‹ Du caractère religieux de la royauté PharaoniqueChapitre 52 sur 211 · i) oùpà · texte numérisé non relu

i) oùpà

Tri; padiXstaç sctat irEpi£t>.ï][j.jxévY], 1. 63). — Le bandeau sed affermissait le pschent, les deux plumes, de la couronne des rois et des dieux, comme la queue sed de l’aspic (le grec dit ; « la queue de la couronne «) consolidait les épis et le sceptre de papyrus de la couronne de Bérénice.

Nous reproduisons (ûg. 14) le bandeau royal trouvé sur la tête de la momie d’un roi Antef (XI® dynastie) et conservé actuellement au Musée de Leyde. Il se compose de l’uræus divine, dont le corps stylisé forme le lien du bandeau tandis que la queue nouée en devient le nœud. Il semble certain que ce soit le bandeau sed lui-même. L’uræus est en or, le bandeau en argent doré; les petites perles du pourtour sont en terre émaillée jaunç et verte, les pendeloques en verre coloré (Leemans, ttxte, p. 18j.

Porté seul ou associé au casque, au pschent, aux couronnes diverses, le bandeau retombe en queue sur la nuque jusqu’à mi-épaule (cf. Abydos, I, pl. 23). C’est pour cela qu’aux rituels du culte divin {Abydos, appendice A, pt. 7, l’officiant, qui est le roi, se présente devant le dieu « la ban-

delette au cou et le bandeau sur le dos »

M ^ (var. ‘^)

. Cf. Rituel du culte divin,

trône de l’Horus guide de tous les vivants, éternellement et à jamais » (tig 15). — (leci t'ail, llorus et Sit conduisaient proccssionnellemcnt le roi dans le pavillon symétrique du Nord,

et lui remettaient la couronne rouge ^ (fig. 16), en prononçant la même formule où le mot « roi du Sud » était rem-

FiK- 15. — Le roi, couronné dans le pavillon du sud par Horus et Sit {souton khû), fait le tour derrière le mur {rer ha) [Deir el liahari, t. 11, pl. LXIV).

placé par « roi du Nord » bàït). Dans chacun des pavillons le roi prenait place sur le trône ; aussi le déterminatit habituel

SUp

de la fête sed est-il un pavillorrmuui de deux trônes L chacun desquels siège une ligure du roi couronnée Tune de l’autre de Cette première cérémonie achevée, le roi,

Il II » Il II II B lit

LE COURONNEMENT DU PHARAON PAR LES DIEUX 93

coiffé des deux couronnesréunies,Ie;)5c/ien^, P ^ ^

« allait et venait vers sa chambre de la salle des fêtes

seshed » précédé des enseignes divines ( ^ '“1“^ p

cf. p. 100). On remarque aux mains du roi les armes

divines symboliques, croc fouet sceptre J, qui lui

ont été remis en même temps que les couronnes. On disait du roi, après la double cérémonie qu’il avait fait son « lever de

roi du Sud » ^ q (soi/^on et son «lever de roi du Nord »

^ {bail khâ). La division historique primitive des deux pays expliquer (;e couronnement en partie double, ainsi que les rites du sam taoiiï et du rer ha dont il va être question. Notons que le Sud a toujours le pas sur le Nord en ces cérémonies et dans le protocole royal : c’est sans doute par égard pour le plus ancien domaine des rois d’Egypte.

2“ Au couronnement, d’après le texte cité plus haut qui énumère les cérémonies, succédait la « réunion des deux régions » sam taouï. Les tableaux consacrés à sa description manquent à Deir el llahari *, mais on peut reconsliluer la scène du sam taouï d’après les tableaux consacrés à la tète sed (renouvellement du couronnement) dans le temple de Séti 1" à Abydos. Le roi était assis sur un trône placé le pins souvent entre deux sièges où les déesses des couronnes solaires Nekbabit d’EMvab (personniliant l’Egypte du Sud) et Üuazit de Boulo (personnifiant l’Egypte du Nord), s’installent à ses cotes. Les déesses croisaient leurs bras sur le dos du roi poulies passes de protection magique, et voici leurs paroles d’après un tableau d’Abydos. Ouazil : « Mes deux bras sont derrière ta tète pour ta vie et ta force, ô roi Séti ». Nekhabit : « Mes deux bras pour ta protection embrassent tes chairs, maître des deux terres, ô Séti ! » Cependant sous le trône royal ont été disposés des lotus, plantes du Sud, et des papyrus, plantes du Nord; elles sont réunies entre elles par des liens sortant d’un pilier ^ sam (réunion) et deux dieux,

ordinairement Ilorus et Sit, les maîtres des deux Egyptes (à Abydos, Sit est remplacé par Tliot), serrent des deux mains et maintiennent du pied les nœud qui assemblent les lotus et papyrus autour du pilier symbolique ^ sam* (fig. 17).

1. Une légende d’un tableau délruit (Text, p. 4) nous apprend qu’Horus et Sit, Nekhabit et Ouazit, apportaient à la reine « les deux couronnes et les deux terres ».

2. Sur ce pilier, cl. E. Soldi, La langue sacrée, III, p. 101 sqq. Sur le lotus et le papyrus, cf. V. Loret, L'Égypte au temps des Pharaons, p. 106 sqq.

LK COLKONNEMENT DU PHARAON PAR LES DIEUX

Voici CO que disent les dieux. Horus : « Je lie le.s deux terres [sam taoiiï), sous toi, à tes pieds, Horus maître-du-palais (le roi), pour que viennent à toi les Anou de la iNul)ie, les Méridionaux de l’Ethiopie, et que la Majesté soit stable au faîte de son sere/i/i, comme Tou m est prospéredans Héliopolis ! .... »

Fig. 17. — Horus et Thot réunissent les deux régions {sam taoui) sous les pieds du roi couronné {Abydos, t, pl. 31 a).

Thot : « O mon fils, seigneur des couronnes, Séti, je lie pour toi le lotus et le papyrus (le Sud et le Nord), pour t’amener les deux terres à toi qui possèdes la voix créatrice et tous les pays de plaine et de montagne, sous les pieds de ta Majesté, à jamais. » lût la déesse Safkhit « rédige le décret d'investiture tel qu’il est sorti de la bouche de Rti », et inscrit le nom de Séti pour des années innombrables dans les livres divins. Une légende résume le tout : « Voici qu’Horus, fils d’isis, lie le lotus et le papyrus, le Sud avec le Nord, sous le trône de son fils Séti, à jamais*. »

C’est sans doute après la remise du psebent, du croc et du

1. Abydos, I, pl. 31 a. — Parfois le roi est debout ou à genoux sur le sam (fig. 22). Pour l’époque gréco-romaine, cf. L. D., IV, pl. 15, 30, 57, 69, 76, 90, où le roi est souvent assimilé au dieu Horus sam taoui.

fouet, qu’on célébrait le sam taouï, car le roi y est toujours représenté couronné el muni des insignes royaux, tel qu’il sort des naos à Deir el Bahari.

3“ La troisième cérémonie était celle de « faire le tour der-

rière le mur »

:J [rer ha ànbon)'^. Il semble bien

qu’elle était figurée à Deir el Bahari et que des traces de la représentation se découvrent entre les deux naos où a eu lieu la remise des couronnes : on y devine la silhouette d’IIâtshopsitou qui marche solennellement, précédée des quatre enseignes divines lesquelles n’ont d’autres porteurs que les

hiéroglyphes de la vie, de la force et de la stabilité

fl

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