‹ Du caractère religieux de la royauté PharaoniqueChapitre 89 sur 211 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Le culte filial dans les temples et les tombeaux.

I. Le culte des dieux, comme celui des morts, est fondé sur les rites osiriens. — II. Le roi reconstitue le corps des dieux. — III. Le roi rend au corps divin son âme et le fluide de vie. — IV. Le roi fait la toilette du dieu. — V. Le roi assure la nourriture des dieux et des morts osiriens. — VI. Développement que prennent les rites journaliers dans les grandes fêtes que le roi célèbre pour les dieux et les morts.

1. Le temple égyptien est en apparence le tombeau des dieux où officie le roi, descendant de la famille divine : les rites qu’on y célèbre sont-ils analogues au culte que dans chaque tombe le fils rend à ses parents défunts ? La réponse à cette question offre un intérêt très grand et très général. Au point de vue du sujet traité dans ce livre, s'il y a identité entre le culte divin célébré par le roi et le culte familial célébré par le fils, la situation du Pharaon vis-à-vis des dieux sera déterminée dans ses caractères les plus essentiels. D'autre part, il serait très important, au point de vue de l’histoire des religions, d’établir si les Égyptiens, représentants de la plus ancienne civilisation connue, adoraient de la même façon les dieux et les morts. >

Suivant la tradition égyptienne, la doctrine religieuse aussi bien que les rites extérieurs du culte, « les règles des sanctuaires et les plans des temples » ( û — d ^

)‘, aurait été révélûe aux hommes par Osiris, le dieu

des moi’ts. Les écrivains ^recs affirment aussi qu’Osiris « avait enseigné aux hommes l’art d’adorer les dieux (ôecj; -regav) ^ de leur élever statues et sanctuaires ~t y.a’- ~/p'j70jç

il avait été aidé en cela par Thot-Hermès qui, grâce à l’invention de récriture, avait pu fixer « le rituel du culte et des sacrifices divins » (Ta -=p’’ Ta; twv Oswv T'.;;.à; y.a'; Ouïîaç)

Les textes religieux confirment cette tradition, mais nous apprennent aussi à l'interpréter. iNous dirons qu'Usiris a le premier subi les rites divins plutôt qu'il ne les a institués : ce privilège il le doit à ce que, le premier d’entre les dieux, il a connu la mort. Les dieux-rois prédécesseurs d’Osiris dans la première dynastie, Un, Shou, Seh, s’étaient retirés au ciel, vieillis, déchus, mais encore vivants'. Osiris, assassiné et démembré par Sit, pénétra le premier dans l’inconnu de r « autre terre » : la mort fit de lui un être qui savait le grand secret*. La famille d’Osiris, llorus son fils, Isis sa

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