Exultavit ut gigas ad currendam viam. (Ps. xvin
LE MOINE f 163
doute en rien des sentiments qu'il excite autour de lui et, se regardant comme le dernier de tous, il Ait bien humblement et bien généreusement son austère et modeste vie de frère convers. Ses actes de vertu, en même temps qu'ils attirent les bénédictions de Dieu sur la communauté, servent d'exemples aux autres et, sans s'en douter, il les entraîne après lui dans les chemins de la perfection, comme, dans le passé, il enlevait ses hommes à sa suite pour se jeter avec eux dans la mêlée.
Nous allons donc suivre le frère Marie-Gabriel dans cette période du noviciat, dans ce temps de formation religieuse où il livra de si rudes batailles et remporta de si admirables victoires. Pendant que nous repassions cette vie si cachée et si belle et que nous en contemplions les épisodes qui amènent parfois le sourire aux lèvres et toujours l'émotion au cœur, une constatation nous frappait : c'est que les saints de toutes les époques sont bien de la même famille ; nous retrouvons dans les actes de notre trappiste les énergies, l'esprit et la simplicité de saint François d'Assise et de ses premiers enfants. Aussi allons-nous nous permettre de substituer à la forme un peu didactique que nous avons observée jusqu'ici, dans cette étude, la manière plus simple et plus familière des bio-
graphes du moyen âge. manière qui nous semble mieux adaptée au caractère de celte période de la vie de notre héros et plus apte à en faire recueillir les fruits.
SCENES h E T R A V A I L