‹ Du caractère religieux de la royauté PharaoniqueChapitre 45 sur 211 · Litt. « elle émet les paroles » ^ ^ | ^ , expression · texte numérisé non relu

Litt. « elle émet les paroles » ^ ^ | ^ , expression

racléristiquc qui s’applique à ceux qui possèdent la voix créatrice (cf. Rituel du culte divin, p. 155); obéir au roi, c’est « écoqter ses paroles »,

82 DU CARACTÈRE RELTClIEÜX DE LA ROYAUTÉ PHARAONIQUE

ordres. Celui qui l’adore, certes, vivra; celui qui dira des choses mauvaises et hostiles à Sa Majesté, certes, mourra. Or donc, tous ceux ({ui entendent et acceptent unanimement le nom de Sa Majesté, certes qu’ils viennent sur le champ pour proclamer le roi près de moi, comme on le fit (jadis) pour ma Majesté. Certes, divine est cette fille du dieu, et ce sont les dieux qui combattent pour elle, et qui lancent leur fluide (de vie) derrière elle chaque jour, comme l’a ordonné son père le Maître des dieux* ! »

De la houche même du roi tombe la définition du pouvoir royal légitime : Ilâtshopsitou doit être reconnue comme reine, parce que fille du Maître des dieux (Amon), elle est divine, elle possède le fluide de vie des dieux. Ces qualités sont celtes auxquelles on a reconnu jadis la propre royauté de Thoutmès I" ; ce sont celles qui rendent Ilâtshopsitou digue de la couronne.

Le discours du roi est accueilli par une acclamation de l’assistance qui « proclame » le nom du nouveau Pharaon. « Les nobles royaux, les dignitaires, les chefs des Rekhitou entendirent cette annonce que c’était elle qui possédait la dignité de fille du roi, roi du Sud et du Nord Mdit ka r\ vivante à jamais! Ils flairèrent la terre à ses pieds, ils se prosternèrent à l’ordre royal qu’elle donna, qu’ils adorassent tons les dieux du roi du Sud et du Nord Aukhoper ka ri (Thoutmès P''). » C’est l’instant décisif : pour la première fois le nom royal solaire d’Hàtshopsitou est prononcé, ce « prénom » Mdit ka ri qui rappelle la filiation de Râ : dès lors le caractère royal est attaché à la personne de la fille du

1. Bcir el Bahari, lit, pl. LXI. Voici le texte de la dernière phrase, la

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plus caractéristique de toutes : i+n

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LE COlfB ONNEMENT DU PHARAON PAR LES DtEUX

roi. Aussitôt celle-ci donne nn ordre, le premier émané d’elle : c’est d’adorer « les dienx de son père Thontmès P"' », c'est-à-dire ce qu'il y avait de divin dans l’ancien roi, et qui lui restait attaché jusqu’à la mort. Thoutmès P'' avait proclamé que sa fille était divine ; sa fille intronisée ordonne, par son premier décret, qu’on adore la divinité de son père ; ainsi s’affirmait le caractère divin permanent de la royauté pharaonique à travers les vicissitudes des changements de personne.

L’assemblée royale, se disperse alors avec force cris et gambades selon l’étiquette du temps. Restait à dresser le procèsverbal du couronnement et surtout à fixer ne vorietur les titres officiels du nouveau Pharaon, ce qu’on appelait la

« charte ” ^ J| nekheb des noms royaux. « Après

que Sa Majesté (Thoutmès P*") eut entendu que tous les Rekhiion étaient d’accord unanimement sur le nom de sa fille comme roi,.., il ordonna d’amener les« officiants » pour méditer (?) ses grands noms de prise de la dignité de sa double couronne de roi du Sud et du Nord, (ceux que) l’on fera mettre sur les monuments et sur tout acte scellé, (les noms) sous lesquels elle célébrera les cérémonies du couronnement .., sous lesquels elle célébrera les fêtes du début de Pannée et des millions de panégyries'... Et lorsque les officiants méditèrent (?) ses noms de roi du Sud et du Nord, certes le dieu suggéra à leur cœur de faire ses noms à la ressemblance de ceux qu’il avait faits auparavant’. » On se rappelle qu’au moment de l’union charnelle du dieu et de la reine mère, Amon avait formé d’avance le nom de l’enfant prédestiné, en reprenant les paroles de bienvenue dont l’avait salué l’épouse choisie. Suit alors la liste complète, officielle, des titres

1. Je paraphrase et je résume la fin de la phrase, qui trouvera plus loin son explication littérale. Voir l’excellent commentaire de Maspero, Journal des Savants, 1899, p. 411.

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