H4 LA SOGDIANE
vière que les anciens nommaient Sogi et qui donnait son nom à la fertile Sogdiane : c'est un jardin continu, une vraie Lombardie irriguée par les ariks. Mais le chemin de fer évite soigneusement l'oasis, et pour cause : il eût fallu exproprier ces bonnes terres à prix d'or, et l'on voulait un chemin de fer à bon marché. La voie traverse la steppe, où la terre coûte peu, et longe à quelques verstes de distance l'oasis qui forme à l'horizon une longue bande de verdure contrastant singulièrement avec la zone aride et déserte que nous parcourons.
Achaquestation, leprince,bravantun soleil d'enfer, descend avec ses ingénieurs pour vérifier par luimême rétat des- installations. Partout Ton voit sortir du sol de coquettes constructions nouvelles, qui seront prochainement inaugurées comme gares. Les bâtiments, sans étage, sont faits d'une excellente pierre à bâtir qui se trouve sur place. On trouve aussi dans le pays un marbre blanc qui peut rivaliser avec celui qu'utilise la statuaire ; la gare do Kermesch, élégant pavillon érigé pour l'usage de l'émir, est entièrement faite de ce marbre.
Dans le voisinage d'une de ces stations réside le capitaine Horvat, attaché aux travaux de la ligne, vrai type du soldat moscovite, avec sa magnifique barbe de sapeur que tout officier est fier de laisser croître depuis qu'Alexandre III a autorisé le port de la barbe dans l'armée. Il nous invite à déjeuner dans sa petite maison perdue au milieu de la steppe.