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l'épuisement des races, après leur épanouissement? Il y a des retardataires un peu partout : ceux qui sont fatigués de la longue marche par les sentiers difficiles du progrès, ceux qui sont partis les derniers ou que des obstacles insurmontables ont arrêtés. En allant visiter les gens d'Asie centrale, nous allons voir quelles étapes nous avons faites récemment. Que sont trois ou quatre siècles d'avance !
28 septembre.
Nous quittons Hissar, nous descendrons la vallée du Kafirnagane jusqu'à l'Amou, et, si cela est possible, nous le franchirons près de la confluence où nous avons l'assurance de trouver des barques.
Dans le haut de la vallée, quelques villages sont habités par les Tadjiks, qui cultivent la partie la plus fertile. A deux heures de Hissar, on ne trouve que des Ousbegs Dourmans. Ces gens sont pauvres, et les kichlaks très rares sont de peu d'importance jusqu'à Akmetchet, où nous arrivons le 29 au soir. Sur les bords du fleuve, nous avons vu des orpailleurs; ils lavent le sable de la rive et recueillent quelques pincées de poudre d'or.
L'étroite vallée est désolée. Au village de Touskane, une saline importante, placée sous la protection d'un saint, est exploitée par les indigènes. Le sel est fourni par une source on ne peut plus salée : chaque goutte d'eau en séchant laisse un poudré blanc sur les vêtements. Nous apercevons des troupeaux peu nombreux dans la montagne.
D'Akmetchet, nous suivons la rive droite : la vallée s'élargit, ce n'est plus la steppe. Les kichlaks se succèdent, le Darya se ramifie, il forme des étangs, des marais, il arrose des rizières, et se développe en anneaux moins précipités : il a plus de place pour se mouvoir. Il enserre de ses replis des îles nombreuses, où les roseaux, les saules, les tamarix, les djiddas, les mûriers forment des fourrés.
La couche de terre est devenue plus épaisse , en descendant. Dans la matinée, la poussière planait en brume, elle cachait les sommet^ falaises et brouillait les détails des degrés inférieurs de la chaîne.
Akmetchet compte quatre-vingts huttes ou tentes : c'est la « seconde ville » de la vallée après Kabadiane.
Avant Bachkala, nous rencontrons sur les bords de la rivière deux ou trois familles turkmènes sous des abris de roseaux. £ela veut dire que nous approchons de l'Amou. Ils habitaient autrefois Kerki, nous disent-ils, ils ont quitté ce pays il y a deux ans, parce qu'il leur déplaisait. Ils appartiennent à la tribu des Kouramas. Les Ousbegs misérables qui errent dans le^ montagnes environnantes sont des Koungrads.
Au hameau de Bachkala, près de Kabadiane, les mûriers sont nombreux, car les indigènes élèvent des vers à soie. Kabadiane est à une heure et demie de ce village, sur la rive gauche du Kafirnagane. Nous y arrivons le soir du 1 er octobre. Cette ville, ou mieux cet énorme village, est formée par les maisons de culture situées dans les îlots entourés par des canaux nombreux. Ils sont bordés de tilleuls petits et gros qu'on ététe. On élève beaucoup de vers à soie dans le pays.
La forteresse, au bas de laquelle nous logeons, est posée sur une motte de loess commandant la vallée, qui est large de sept à huit kilomètres.
Campement à Kabadiane.
FORTERESSE DE KABADIANE.