‹ Du caractère religieux de la royauté PharaoniqueChapitre 98 sur 211 · Schiaparelli, I, p · texte numérisé non relu

Schiaparelli, I, p

Üuide de vie (^■^)- Cette scène, souvent répétée dans les

tableaux des temples, était un des points culminants du drame de la résurrection du dieu. Muni du Iluide de vie, le dieu ou le

mort recouvrait la vie divine et se levait en roi ( ^ khâ)

comme le soleil. Lors des funérailles d’Osiris, le soleil luimcme, Rà, avait pris dans ses bras le cadavre d’Osiris, pour lui rendre son âme et lui infuser le fluide de ses rayons; en commémoration de ce rite le roi ou le fils transmettait par le meme geste la vie et l’àme à la statue adorée. Rappelons-nous qu’un pharaon était lui-même sacré roi par l’embrassement du roi régnant et du dieu do la capitale et que l’expression

« embrasser » (^ (voir ce qui a été dit p. 101)

Fif{. 41. — Le roi embrasse le dieu [Louxor, pl. VIII).

Fig. 42. — Le roi et le dieu échangeut l'embrasse ment (LoMror, pl. VIII).

Ôtait devenue en égyptien synonyme de « consacrer » * (fig. 40, 41, 42).

L’embrassement faisait du dieu et du mort un roi. A ce moment, le roi ou le fils coitfait la statue de la grande cou-

1. Je résume ici les idées éparses aux chapitres XXI-XXIV du rituel conservé au papyrus de Berlin, et je renvoie au commentaire détaillé que j’en ai donné dans le Rituel du culte divin, p. 79-102.

A. Moret.

ronnc royale

oiirrit^ et, comme au Pharaon, on

faisait exécuter à l’image du dieu ou du mort « la course » (;=n) autour des demeures d’ITorus et de Sit, en signe de prise de possession des deux parties de l'univers, où désormais il pouvait circuler tel que Râ. Le roi prononçait alors la formule qui résume ces idées : « Viens à moi pour cet em-

brassement

} dont tu sors ce jour où tu te lèves

en roi

où tu te lèves pour moi dans =“

le ciel, où tu tournes toi-même autour de moi ” ^

AA/WV\

Dans le rituel funéraire le lils adresse à son père

des paroles encore plus précises : « Tu t'es assis sur le trône d’Osiris, sceptre en main... lu fais le tour des demeures d’IIorus, tu fais le tour des demeures de Sit* ».

L'embrassement s’accompagnait derouverlurede la bouche de la statue. Dans le culte funéraire ce rite avait pris une importance exceptionnelle, à tel point que Ton désignait l’ensemble des opérations destinées à ranimer la momie du nom

d’ « ouverture de la bouche » \/ , àp ro\ Pour cette cé-

rémonie on approchait de la bouche du mort la cuisse et le cœur de la victime*: tous les autres aliments solides ou liquides ^ (fig. 43), les huiles'’’, les bandelettes qu^on présentait à la statue, pouvaient servir également à Vàp ro. On usait aussi.

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