CHAPITRE XVI
COMMENT LE FRERE GABRIEL, APRES SES VOEUX SOLENNELS, SE MET A SE PREPARER POUR UNE MISSION Qu'lL NE SOUP- ÇONNE PAS ET QUE LUI RÉSERVE LA PROVIDENCE.
Le frère Gabriel s'est depuis longtemps engagé au service de Dieu jusqu'à la fin de ses jours ; cet engagement, il l'a prononcé dans son cœur de soldat, en sonnant à la porte de Chambarand ; il l'a renouvelé, toujours plus résolu, toujours plus perpétuel, à chacune de ses ascensions dans la hiérarchie monastique. Sa profession simple est venue donner à cette stabilité dans la vie monastique un caractère officiel ; si le supérieur général et le chapitre de la congrégation ont conservé leur liberté à son égard et le pouvoir de le relever de ses vœux, ces mêmes vœux l'engagent personnellement pour toujours vis-à-vis de Dieu. Ils les a prononcés du fond de son cœur et en toute connaissance de cause. Pour un homme tel que Gabriel, ils sont absolument définitifs.
Le temps arrive où la profession solennelle va lui enlever, non seulement le droit, mais la possibilité canonique de recouvrer sa liberté séculière et le constituer au regard des choses de la terre dans l'état de mort, l'idéal de ses conceptions
monastiques. Dans l'ancien droit public, quand la législation reconnaissait et ne contredisait pas l'autorité spirituelle de l'Eglise, pour le profès à vœux solennels, tous les actes de la vie civile étaient, non seulement coupables aux regards de la conscience, mais de plus nuls aux yeux de la loi.
Cet acte, qui est le couronnement de tous les autres et qui va le faire entrer complètement et définitivement dans la famille cistercienne de Chambarand, est. en même temps que l'occasion de manifester à Dieu et aux hommes les ént de ses résolutions, la source de nouvelles grâces et l'origine d'obligations plus grandes envers le ciel et envers son monastère. Aussi, le bon et vaillant frère, soupire-t-il après ce moment de toutes les ardeurs de son amour pour Marie, amour qui, comme tout amour véritable, n'admet ni délais, ni serments temporaires. Le Révérend Père Abbé fixe au 15 août, fête de l'Assomption de la sainte Vierge, le jour où son paladin sera admis à faire sa profession solennelle, ce qui comble le cœur du frère Gabriel d'une filiale et sainte allégresse.
Pour se préparer à cette journée qui va officiellement couper sa vie en deux, notre frère n'a pas, pour se conformer aux prescriptions de la règle, à se dépouiller de ses biens temporels.
C'est déjà fait: par la permission de ses supérieurs, Gabriel Mossier, en religion frère Marie-Gabriel, avait fait, le 26 juillet 187(5, le jour même de sa profession simple, son testament, dans lequel il laissait a la moitié de tout ce qui pouvait lui revenir un jour au monastère de Notre-Dame de Ghambarand ; l'autre moitié devait être distribuée aux pauvres par les soins du supérieur, qu'il instituait d'ores et déjà son fondé de pouvoir jusqu'à l'heure de sa mort ».
