‹ Du caractère religieux de la royauté PharaoniqueChapitre 29 sur 211 · Voir Rituel du culte divin, p · texte numérisé non relu

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pie d’Abousir (V« dynastie) où le mot

son fils. Je

dieux et des déesses » ; ce qui le faisait vivre, c’était le fluide lumineux issu du soleil, source de « toute vie, de toute force, de toute durée »'. Les hymnes au disque solaire du temps d’Aménophis IV expriment clairement ces idées ; « Tes rayons se répandent sur le Pharaon ; sa vie est de contempler ces rayons ; le Pharaon est sorti de ces rayons ; le soleil l’a hâti de ses propres rayons*. »

III. La procréation du roi par les dieux, et le don au nouveau-né du fluide de vie-force-durée, sont représentés avec les détails les plus circonstanciés dans les temples les plus anciens que l’Egypte nous ait conservés ; on retrouve aussi les mêmes scènes dans les édifices de la dernière période. Les temples les plus anciens sont ceux élevés parla reine llâtshopsitou à Deir el Bahari et par Aménophis III à Louxor (XVIIP dynastie)’ ; ces pharaons ont représenté leur propre naissance dans la partie du temple qui leur était réservée.

1. Le liquide de Râ, c’est l’or de ses rayons (cf. Recueil, XXIII, p. 28).

Une autre source de la vie est le lait d’Isis (pyr. de Téli, 1. 338); or le lait des déesses est de la tlamnie, tantôt vivifiante, tantôt dévoratrice (Leféburc, Rites égyptiens, p. 35); d’où les analogies entre le déterminatif du lait et celui de la flamme : Q.

2. Breasted, De hymnis in solem, p. 21-22, où l’auteur a groupé* les textes

relatifs aux ^

3. Exception faite du sanctuaire de Râ qu’on déblaie en ce moment à Abousir, ce sont les plus anciens temples connus. Comme Champollion le disait, la plupart des grands temples d’Égypte, Edfou, Dendérah, Philæ, Ombos, sont des rééditions ptolémaïques de temples anciens, que ces restaurations ont précisément fait disparaître pour nous. Le temple d’Aménophis lit à Louxor a été publié — mais avee peu de soin — par M. Gayet {Mission archéol. franc., t. XV). Les scènes de la naisssance y occupent les planches LXlII-LXVll). Le temple de Deir el Bahari, déblayé par M. Xaville, est l’objet d'une magnifique publication par le même savant. Le second volume (1S9G) contient les scènes de la naissance, pl. .XLVl- LV; celte publication a renouvelé l’étude de la (luestiou. .\1. .Maspero a consacré à l’ouvrage de .M. Naville une analyse fort intéressante et très détaillée dans le Journal des Savants, 1899, surtout p. 491-414.

LA NAISSANCE DIVINE DU PHARAON

J’exposerai par la suite les raisons qui me font croire que ces scènes de la nativité du Pharaon existaient à toutes les époques, dans tous les temples et pour le compte de tous les rois d’Egypte : les tableaux et les textes de Deir el Bahari et de Louxor nous donneraient, dans ce cas, la théorie générale de la naissance du roi'.

Je prendrai d’abord la série des plus anciens tableaux, ceux de Deir el Bahari ; ils ont été reproduits à Louxor presque sans variante. La nativité comprend environ quinze scènes que l’on peut diviser en trois actes : 1“ l’union charnelle du dieu avec la reine ; 2“ l’accouchement ; 3“ la reconnaissance de l’enfant par les dieux.

L’union d’Amon et de la reine est annoncée par un prologue qui se joue au ciel. A Deir el Bahari Amon convoque les dieux de l’Ennéadc héliopolitaine, qui sont ses parèdres dans le temple ; il leur annonce la naissance future d’un Pharaon et les invite à préparer le Iluide de vie et de force^

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(»»» I .^) dont ils disposent. A Louxor une scène à quatre

personnages remplace l’assemblée des dieux : au centre, la reine reçoit les charmes magiques des mains de la déesse Isis ; sur un des côtés le roi régnant (Thoutmès IV) est présent, tandis que de l’autre côté Amon annonce son intention de « s’abaisser vers celle qu’il aime’ », Dans l'un et l’autre cas les dieux du temple sont avertis qu’ils aient à prémunir de tout danger l’élue d’Amon.

1. On verra à la fin de ce chapitre pour quelles raisons je ne partage pas, au sujet des scènes de la naissance, l’opinion que M. Maspero a formulée ainsi : « li ne paraît pas, au moins à l’origine, que cette intervention solennelle du dieu fût indispensable partout et toujours, et l’on ignore encore en quelles circonstances elle était jugée nécessaire. « (J. des Savants. 1899, p. 401.)

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