L. D., II, 136 h-, cf. A. Z., XXXVI, p
3. Voir ces différentes attitudes réunies dans un tableau d’une tombe de la XVIIP dynastie (Maspero, Histoire, I, p. 265).
4. Stèle de Tombes, 1. 6 (Piehl, Petites études égijptologiques, p. 2).
5. Voir les expressions de la stèle de Thoutmès III, citée plus loin p. 307. Dans les formules des stèles qui délimitent les propriétés, l’uræus est chargée de venger les injures faites aux dieux comme au roi (Stèle du temple de lla-ka-k. Stèle de Ptolémée le Satrape, .ï. Z., 1871, p. 8).
CARACTÈUE SACRÉ DE LA PERSONNE DU PHARAON 301
le l’oi lui-même, quand il entre au sanctuaire, encense et adore l’Uræus qui est au front des dieux.
Nous avons un témoignage précieux de ce que pouvait être une audience royale, dans un conte populaire de la XII® dynastie « les aventures de Sinouhit* ». Il s’agit d’un grand personnage de la cour qui, témoin involontaire de secrets d’Etat compromettants, avait pris la fuite de crainte qu’on ne l’accuscât d’indiscrétion voulue \ Sur la fin de sa vie, il sollicita de Pharaon sa libre admission en Égypte et à la cour, et reçut une réponse favorable qui lui promettait les faveurs du roi pendant la vie et le don d’un tombeau et de rations funéraires après la mort. « Quand cet ordre me fut remis, dit le héros du conte, m’étant jeté à plat ventre, je m’appliquai contre le sol, je me traînai sur la poitrine, je fis ainsi le tour de ma tente pour marquer la joie que j’éprouvais à le recevoir ^ » C’étaient en effet les marques de déférence qu’on devait à Pharaon et à tout ce qui émanait de lui. Sinouhit, de retour à la cour, trouva à la porte du palais les « enfants royaux » et les « amis » pour l’introduire dans la salle à colonnes et de là pour lui « faire la voie » jusqu’à l’intérieur de l’édifice. « Je trouvai, dit-il. Sa Majesté sur son grand siège dans la chambre intérieure [ont) de vermeil. Quand je fus près d’elle, je me jetai sur le ventre, je perdis conscience de moi-même devant elle. Le dieu m’adressa des paroles affables, mais je fus comme un individu saisi d’aveuglement, ma langue défaillit, mes membres se dérobèrent, mon cœur ne fut plus dans ma poitrine et je connus quelle différence il y a entre la vie et la mort * ». Le roi insistant pour que Sinouhit lui parle, celui-ci répond : « J’ai peur... Maintenant, me voici devant toi : tu es la vie, que taMajesté agisse à son plaisir. » Le roi daigne alors plai-
1. Aventures de Sinouhit (Maspero, Contes populaires, p. 110).
2. Papyrus de Berlin, n» 1 ; cf. Maspero, Contes populaires, p. 123 sqq.