Voir les textes au Rituel du culte divin, p. IGi, n
CARACTÈRE SACRÉ DE LA PERSONNE DU PHARAON 299
aucun dommage ‘ ». Et d’autres textes^ sur lesquels nous reviendrons plus loin, parlent de la terreur que le roi inspire à ses ennemis par les rugissements de sa voix qui sonne et roule au loin comme les grondements du tonnerre.
Dans les œuvres de paix la « voix créatrice » du Pharaon n’est pas moins efficace. Les dieux et les hommes « vivent des paroles de sa honche », et « ce que vent son cœur se réalise sur le champ comme ce qui sort de la bouche du dieu * ». Voici un exemple tout matériel de l’application du pouvoir divin que possède le roi. Le roi Ramsès II tenait conseil à Memphis au sujet du pays des mines d’or qui manquaient de voies d’accès pourvues d’eau potable. « Il était venu des plaintes des convoyeurs de l’or sur leur situation, ceux qui y pénétraient mouraient de soif en route ainsi que les ânes qui étaient avec eux... Le roi dit à l’inspecteur royal qui était auprès de lui : « Appelle et que les chefs qui sont présents donnent au roi leur avis sur ce pays... » On les fit passser en la présence du dieu bon (le roi) les bras élevés dans l’attitude d’adorer sa personne, proférant des acclamations et se prosternant devant sa belle face. On leur fit le tableau de ce pays pour qu’ils donnnent leur avis sur le projet d’établir une citerne sur sa route, et ils dirent devant Sa Majesté : « Tu est semblable a Râ dans tout ce que tu fais, aussi les désirs de ton cœur se réalisent : si tu souhaites quelque chose pendant la nuit, à l'aube cela est déjà fait. Si donc tu dis à l’eau ; « Viens sur la montagne », les eaux célestes sortiront tôt à l’appel de ta bouche, car tu es Râ incarné, Khopri créé en réalité, tn es l’image vivante, sur la terre, de ton père Toumou d’Héliopolis; l’abondance est dans ta bouche, la sagesse dans ton cœur. Ta langue est le sanctuaire de la réalité, un dieu siège sur tes lèvres, tes paroles s’accomplissent chaque jour, et ce que veut ton cœur se réalise, comme pour Phtah quand il
1. Stèle de Piankhi, 1. 69 et 75-76 (éd. De Rougé, p. 35 et 37).