Libre de ce côté, le frère Gabriel se prépare avec ferveur par la retraite à cet acte solennel. La Aeille on aurait pu voir un pauvre frère, la figure illuminée d'un saint enthousiasme, à genoux devant une table, écrivant, aux pieds d'une statue de la Vierge, de sa belle et ferme écriture, sur la feuille de parchemin, sa charte de profession d'après la vieille formule bénédictine : «Moi, frère Marie-Gabriel Mossier, corners, je promets stabilité, conversion de mœurs et obéissance selon la Règle de saint Benoit abbé, devant Dieu et ses Saints, dont les reliques 9ônï vénérées en ce monastère, dans ce lieu appelé Ghambarand, de l'Ordre des Cisterciens Réformés de Notre-Dame de la Trappe, construit en l'honneur de la Bienheureuse Marie Mère de Dieu et toujours Vierge, en présence du R. P. Dom Antoine Gaillard, Abbé dudit monastère. »
Les cérémonies de la profession solennelle pour les frères convers se rapprochent beaucoup à la Trappe de celles de la profession simple. Le 15 août 1878, à la fin de l'office de Prime, le frère Gabriel, introduit par le Père Maître dans le chapitre, prosterné pour répondre aux questions canoniques du Révérend Père Abbé, après avoir écouté à genoux son exhortation, se lève et, d'une voix vibrante, il lit sa charte. Après avoir fini sa lecture, il signe le parchemin de ses noms de religion et de famille, à la suite desquels il fait une croix. Puis, allant se mettre aux genoux du Révérend Père Abbé, il lui présente des deux mains sa cédule et en reçoit le baiser de paix. Il va enfin s'étendre de tout son long sur les dalles du chapitre, cadavre désormais pour la terre, pendant que les religieux de chœur récitent de leurs voix graves et émues le psaume Miserere. A la fin de la psalmodie funéraire, le profès se relève de son cercueil anticipé, pour aller participer à la nouvelle \:ie que vient lui apporter, par la communion à la messe conventuelle, l'Agneau immolé pour les péchés du monde, le Vainqueur de la mort.
Dès lors il entre dans la plénitude de la vie monastique telle que la grâce de Dieu et ses efforts personnels l'ont produite en lui, prêt à faire tout ce que Marie lui demandera et ses
supérieurs lui prescriront . A la Trappe, en dehors des offices du chœur, malgré la prédominance du travail des mains sur toute autre occupation, il est permis à tous, même aux frères convers, de consacrer une partie plus ou moins grande de leurs journées à ce que la sainte Règle désigne sous le nom de Lectiones, au travail de l'esprit, aux études sur le terrain de la spiritualité ou de la mystique. La bibliothèque du monastère est mise à leur disposition et leur fournit ses ressources pour la culture de leur intelligence et les progrès de leurs âmes dans les voies surnaturelles. Quoique la iatigue corporelle provenant des coups de pioche donnés et des sueurs répandues dans la matinée rende pénible, et même pour beaucoup difficile, cette utilisation spirituelle des heures libres, frère Gabriel s'y livre avec d'autant plus d'ardeur que la modération forcée de son travail corporel lui laisse plus de liberté intellectuelle, et il y trouve en même temps repos et consolation. Si sa soif d'humilité l'a porté à repousser loin de lui les honneurs du sacerdoce, la culture de son intelligence et ses ardeurs pour les avancements spirituels de son âme lui font trouver un charme incomparable dans ces études ; son amour pour la sainte Vierge se nourrit avec délices de tous les passages écrits en son honneur par les
auteurs ascétiques: il butine au milieu de toutes ces richesses, il les recueille et les note avec soin : et. semblable au bœul qui. tout en tirant sa charrue, rumine le foin du râtelier, il en fait la nourriture de son âme pendant l< es du
travail manuel.
