LE NOVICIAT
Le 25 juillet, ce jour que Lame de Gabriel appelle de ses plus ardents désirs et qu'il trouve si lent à arriver, se lève enfin, calme et radieux. Quelles ferventes prières, quelles exultantes actions de grâces s'élancent du cœur du postulant qui va rejeter loin de lui tout ce qui lui rappelle le monde et entrer dans la famille monastique, en en revêtant les livrées. Une pensée néanmoins le préoccupe, qu'il va confier au Père Prieur. Dans la cérémonie qui va avoir lieu, ce dernier doit adresser au nouveau novice, ainsi qu'à tous les religieux présents, une allocution pour faire ressortir la grandeur de l'acte qui s'accomplit, la sublimité des grâces divines octroyées et les conséquences pratiques que chacun doit en tirer pour le progrès de sa Aie surnaturelle : or, Gabriel redoute ces réminiscences d'un passé qu'il s'efforce d'éloigner de son esprit et surtout de cacher aux autres. Le bon Père lui dit de se tenir dans le calme et la joie et lui promet de mesurer ses paroles de manière à ne pas imposer trop de sacrifices à son humilité.
Après les vêpres, précédée de l'humble croix de bois, la silencieuse théorie des moines se rend