Maspero, Contes populaires, p
4. Ibid., p. 123 sqq. J’ai modifié quelque peu le début du passage.
sanler Sinouhit sur sou altitude et sur sa tournure exotique : aussitôt les enfants royaux poussent tous ensemble un grand éclat de rire; « ils prirent ensuite leurs fouets magiques, leurs bâtons de cérémonie et leurs sistres » et commencèrent à chanter un hymne au roi pour le disposer à la clémence en faveur de Sinouhit toujours prosterné. Cet hymne exprime les sentiments de terreur qu’on éprouve devant le roi et qui expliquent l’attitude du fugitif gracié : « Tu es puissant comme le maître des astres et tu parcours le firmament dans labarque céleste; l’abondance est dans la bouche de ta Majesté*. On t’a mis l’uræus au front et les misérables sont écartés de toi, tu es proclamé Râ, maître des deux régions, et on crie vers toi comme vers le maître de tout (Osiris). Ta lance renverse, ta flèche détruit. Laisse vivre celui qui est anéanti... Sinouhit, s’il a fui, c’est par crainte de toi ; s’il s’est éloigné du pays, c’est par terreur de toi ; la face ne blémil-elle pas qui voit ta face? L’œil n’a-l-il pas peur que tu as fixé? » — Le roi dit : « Qu’il ne craigne plus... » et Sinouhit se relève honoré des « faveurs » du roi. •
IV. Pharaon restait en communication constante avec les dieux. Dans le service du culte, tout d’abord, chacun des rites était accompagné d’un dialogue du roi avec le dieu. Aux paroles dites par le roi, le dieu répondait par des souhaits appropriés; dos formules générales semblaient prévoir tous les cas où, en échange des services rendus, le roi aurait besoin de l’aide divine contre ses ennemis divins ou mortels. En dehors du culte, le roi avait souvent recours au conseil des dieux. Ainsi la reine Hàtshopsitou, au temps où elle méditait la construction de Deir el Bahari, s’était rendue au temple : « ses prières montèrent jusqu’au trône du Seigneur des dieux et l’on entendit un ordre dans le sanctuaire, que rendit la bouche du dieu lui-même, à l’elTet de monter sur les chemins qui