‹ Du caractère religieux de la royauté PharaoniqueChapitre 61 sur 211 · CT · texte numérisé non relu

CT

è'Ttü); ff'jvTïXEffÛŸ) tà

vo(xi;ô[i£va Tf, iTapa).-;î't/£i tï]ç ^aatXeia;). Plus loin il est question des «rites du couronnement du roi du Sud quand il prit la royauté de la main de son

roi était fait par le dieu Amon : les candidats à la couronne défilaient devant la statue dont les bras articulés saisissaient le prince agréable aux prêtres qui disposaient de Télection. Avec cette déformation, l'importance de la « royale montée » du Pharaon au temple n’est que plus expressive : même avant la toute-puissance dans l’Étal de la classe sacerdotale, le Pharaon n’était reconnu roi d’Égypte qu’après avoir reçu les couronnes et les chartes d’avênement de la main des dieux

VII. Jusqu’ici le Roi n'a fait que recevoir ; il lui reste à rendre aux dieux les bienfaits dont il a été comblé. Les faveurs divines n’étaient prodiguées qu’à condition de réciprocité.

père »

(1. 10; cf. grec, 1. 46 uaplXaêev ttiv pairiXetav napà toO ■TtaTpbç). Mêmes expressions au décret de Canope, texte hier., I. 3-4 ; texte grec, 1. 6); sur le sens précis de la formule « de la main de son père » voir Révillout, Revue Égyptologique, III, p. 1 sqq...); j’y vois une allusion à la cérémonie de r « embrassement » tel qu’il est représenté à Deir el Bahari. — « L’embrassement » par le dieu était encore le procédé de consécration usité à l’époque ptoléma’iquc : la stèle de Mendès appelle « embrassement »

la consécration et l’intronisation par Ptolémée III du bélier de

Mendès (1. 8) et l’on rend les mêmes honneurs royaux et divins à Arsinoé, première femme du Pharaon (1. 12; — Brugsch, Thésaurus, p. 630). Le voyage d’Alexandre à l’oasis d’Amon pour voir son père et recevoir de lui la couronne, n’est qu’un développement de la cérémonie traditionnelle de la « royale montée au temple » (cf. Maspero, Comment Alexandre devint dieu en Égypte, ap. Annuaire de l’École des Hautes-Études, 1897). — Polybe mentionne l’apposition des couronnes aux enfants royaux mineurs {Frag. Hist. græc.. Il, p. xxvii), avant même le moment où l’on pouvait célébrer l’intronisation ’AvaxXriXtîpia (Polybe, XXVIII, 10, 8 et XVIII, 38, 3). On trouvera la « royale montée » d’Auguste dans L. D., IV, 71 a.

1. Le témoignage de Diodore (III, 5) sur ce procédé d’intronisation des rois éthiopiens est confirmé par les monuments des rois éthiopiens, stèle de l'intronisation, stèle de Éastosenen étudiées par Maspero {Études de Mythologie et d’ Archéologie, III, p. 135 sqq., p. 260 sqq.) et rapprochées par lui {ibid. I, p. 86) du curieux récit fait par Synésius, dans son pamphlet sur TÉgyptien, écrit vers la fin du iv« siècle de notre ère.

Moret.

Page 1