‹ Du champ de bataille à la TrappeChapitre 4 sur 44 · Nos stulti propter Christuin. (7 Cor., iv · texte numérisé non relu

Nos stulti propter Christuin. (7 Cor., iv

aspirations, toutes ses doctrines, toutes ses insanités.

Elle en a besoin, comme tous les siècles ont eu besoin des suints qu'ils voyaient surgir dans VÉglise du Christ. Rome, avec sa sensualité païenne, avec son orgueil, avait besoin de la folie du jeune patricien Benoit, qui. brisant avec toutes les délices de la vie, avec toute les illustrations de la terre, alla s'enfoncer dans les effrayantes austérités et les obscurités sublimes de la grotte de Subiaco, et, instrument héroïque de Dieu . trouva, dans ce dépouillement du moi humain, dans ses triomphes sur tous les vices de son temps, le secret de renouveler, au moyen de sa Règle et de son Ordre, la face du monde, de sauver VÉglise et de façonner la société chrétienne du moyen âge. Plus tard, dans l'Europe qui venait de dépenser ses énergies admirables dans les Croisades, mais qui. fatiguée de ces efforts qu'elle ne comprenait plus, se laissait aller à la vie sensuelle et fastueuse de l'Orient, Dieu suscita son fou, son admirable fou d'Assise, le chevalier de la très noble et très belle Dame Pauvreté. Puis, au milieu de cette renaissance du paganisme qui mit fin à V existence de la société chrétienne, dans ce monde pédant, incroyant, dépravé, surgissent les ardeurs séraphiques de Thérèse qui, du haut de la montagne du Carmel. prie, chante, s'immole pour le salut des âmes, et les chevaleresques énergies d'Ignace, qui va lancer contre les flots envahissants

de r hérésie son admirable Compagnie de Jésus et léguer à ses fds, avec son dénouement absolu à la plus grande gloire de Dieu, l'honneur des persécutions et des haines privilégiées de la part des ennemis de l 'Église. Est-ce qu'ils étaient de leur époque, ce Vincent de Paul qui dévoilait à la société égoïste et superbe de Louis XIV les sublimités de la charité envers les pauvres, envers les petits, ce Benoit-Labre que VÉglise a été chercher sur son fumier voulu, recherché, raffiné, pour le placer sur ses autels et proclamer, en face de l'orgueil contemporain, les inexprimables grandeurs de r anéantissement humain? Dans notre récit, la vie militaire va se coudoyer avec la vie monastique ; aux bruits des combats, aux crépitements de la mitraille vont répondre les chants graves s' élevant du chœur du monastère, au milieu du silence de la nuit, pour dire les louanges du Dieu trois fois saint et prier pour le monde, et le bruit sourd de la discipline retombant sur des épaules décharnées au fond d'une cellule, échos discrets de ces combats incessants et de ces expiations généreuses qui forment la trame de la vie du cloître. Ces antithèses sont bien plus apparenteslque réelles, et, dans le fond, des affinités étranges existent entre ces deux états de l'homme sur la terre, entre le champ de bataille et le cloître. Ces affinités consistent dans la communauté de ce sentiment surhumain, le dévouement, qui porte l'homme à sacrifier ses

intérêts personnels, et au besoin même sa vie, à une pensée supérieure, à la conquête d'un idéal, à Vaccomplisseï rient d'un devoir et qui ne peut avoir sa source que dans le sein même de Dieu. Les événements contemporains rapprochent tous les jours davantage ces deux nobles instruments des grandes choses d'ici-bas, la Croix et l'Épée. Les ennemis de la croix deviennent logiquement les ennemis de l'épée ; Us réunissent dans leurs insultes le clergé et l'armée ces deux institutions qui gênent leur égo'isme ; ils traitent la sainte religion de ramassis de fables méprisables et la valeur chevaleresque, d'objet démode ; ils crachent à la face du Christ et raillent les gloires de la patrie, quand ils ne la vendent pas elle-même pour quelques deniers.

Après ces considérations cVun ordre général, nous allons nous mettre à la tâche avec ardeur, mais sans illusions : avec ardeur, car nous croyons faire une œuvre utile au bien des âmes en redisant les exemples féconds de vertus diamétralement opposées aux idées reçues, aux vices contemporains, aux défaillances qui nous enveloppent de toutes parts : — sans illusions, parce que nous savons que de tels sujets, par leur nature même, en dehors de l'infériorité de celui qui les présente au public, ne sont pas de ceux qui peuvent escompter la vogue et la faveur de la foule. Qu'importe après tout ? Nous nous trouverons amplement consolé des mé-

comptes humains, et récompensé de nos efforts mr la pensée d'avoir traité pour la gloire de Jel honneur de ses serviteurs, et d'avoir pu faU^du bien a quelques âmes. J a

Qu'U me soit permis, en terminant, d'exprimer certams sentiments d'une nature plus persZuTa consolai qmj 'éprouve de passer cet aueZ^l dans Vintimité du héros de eette étude' ^tedétailde cette + *«£ZÏJ£Z dn retirer pour la mienne tes lumières et les fore s des exemples de eelui que j'ai, à plus ,„ £^ ç et l'honneur de pouvoir appel mon frr Ttta ej aussi particulièrement doux à mon ànideb"l d^n d avo,r à proclamer les louanges et les vrls

liens defruternUè indissoluble qui unissent les moinés non, elles moines blancs et que le vent le

poindre ce portrait deatiné * la Au* ., C°nflant ''"«-««d. monade, ont si singnli retnent 'm, "H d* ^ fami,le

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