‹ Du caractère religieux de la royauté PharaoniqueChapitre 23 sur 211 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

La naissance divine du Pharaon

I. Représentation figurée de la filiation du Pharaon dans les temples. — 11. Conception égyptienne de la vie. Le fluide de vie. — 111. Union charnelle du dieu et de la reine. — IV. L’accouchement. — V. Reconnaissance de l’enfant royal par les dieux. — VI. Théorie sur la théogamie : est-elle occasionnelle ou générale ? Témoignages des testes de toute époque en faveur de la généralité. — Vil. Formules de l’allaitement et du « règne dès l’œuf ». — VUI. Témoignage de la littérature populaire. — IX. Le mamisi grécoromain : nativité symb<dique d’Ilorus, des dieux et des morts osiriens. — X. Réalisation matérielle de la nativité du Pharaon.

1. La filiation divine dn Pharaon, qno délinissent ses titres, n’était point pour les Egyptiens une fiction pieuse, mais une réalité matérielle. Les paroles du dieu au roi : « Tu es le fils de

mon ventre. ^ ^), celui que j’ai engendré » ( ^ ^

doivent être prises par nous au sens littéral. Preuves en

sont les représentations figurées et les textes par lesquels les Egyptiens décrivent la naissance du Pharaon et sa procréation par le dieu.

Les principales de ces représentations et les plus impoi’tants de ces textes se trouvent dans les temples. Nous verrons plus loin (chap. VII) que dans chaque temple égyptien une ou plusieurs salles étaient spécialement réservées au Pharaon : on y trouvait plus ou moins détaillés — suivant la place dont on disposait — des taldeaux relatifs aux grands événements de la vie « divine » du Pharaon : sa naissance, son couronne-

ment, les renouvellements de son couronnement (ce qu’on appelle fêtes Sed), et les autres cérémonies ritualistiques du

culte royal. Le nom de cette salle ou de ces salles était

pa ou?- « la grande maison » (terme dont on se servait aussi pour désigner les sanctuaires des dieux), ou bien « la demeure qui est dans le temple* ». Lestableaux elles textes conservés dans ces pa oar formeront la base de ce travail sur le caractère religieux de la royauté en Égypte; je leur emprunterai tout d’abord ce qu’ils nous apprennent sur la naissance du Pharaon.

II. Pour comprendre à leur valeur certains rites de la procréation du roi par les dieux, il nous faut définir quelle idée les Égyptiens se faisaient de la vie physique. Les démiurges avaient créé PUnivers et tout ce qui y vivait, par l'œil et par la voix ; quand ils avaient « vu » les êtres et les choses, ceux-ci s'étaient manifestés ; quand ils avaient « parlé », « dit les noms » des êtres et des choses, ceux ci avaient existé. Ainsi tout était lombé de l’œil et do la bouche du dieu. La vie était une émission de lumière fécondante et de verbe créateur ;

de là les épithètes de « maître dos rayons » ('^^^^ ^ et

de « créateur par la voix » (^^ | ou « émetteur de paroles

que l’on donne à tous ceux qui ont

Page 1