‹ Du caractère religieux de la royauté PharaoniqueChapitre 78 sur 211 · Le prince de Béni Hasan, Klmoumliotpou appelle · texte numérisé non relu

Le prince de Béni Hasan, Klmoumliotpou appelle

en

oukha « salle à colonnes » cette pièce (Maspero, Études de mythoL, IV, p. 159 sqq.) et donne des détails sur l’édification des piliers et des portes ; c’était là un lieu commun des inscriptions funéraires (cf. inscr. d’IIirkouf à Assouan, De Morgan, Catalogue, I, p. 164; inscr. des princes d’Hermonthis publiées par Lange (.ï. Z. XXXIV, p. 27, 1. 11 sqq., p. 33, 1. 8) ; Piehl, Inscr. hiérogl., 3« série, pl. 10, 1. — La pièce correspond évidemment à Vouskhit des temples.

4. L’inscription de Khnoumhotpou à Béni Hasan (Maspero, Éludes de

C lû ( — I

IV, p. 160) mentionne dans la tombe une salle outout

qui ne peut être que l’équivalent de la chambre du milieu de la maison

et des temples. Le nom habituel de la chambre funéraire est

rwn

hait

noub « chambre d’or », donné aussi aux sanctuaires des temples.

LE ROt constructeur DES TEMPLES

slMc et la statue du défunt. Plus loin; dans rintcrieur du bâtiment, les magasins d’offrandes, les couloirs [serdab) conduisant au caveau de la momie. La multiplication des salles et te développement de telle ou telle partie du tombeau, suivant les époques, n’altèrent (pie siiperliciellement te plan général'.

La tombe contenait parfois, quand elle était de grandes dimensions, des chambres spécialisées à certains rites :

« chambres d’adoration » pa douait, « chambre des

libations», « chambre du feu », ‘ pa teka

(( chambre d’or »

hait, pa noub. Toutes ces subdivisions se retrouvent, avec les memes noms, dans les temples.

Enfin les -tombes riches sont entourées d’arbres formant

bois sacré, d’un petit lac ou bassin ; bois sacré et lac

font aussi partie intégrantedu temple; de même toute habitation humaine aisée les comprenait dans son enceinte®.

1. Par ex. dans les tombeaux royaux de. Thèbes ou le tombeau de Patuamenap (-Ï. Z., 1883, pl. II).

2. Par exemple au tombeau de Patuamenap, publié par Dümichen Per Grabpalast, I, pl. V, 1. 1. Sur le pa douait des temples, cf. cb. VII.

3. Sous la forme CT! O CCD elle existe dans les temples ptolémaïques d’Edfou et de Dendérab.

4. Par exemple au tombeau de Patuamenap (Dümichen, .Ï.Z. , 1883, p. 14, et A. Z., XXI, pl. I). La chambre du feu cn [TI] fait pendant à la

chambre des libations à Edfou et Dendérab.

5. La salle d'or existe théoriquement dans tous les tombeaux, d’après le Livre des funérailles. Cf. Schiaparelli, I, p. 50.

6. C’est sur ces arbres et sur les bords du bassin que l’âme du défunt vient prendre le frais (Louvre, stèle C 55, 1.5-6). Voir les représentations des arbres et du bassin au tombeau d’Anna (.Maspero, Histoire, I, p. 201). — Souvent les inscriptions funéraires relatent la plantation des arbres, le creusement du bassin (inscr. de Khnoumhotpou, dans Maspero, Études de mythologie, IV, p. 160; Inscr. d’Hirkouf à .Vssouan dans De Morgan,

A. Moret. 9

130 DU CARACTÈRE RELIGIEUX DE LA ROYAUTÉ PII ARAOM(jUE

Ainsi rien ne dislingue la maison du dion de la demeure habitée par les hommes de leur vivant et après leur mort. Partout, il y avait une partie de la demeure ouverte ii tout venant (la cour), une salle de réception d’accès plus réservé (hypostyle) enfin la chambre intérieure où la l'amille entrait seule (chambre nuptiale, sanctuaire, salle funéraire). Les dieux d'Égypte vivaient dans leurs temples à la modo des mortels, et Pharaon n'avait rien innové en construisant les maisons destinées à sa famille divine. Des salles de dimensions inusitées, un luxe proportionné à la dignité suprême des dieux, voilà ce qu’on trouvait dans les temples en plus de ce qu’il y avait dans toute demeure humaine.

V. C’est dans la fondation, et la consécration des demeures des dieux ses pères que le roi se révèle tout d’abord comme prêtre de la famille divine. Les temples nous ont conservé le rituel observé en ces occasions. ■

La fondation d'un temple était conçue par le roi avec la collaboration de ses pères les dieux', A l époque où ceux-ci régnaient en Égypte, un « livre de fondation des temples

pour les dieux de la première ennéade »

^ ' 1 f ^ avait été rédigé par le dieu Imhotpou,

« officiant en chef » [kher heb lier tep) du culte de son père Phtah. Ce livre avait été emporté au ciel lorsque les dieux s’étaient retirés de la terre, mais Imhotpou « l’avait laissé

tomber du ciel au nord de Memphis » ('

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Catalogue, I, p. 164). — Sur le bois sacré et le lac des temples cf. Mariette, Dcndérah, texte p. 87-90. Voir un jardin et un bassin d’une habitation d’hommes vivants dans Maspero, Histoire, I, p. 340.

1. Tout ce qui est relatif à « la construction et à la protection des édifices » divins ou humains en Égypte, a été fort bien exposé par M. Lefébure, Publications de l'École des Lettres d’Alger, IV, Rites Égyptiens. C’est à cet ouvrage que j’emprunte la plupart de mes cita^ lions.

LE ROI CONSTRUCTEUR DES TEMPLES

) sans doute quand un des rois humains avait voulu

élever un temple; c’était suivant les prescriptions de ce livre

qu’on avait arrêté « le plan général » ( senti

o»?’)du temple ptolémaïque d’Edlou'. Même origine divine était relatée pour le plan du temple de Dendérah; les bêitiments furent réédifiés sous les Ptolémées suivant» un plan général écrit en écritures anciennes sur peau de chèvre au temps des serviteurs d’Horus (époque de la lutte d’ilorus contre Sit); il fut trouvé dans l’intérieur d’un mur de briques de la maison royale au temps du roi Miri-Ri Pépi (VP dynastie) » ; un autre texte attribue la trouvaille « au temps du roi Chôops (IV® dyn.) ))^ D’après un manuscrit sur cuir de la XIP dynastie, le roi Ousirtasen P*' n’avait pas procédé autrement pour fondei’ ou renouveler les fondations du temple de Râ à Héliopolis : là aussi un « officiant » était

muni du « livre divin » ('l ) pour dresser le plan de

l'édifice’. Nous pouvons admettre. semblable origine divine pour les plans de tous les temples égyptiens : le roi ne construisait la iriaison de ses pères que d’après des « projets » établis par ceux-ci en personne, au temps où ils vivaient et régnaient dans’ là vallée du Nil.

Avant d’appliquer sur le terrain les indications des livres sacrés, le roi tenait conseil. Le manuscrit qui relate la fondation d'IIéliopolis nous montre le roi Ousirtasen assis dans la salle du trône et délibérant avec ceux de son entourage, les Amis et les Grands. Dans un discours pompeux, composé de formules qui revenaient invariables en pareille occurrence, le roi rappelle que tout ce qu’il possède, royauté, vie, gloire

1. Brugsch, Bau und muasse des Tempels von Edfu {À. Z., 1872, p. 34).

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