OBSERVATIONS
OBSERVATION I (inédite) (1)
Due à l’obligeance de M. le 1}° PororT
Résumé : Alcoolisme. — Absinthisme. — Artères dures. — Ictus suivi dhériplégie droite, avec aphasie. — Epilepsie jacksonienne Surrenue le sixième jour. — Amélioration de l'hémiplegre. — Retour de la marche. — Paralysie persistante des mouvements de flexion du pouce. — Parésie faciale avec déviation de la langue.— Persistance de l'hémiplégie jacksonienne à début facial. B. J., 37 ans, entre le 1° juin 1906 à la clinique de M. le
professeur Lépine, à l'Hôtel-Dieu.
Rien de particulier dans les antécédents héréditaires. Personnellement, il ne s'est jamais arrêté de travailler que pour des accidents : il y à six ans, fracture des os du
carpe ; il y a trois ans, fracture des os du pied, qui lui à
laissé de la boiterie.
Célibataire.
Depuis longtemps, excès de vin et d'absinthe ; tremblement.
Il y a un an, épistaxis fréquentes et très abondantes : J'uue surtout à été très sérieuse.
Depuis quelques jours, il ne se sentait pas très bien ; cependant il a continué à travailler lorsque, le 30 mai, il eut un ictus à la suite duquel il entra à l'hôpital.
(4) Le malade qui fait le sujet de cette observation a été présenté à la Soc. méd. des hôp. de Lyon, le 22 janvier 1907.
ir POSE
A l'entrée, on constate que le malade est aphasique el porteur d'une hémiplégie droite. Le membre inférieur est en demi-flexion, avec contracture légère. Le membre inférieur à aussi un peu de contracture, avec exagération des réflexes roluliens. On peut obtenir quelques secousses de trépidation épileptoïde. Les orteils réagissent en extension.
Le pouls est lent (44); la radiale est flexucuse et dure. Au cœur, la pointe bat dans le cinquième espace; le premier bruit est prolongé, fort, impulsif. A la base, le deuxième bruit est clangoreux. ù
Pas de signes du côté de l'appareil respiratoire.
5 juin. — Le malade a pris hier trois attaques ; mouvement du bras et de la jambe durant quelques minutes. Pas de morsure de la langue, pas de perte des urines ni des matières.
1% août. — Les jours qui ont suivi les crises l'amélioration de la motilté des membres s'est produite progressivement; le malade put d'abord soulever sa jambe droite, puis l’avant-bras droit: à la fin du mois de juin, il pouvait mouvoir le bras et la jambe, mais il restait dysarthrique.
Aujourd'hui crise jacksonienne à début facial.
16 août. — Nouvelle crise avec début par des mouvements convulsifs de la mâchoire ; des mouvements cloniques dans le membre supérieur droit et la jambe droite leur ont succédé pendant une minule. Le côté gauche est resté complètement au repos pendant toute la durée de la crise, que le malade à senti venir, mais qui s'est accompagnée de perte de connaissance. Une crise semblable avait eu lieu 8 jours avant.
17 août. — À la suite de la crise d'hier il avait persisté de la paralysie et de l'aphasie qui ont disparu ce matin. Cependant ? persiste une paralysie très nelle pour cerlains mouvements dupouce.Contrairementà ce quise passe pour les autres doigts, celui-ci ne peut résister à l’extension ; la perte de force porte exclusivement sur les mouve-
En
ments de flexion ; l'extension est conservée ou à peine affaiblie ; l'adduction se fait bien.
Il persiste un peu de déviation de la langue à droite.
22 janvier 1907.— Pendant les quatre derniers mois de l’année 1906, le malade à eu de nouveau plusieurs crises jacksoniennes. Elles ressemblaient aux précédentes par le mode de début dans la mächoire inférieure; elles se sont quelquefois généralisées ; mais alors que du côté gauche la main se fermait tout entière, à droite les trois derniers doigts seuls se fléchissaient, Le pouce et l'index restant allongés en extension forcée.
Ces crises laissaient après elles de l'obnubilation et un élat paralytique passager.
Actuellement 11 persiste la paralysie localisée du pouce et celle paralysie n'a pas varié depuis cinq mois, au contraire de l'hémiplégie première, qui a régressé progressivement jusqu'à sa disparition. n'y à pas d’atrophie des muscles thénar, ni aucune raison d’incriminer une lésion périphérique ou médullaire. Autrefois le malade se servait très bien de son pouce.
On peut se rendre compte, en faisant présenter les deux mains verticalement par leur face palmaire :
4° Que la flexion et le relèvement des quatre derniers doigts se fail symétriquement avec une rapidité el une force égales pour les deux côtés ; la recherche de la résistance aux tentatives d'abaissement ou de redressement confirme cette intégrité de la flexion et de l’extension pour les quatre derniers doigts.
2 Que.lorsqu'on commande au malade de fléchir ses deux pouces au devant des autres doigts, le pouce gauche accomplit très bien ces mouvements, tandis qu'à droite les muscles dé l'éminence thénar amènent bien le pouce en adduction, mais la flexion de la phalange ne se , fait pas.
Comme corollaire, si l’on fléchit passivement cette phalange et qu'on prie le malade de la maintenir dans cette
SU position pendant qu'on cherche à la relever, on voit qu'ilne résiste pas du tout.
Au contraire si l'on fait maintenir les deux pouces en extension forcée, le malade résiste avec une égale intensité aux mouvements communiqués de flexion.
Donc, paralysie de lu flexion et conserration de lextension pour la dernière phalange du pouce droit.
OBSERVATION Il R. LÉPINE (Revue de médecine, 1895. p. 517)
Paralysie corticale du pouce
Homme de 62 ans, tisseur. Le 26 février il remarqua inopinément qu'il ne pouvait que difficilement tenir des fils de la main gauche: puis il a ressenti de l'engourdissement dans les doigts de cette main el à quitté son travail pour rentrer chez lui. Il a fait plus de 300 pas, distance qui sépare l'atelier de son domicile et a pu monter son escalier en traînant la jambe gauche. À ce moment il parlait difficilement; mais il n'a pas perdu connaissance un seul instant.
Trois jours après, à son entrée dans le service. il présentait une légère parésie avec raideur du membre supérieur gauche (qu'il peut cependant porter au dessus de la tête) et du membre inférieur correspondant.
La parésie est plus marquée à la main d'une manière générate. I remue difficilement les doigts ; mais il y a une grande différence entre ceux-ci: il fléchit et étend assez bien le petit doigt landis qu'il ne peut faire exécuter au pouce aucun Inouvement: pour les autres doigts les mouvements sont peu étendus, il n'y a pas, entre l'annulaire, le médius ct l'index, de différence bien marquée sous ce rapport.
Le malade dit que la paralysie a augmenté depuis ? jours ; avant-hier il pouvait encore boutonner son vêtement avecla main qui actuellement est presque: complètement paralysée.
LT Ve
Deux jours après son entrée, il y à un progrès notable quant aux mouvements de l'index qu'il peut étendre aussi bien que le petit doigt ; tandis que le médius et l'annulaire restent demi-fléchis. De plus, il peut fléchir en partie l'index. Quand on lui fait faire ce mouvement, il y à un petit mouvement associé involontaire de flexion du pouce. {ne peut fléchir le pouce seul et pendent la tentative qu'il fait à cet égard il ne se produit aucun mouvement.