Ces études vont de fronl avec ses méditations oraisons, à qui elles fournissent de précieux éléments. Pour les unes, comme pour les autres, iefrèi 4 n'oublie pas ses habr
miliîaires. non seulement pour l'ardeur qu'il y déploie, mais pour la méthode qu'il y emploie et les formes qu'il leur donne. Un petit carnet de poche nous donne le résumé de sa vie spirituelle de chaque jour ; c'est son livre-journal ; de sa belle écriture d'ancien comptable de son escadron, il inscrit quotidiennement, on dirait ■ ;ie sous la dictée de Marie Immaculée qui règne dans toutes ses pensées et dans touteaffections et dont le nom brille en léte de toutes ces pages, comme il écrivait jadis le rapport de tous les jours sous la dictée du colonel, la pensée qui l'aie plus frappé dans sa méditation, ce qui dans ses lectures lui a paru le plus utile au bien de son âme. Il emprunte ces citations surtout à l'Évangile, à l'imitation, aux homélies Je saint Bernard, aux ouvrages de saint Alphonse de Lisuori.aux exhortations de son Père Maître,
le M<mm
aux conférences du Révérend Père Abbé. Parfois il reproduit avec un crayon très sûr et très délicat les emblèmes spirituels qu'il a vus ou imaginés et qui répondent aux saints enthousiasmes de son âme : semblables à ces moines du moyen âge décorant de leurs ravissantes enluminures les folios du parchemin sur lequel ils copiaient leurs naïves hagiographies ou les chroniques de leur moutier. Du reste ce petit carnet qu'il devait porter toujours sur lui était pour son usage absolument personnel et dut jouer un grand rôle dans ses efforts surnaturels, témoin les signes et abréviations qu'il y a inscrits comme mémento pour lui et les surcharges qu'il y ajoutait d'année en année : il a dû s'en servir pendant toute la durée de sa vie religieuse, puisque nous y trouvons des dates bien rapprochées de son entrée au noviciat et d'autres qui ne sont pas éloignées de sa mort. Dans l'étude psychologique que nous avons entreprise, il n'est pas sans intérêt de citer les passages qui reviennent le plus souvent sous sa plume, ils vont nous permettre de jeter un regard s :r cette âme si simple et en même temps si vaillante et de constater sur quelles bases solides et vraies il édifiait les assises de sa vie spirituelle:
— N'être saint que devant Dieu.
— Plus la confiance en Dieu est grande et plus le bon Dieu est dans l'obligation d'augmenter ses grâces.
— Après une chute, revenir au bon Dieu, avec la même confiance qu'en revenant de la sainte communion. C'est le plus grand dépit qu'on puisse donner au démon.
— Ne se troubler de rien, ne s'inquiéter de rien.
— Accepter tout ce qui se présente à faire ou à souffrir, comme venant de la main du bon Dieu et étant ce qu'il y a de meilleur et de plus sanctifiant.
— Taillez, coupez, tranchez, Seigneur ! Tout est à vous. Je suis entre vos mains. Je suis votre pauvre petit serviteur. Je suis votre esclave, votre... chose. Je m'abandonne à votre bon plaisir. Faites de moi ce qu'il vous plaira.
— Un « Seigneur que voulez-vous que je fasse?» vaut mieux que mille jeûnes et mille disciplines.
— Ne pas désirer être plus saint que ne le veut la volonté de Dieu.
Certaines fêtes, celles de sainte Madeleine, de saint Pierre, l'enthousiasment et lui arrachent des cris d'amour et de reconnaissance. Une page du carnet nous donne la liste des dates mémorables de sa vie : au milieu de celles de sa naissance, de son baptême, de sa première communion, de sa conversion, de son entrée à la Trappe, de sa profession — figurent les apparitions de iSotre- Dame de La Salette, la proclamation du dogme de l'Immaculée Conception : touchant rapprochement de la Mère du ciel et de Tentant de la terre, vivant du même amour et des mêmes joies.
Les papiers du frère Gabriel nous ont conservé un autre recueil écrit de sa main : il est bien plus considérable celui-ci, c'est un véritable volume; à première vue, il semble moins personnel, —
non pas que le frère Gabriel n'y ait pas imprimé sa vigoureuse empreinte : il s'y peint dans le choix des longues citations extraites de ses auteurs de prédilection, —il s'y peint surtout dans les réflexions dont il les accompagne, dans les cris d'âme qu'elles lui arrachent, et puis dans les pages nombreuses qui dans ce recueil sont de lui. Mais on sent que le frère Gabriel, dans ce travail, ne pense pas exclusivement à lui, comme dans le petit carnet, c'est sans doute pour le bien de son âme qu'il copie avec amour ces passages où elle se délecte ; mais c'est aussi pour d'autres, pour qui? il l'ignore, mais la grâce de Dieu le pousse, sans qu'il s'en doute, à élargir son cadre, à allonger ces citations, à soigner la forme de son travail, comme si ce travail devait sortir quelque jour de la silencieuse obscurité de la Trappe. Le frère Gabriel a intitulé ce recueil : Tablettes d'un Trappiste. Recueil de notes tirées de différents auteurs, principalement de nos livres de Carême1. Dans les enluminures qui ornent la première page nous trouvons cette exergue qui nous donne le but et le résumé de cette œuvre :
1. On appelle Livres de Carême, dans toutes les branches de l'Ordre bénédictin, les livres qui, d'après les instructions de notre bienheureux Père, sont distribués au commencement du Carême aux religieux qui doivent employer en saintes lectures les temps libres de cette période et rendre ces volumes après les fêtes de Pâques.
