet A , et des bâtons I de formes variées. Chacun de ses insignes a une valeur particulière et rappelle l’origine divine du Pharaon.
Le croc | qui sert à former le mot j A hiq « gouverner,
régner «, n’est que le bâton recourbé dont se servaient aux champs les bergers et qui est devenu progressivement l’insigne des « pasteurs des peuples ». On le voit aux mains d’Osiris d’une façon constante, sans qu’on puisse déterminer s’il a une valeur mystique en dehors de son sens propre d’insigne de commandement.
La massue de pierre blanche | est l’arme de jet(oM^oîi lancer ») des vieux âges, dont on a retrouvé des exemplaires sculptés dans les dépôts de fondation du temple archaïque d’Hiérakonpolis. C’est avec cette massue que le roi assomme les victimes du sacrifice et les prisonniers de guerre immolés au dieu % ou donne le « coup » consécrateur” qui change les offrandes humaines en aliments dignes d’un dieu. Par suite d’un jeu de
mots, l’arme | symbolise aussi l’idée de « lancer, d’émettre
1. Abydos, I, pl. 27. Thot, au moment de faire le souton di hotpou à Séti I, commence par présenter les offrandes ( ^ ) aux couronnes, avant de nommer le roi en personne.
2. L. /)., II, 2, 39, 116. Cf. Maspero, Histoire, I, p. 60, n. 3.
3. Voir par ex. Naville, Deir el Bahari, I, pl. XIV et XXIV. Le rôle de la
massue T est analogue, en cette circonstance, à celui du casse-tète
CARACTÈRE SACRÉ DE LA PERSONNE DU PHARAON
des paroles ” ^ || ^ j),ou de donner des ordres écrits
décret), de proférer les mots divins qui créent à nouveau les êtres et les choses. Les dieux avuient créé l’univers par l’œil et par la voix*, c’est-à-dire par l’émission des ondes lumineuses et des ondes sonores; paroles et rayons célestes
tombaient sur celte terre comme des traits |
medou^. Ces armes divines, créatrices des êtres et des choses, le roi les tenait symboliquement quand il maniait la massue
I ou les lances | qu’on lui voit en mains pour la consécration des sanctuaires et l’octroi des offrandes aux dieux’.
Le sceptre | était aussi une arme divine. A l’époque classique c’est un insigne composé d’un bâton, fourchu à l’extrémité inférieure, et terminé à l’extrémité supéi’ieuree par la tête stylisée d’un animal où l’on a reconnu soit le coucoupha soit la gerboise, soit la huppe*. Des variantes de détail dans