‹ Du caractère religieux de la royauté PharaoniqueChapitre 93 sur 211 · Rituel du culte divin, p · texte numérisé non relu

Rituel du culte divin, p

5. J’adopte pour la traduction de cette expression généralement rendue par « Horus vengeur de son père », le sens proposé par Ed. Naville,

loi DU CARACTÈRE RELIGIEUX DE LA ROYAUTÉ PHARAONIQUE

Tous ces rites et toutes ces formules supposent un démenihrement préalable du corps des dieux et des morts; les textes trouvés dans les tombeaux ajoutent souvent des détails plus précis : « C'est moi ton fils Horus, dit le fils à son père; je suis venu vers toi pour te faire revivre ; j’ai pris à pleins bras tes os, j'ai resserré ton squelette, j’ai pris à pleins bras tes morceaux, car je suis ITorus qui modèle son père » Dans les nécropoles arclia'iques on a souvent retrouvé les os des squelettes soigneusement entassés les uns sur les autres, la tête au sommet* : peut-être essayait-on de reconstituer ainsi le cadavre, tout on présentant la statue modelée, image du corps vivant.

Mais les rites qui supposent le dépècement réel du corps des dieux et des morts osiriens ont été abandonnés an début

La litanie du Soleil, p. 82 et 23, 25. M. Naville a montré que

est souvent mis en parallélisme avec

creer,

façonner, enfan-

ter ; l’e.xpression « créer le corps d’Osiris » t

) re-

vient plusieurs fois dans la tétanie (p. 25 et 82). A ces exemples j’ajouterai celui-ci tiré de la grande inscription d’Abydos (.Mariette, Abydos, 1, pl. VI, 1. 21), où Ramsès II dit de lui-mème : « Je suis un fils qui modèle la tête de son père, tel qu’Horus qui modèle Osiris, qui façonne celui qui l’a façonné, qui enfanle celui qui l’a enfanté, qui fait vivre le nom de

celui qui l’a engendré ))(^^

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modèle sur un tour à potier. L’expression « modeler la tête »

CIDI

est sur l’original l’homme qui

a aussi le sens dérivé de rendre hommage, « saluer », ce qui semble correspondre aux frictions de la face ou du nez que se font encore entre eux certains sauvages en guise de salut (cf. Maspero, P. S. B. A., XX).

1. Pyr. de Mirinri, I. ; cf. Pépi /. 1. 195; Mirinri, I. 369; Pépi II,

2. Voir ce que dit à ce sujet Wiedemann (loc. cit. ap. de Morgan, Becherches..., Il, p. 207, 210).

des temps historiques. On remplaça alors le sacrifice du dieu par le sacrifice au dieu ou au mort : l’être adoré ne reçut plus le « coup » consécrateur qui faisait de lui une victime divine; ce fut l’auteur de la mort des dieux et des hommes, Sil et ses substituts les animaux typhoniens, qu’on immola dans le service sacré *. Dès lors on n’avait plus à reconstituer des corps qu’on ne s’inquiétait plus de démembrer ; on les prépara mieux à une nouvelle vie en les maintenant dans leur intégrité primitive par les rites de la momification, inventés aussi par Thot et Anubis'au bénéfice d’Osiris et des dieux osiriens. Le souvenir du démembrement primitif ne s’etfaça point cependant ; les formules archaïques qui supposent le dépècement réel des cadavres subsistèrent dans les rituels ; mais on y introduisit d’autres formules contradictoires qui interdisaient de trancher la tête ou de frapper les cadavres des dieux et des morts L Ces contradictions, parfois embarrassantes, sont cependant utiles en ce qu’elles nous indiquent les étapes du culte divin et funéraire en Égypte.

Conformément à ces nouveaux rites osiriens, les dieux et les morts reçurent des mains de leurs fils, rois ou gens du commun, les huiles, les fards, les bandelettes nécessaires à la préparation des corps momifiés. On conserva dans les temples l’image momiforme des dieux et dans les tombeaux les corps emmaillotés des défunts. Et jusqu’à la fin de la civilisation égyptienne les rois fils des dieux et les fils des hommes honorèrent leurs ancêtres avec les mêmes formules

1. Cette évolution est un cas particulier d’une loi très générale, dont on trouvera l’exposé dans Ilubert-Mauss, Du Sacrifice..., p. 128.

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