‹ Du caractère religieux de la royauté PharaoniqueChapitre 53 sur 211 · L’expression rer ha ànbou est traduite par Naville · texte numérisé non relu

L’expression rer ha ànbou est traduite par Naville

« faire le tour du mur du Nord » {Recueil de travaux, XXI, p. 114; Deir el Bahari, III, texte p. 8), en attribuant à ^ Aa la valeur symbolique fréquente « nord ». J’objecterai à cette traduction, que l’orthographe correcte de « mur nord » serait ^ même que dans la formule

« les dieux de la partie nord ” ^ ^ ^ ^ (Deir el

Bahari, III, pl. LX, voir quantité d’exemples, Abydos, I, pl. 4). Maspero interprète « faire le tour extérieur du mur » {Journal des Savants, 1899,

p. 411, n. 1); sans doute, ce savant prête au mot ^ la signification

« derrière », qu’il a, par exemple dans la locution si fréquente « lancer

le fluide sa derrière quelqu’un ^ ^ {Deir el Bahari, II,

pl. XXXVII, XL, XLIII, LI, etc.); dans ce cas, on dit que la main de celui

qui jette se met « derrière la tête » ^ "^ de qui reçoit le fluide

{Abydos, I, pl. 21 a). Il me semble donc plus littéral de traduire' w faire le tour derrière le mur ». On verra plus loin, p. 98, que le but de ce rite était de faire la ronde autour et d’assurer la possession des naosd’Horuset de

Sît, c’est-à-dire autour du temple symbolisant le monde. Le mot ^ entre aussi en composition dans des termes tels que (] Jj 0 ^

LE COURONNEMENT DU PHARAON PAR LES DIEUX 97

On lit encore au-dessus du cortège un fragment de légende

tilée qu’elle soit, suflit à nous montrer que cette procession faisait le tour derrière le mur. Dans aucun autre texte relatif ù un couronnement la cérémonie du rer hâ ànbou n’est décrite plus longuement ni plus clairement, et il serait difficile d’en comprendre le sens précis si nous n’avions à notre service des textes du culte funéraire et du culte divin où mention en est faite. Quand le mort, devenu dieu, reçoit les insignes et les pouvoirs de la royauté^ on lui adresse les paroles suivantes : « Tu t’es assis sur le trône, tu as en main les sceptres..., tu fais le tour des demeures d’IIorus, tu fais le tour

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dos demeures de Sit »

Effectivement, à Deir el Bahari, la procession du tour du mur, figurée entre les deux naos où llorus et Sit ont couronné le roi, semble en faire extérieurement le tour; ce serait donc une prise de possession des régions du Sud et du Nord.

ànhou ha v mur de derrière > et

« salle de derrière (Brugsch,

Wôrt. Suppl., 773). — Ces expressions ont-elles quelque rapport avec notre rer haànboul Dans le récit d’intronisation d’Horemheb, le roi, dès qu’il a reçu ses noms divins « sort vers la salle de derrière dans la maison

du roi » ^ , 1. 19-20) précédé par Amon, qui va le

recevoir dans ses bras; il y a donc dans la partie du temple réservée au roi une « salle de derrière ». Peut-être était-ce là qu’on exécutait la procession derrière le mur du sanctuaire, dans le but d’assurer sa sauvegarde. — A Bubastis, il y avait aussi la « salle de derrière », avec le dé-

terminatif du mur

(Naville, Festival hall, pl. XXIII, n» 7

et dans le temple d’Abydos, il y avait !’« édifice de derrière », du Sud et

du Nord

i 10 = i (/lMo.,I,35J).

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