2io* DEUXIÈME PARTIE
«Confiance en Marie — nunquam nimis, nanquam satis! Gerbe de fleurs déposée aux pieds de Marie Immaculée par un de ses enfants gâtés ! » Si on a pu le dire de certains ouvrages, on peut le dire avec une grande vérité de celui-ci : c'est que son auteur Ta vécu. Les passages où l'amour pour la Vierge immaculée éclate en accents vifs et passionnés ravissent son âme : on devine l'enthousiasme qu'il- hii inspirent à son écriture serrée, pressée, comme haletante, aux abréviations et interjections qu'il y mêle pour se redire à lui-même plus tard ce que son cœur a éprouvé. On le voit copiant avec amour et se chantant à lui-même les poésies, odes ou sonnets en l'honneur de Marie qu'il recueille avec prédilection et où son âme naturellement poétique trouve la vivante expression de ce qu'elle ressent.
Ne sont-elles pas bien personnelles ces réflexions que nous trouvons parsemées dans le recueil, à la suite de la copie de certains passages plus émouvants ou à la date de certaines fêtes :
— O bonne Mère ! Vierge Marie ! fais que je t'aime co mme jamais cœur d'homme ne t'a aimée !
— Ah ! qu'il est malheureux celui qui n'aime pas la sainte Vierge Marie !
— Allons ! allons ! courage ! combats en soldat généreux ; ne te laisse pas abattre comme une faible femme ; ranime ta foi à l'espérance d'un jour nouveau. Attends un peu et lu verras bientôt la fin de tes maux; demain le bon Dieu
délivrera ce mort des chaînes de la vie : ' in tu déposeras cette demeure de boue que tu traînes si misérablement. Après l'exil, la liberté des enfants de Dieu. Aujourd'hui, le travail, la douleur et les larmes. Demain le repos, l'alléet une joie sans fin avec Jésus, Marie, Joseph et ce. (Fête de mon saint Ange gardien.)
Qu'elles sont sincères, amoureuses et senties, lès variations sur le Cupio dissolvi in Chris to de saint Paul qu'inspirent au trappiste son amour brûlant pour Marie et la soif 'd'aller la retrouver au ciel !
— Et dire et penser, ô ma bonne Mère, que tu es au ciel ! toi, ma bonne Mère ! et que moi, ton enfant, ton pauvre petit serviteur, je suis là, sur la terre, renversé, cloué, rivé dans ce corps de boue ! loin de toi ! O bonne Mère, pitié ! pitié ! !
— Puisqu'il faut mourir pour te voir, ô bonne obtiens-moi la grâce de quitter cette misérable vie, de sortir de la prison de mon corps. Oh ! pourquoi iaut-il que mon exil soit prolongé ! Bonne Mère, oh ! viens me chercher ! ne tarde pas ! (1er dimanche d'Avent.)
