Rituel du culte divin, p
3. Wiedemann, loe. cit. (De Morgan, Recherches. .., II, p. 2C9-210) donne des exemples caractéristiques. M. J. Baillet a soutenu l’idée que le dépècement des cadavres était un rite préparatoire à la momification, destiné aussi à préserver les corps de la putréfaction (Recueil, XXII, p. 180 sqq.). — Je vois au contraire dans le démembrement et la momification deux rites opposés et successifs, l’un impliquant le sacrifice du mort ou du dieu, l’autre sa conservation.
lo6 DD CARACTÈRE RELIGIEUX DE LA ROYAUTÉ PHARAONIQUE
et les mêmes gestes, d'api’ês les anciens ou les nouveaux rites osi riens.
III. Mis en présence du corps reconstitué de son père, le roi ou le fils doit le rappeler à la vie et lui rendre son âme. L’entrée du roi au sanctuaire se faisait suivant les règles d'un cérémonial précis : purifications du roi, ouverture des portes du naos, prosternements, adorations. Chacun des gestes du roi était prévu et s’accompagnait de formules appropriées : pour le détail, je renvoie à mon étude sur le Rituel du cxdte divin et je ne rappellerai ici que les rites essentiels, ceux qui rendent l’ànic au corps du dieu'.
Qu’était devenue l'ànie d’Osiris après la mort? Tandis que le cadavre mutilé du dieu gisait à terre, son âme s’était envolée au ciel, où elle avait trouvé refuge dans un des Yeux d’Ilorus (la face céleste), le Soleil ou la Lune^. Mais Sit poursuivait jusque dans le ciel sa victime; sous la forme d’un porc, d’un hippopotame, d’un crocodile, de quelque animal cornu, taureau ou gazelle, ou bien volant comme un oiseau, nageant comme un poisson, l’esprit du mal s’embusquait sur le Nil céleste où voguaient les barques du Soleil et de la Lune, et il guettait le moment favorable pour dévorer l’Œil d’Ilorus et lûme d'Osiris qui y était cachée’. Les éclipses du Soleil et la décroissance mensuelle de la Lune correspondaient à des attaques heureuses de Sit contre l’Oilil d’Ilorus*;
1. Il y avait deux entrées du roi au sanctuaire, et deux sacrifices au dieu, pour le Sud et pour le Nord suivant la double division de tous les rites égyptiens. Pour simplifier mon exposé, je supposerai ici qu’il n’y a qu’une série de cérémonies.
2. Rituel du culte divin, p. 33, 39, 83, 112. On trouvera, à ce sujet, des indications précises dans les Lamentations d'Isis et Rephthys (éd. De Horrack, p. 8-9) dans les Litanies de Sokaris (éd. Budge, p. 494, ou Jdvre des Respirations (éd. de Horrack, pl, I, 1. 2-4) et dans des textes de Dendérah cités par Brugscli. Wortb. Suppl., p. 672-73.