Remarques sur les Pensées de Pascal
les sentiers suivis par tout le monde., parce que tout le monde ne comprit rien à sa sublime folie, que cette folie est utile et bonne à raconter et à proposer aux réflexions des hommes. Le monde s'arrêta un jour, stupéfait, devant le spectacle étrange du fougueux capitaine, brisant son épée toute rougie encore du sang des ennemis de la France et sa carrière, au moment de son plein épanouissement, pour se faire moine, échangeant son brillant uniforme d'officier contre Vhumble bure de frère convers. Le monde ne comprit pas; il haussa les épaules, et passa avec une dédaigneuse indifférence devant ce lou — qui tenait à être fou de la sainte folie delà Croix. «Nous sommes des fous par amour du Christ 1 », disent saint Paul. Bientôt le monde oublia celui qui V oubliait si bien et reprit, avec un sourire de supériorité satisfaite et convaincue, ses fiévreuses ardeurs après les fumées de la gloire, les omnipotences de l'or, les jouissances de la vie, laissant le pauvre fou consumer son existence dans les héroïsmes de sa mortification, dans les sublimités de son anéantissement.
Parce que notre époque d'incroyance, d'égoisme, de ploutocratie, ne comprend rien à ces leçons des originaux du bon Dieu, elle a besoin qu'on lui explique ces leçons, qui contredisent toutes ses