— Ah ! Vierge sainte ! ô Marie, ô Reine de mon cœur, respiration de mon âme, ravissement de mon être ! ô lumière de mes yeux, ô sang de mes veines, ô moelle de mes os ! Quand donc me sera-t-il donné de te contempler à l jisir. Ah ! Seigneur, Jésus, Dieu de mon âme ! ah ! Maître ! Ah ! bon Maître ! Vous tenez en vos mains les cleis de la vie et de la mort. Vous êtes le souverain Seigneur de toutes choses ! Ah ! pitié, mon Dieu, pitié ! Laissez-moi aller vers vous pour que je sois là où vous êtes ! Je meurs de ne pouvoir mourir. Pitié ! miséricorde ! Je vous le demande. Jésus, par les mérites de votre sainte Mère, la Vierge immaculée.
— ... C'est pendant toute la durée des siècles éternels
veux, ô ma Reine ! te contempler, avec la certitude que je te contemplerai éternellement ! Le ciel sans toi, ô ma Souveraine, ne serait plus la ciel! Je veux la sécurité et la vraie paix: sécurité et paix que je ne puis trouver que lorsque, enfin débarrassé du lourd fardeau de la vie, je me trouverai dans la possession de mon Dieu : au ciel ! Ah ! c'est là que, sans craindre ni le monde, ni ma lâcheté, ni l'enfer, je pourrai te voir, te contempler, Marie, ô ma Reine ! O bonne Mère ! tu vois bien que je ne puis plus vivre loin de toi ! Viens, viens me chercher !
— Quand je connaîtrai, ô Vierge sainte, ô tendre Mère, tout ce que ton cœur maternel a eu d'amour pour moi sur la terre, toutes les grâces dont tu m'as comblé, quand je connaîtrai la grandeur de ton infinie miséricorde pour moi, quand je verrai que jeté suis redevable de ma persévérance, de ma confiance, de mon salut ; alors il s'élèvera en moi de tels transports de reconnaissance et d'amour, que mon cœur éclaterait, succomberait, s'il n'était fort de la force de Dieu. Ah ! le ciel ! le ciel ! beau ciel ! Jésus ! Marie ! Joseph ! Pierre ! Ah ! mourir ! oh ! jour de la mort ! jour bienheureux ! quand yiendras-tu ? 17 décembre 1886.)
Mais arrêtons ces citations qui nous entraîneraient trop loin à la suite des transports enflammés du frère Gabriel pour la Vierge immaculée. Bornons-nous à signaler, après toutes les citations quïl a empruntées à ses auteurs favoris, après tous les cris ardents qu'arrachent à son âme ses méditations sur les vérités éternelles et la vue des choses de l'au-delà, des études assez longues qu'il a composées sur les Fêtes de la très sainte Vierge et sur Xotre-Dame-du-Port. Cet hommage de filiale reconnaissance envers la Souveraine de la vieille
Auvergne, où il laisse déborder l'enthousiasme de son coeur et où il redit les fastes historiques de ce pèlerinage séculaire, couronne ce registre.
Parmi les nombreuses images que le bon frère a laissées entre les pages pleines des ardeurs de son ame et vivantes de sa vie spirituelle de chaque jour, nous en avons trouvé une reproduisant avec un coloris très vif et très peu éthéré V Immaculée Conception de Murillo. Le frère Gabriel a grattela figure de la Vierge et inscrit, au bas de la gravure, cette filiale observation :
Pardon, bonne Mère; mais je n'ai pas pu supporter le
«rs te r la flsure eaiamiaée **» i*2£S£
ta ss, Dur TUU Je,Cr "" teStra"S adorabl«. ■» tes traits si purs ! si blancs ! si divinement célestes !
N'est-ce pas qu'elle est charmante et vraie cette ombrageuse jalousie du pauvre moine qui ne permet pas qu'on touche à son idéal, qui s'insurge contre l'art, lorsque l'art veut, avec l'habileté de son pinceau et les richesses de sa palette, jeter sa vulgarité humaine sur cette vaporeuse et blanche vision, tout illuminée d'amour et de pureté, qui se tient entre la terre quelle bénit et le ciel qu'elle ouvre, sur l'Etoile de la mer, sur l'Immaculée?