L'APOTRE SAINT JEAN
...Pierre, avec tout son héroïsme, ses sublimes vertu--, son mâle courage, son ardent amour, sera-t-il choisi pour être l'exécuteur testamentaire du Seigneur Jésus ? Non. Cette dignité, ce glorieux titre, ce suprême honneur reviendra au disciple vierge, au fils de Zébédée, à Jean. A une mère •. il faut un enfant vierge. C'est Jean qui entendra tomber des lèvres mourantes du Sauveur attaché à la croix ces mémorables, à jamais bénies et consolantes paroles : Femme voici votre fils. Voici votre mère! C'est à Jean que le grand condamné à mort confie son plus précieux trésor. Etre le fils d'adoption, l'enfant chéri, le serviteur quotidien, le soutien, l'appui, le gardien de la Reine des Anges : il y a de quoi être épouvanté d'une mission si divinement sublime ! Voir de ses yeux et le jour et la nuit, et la nuit et re jour, cette divine créature, lui parler. L'entendre parler, l'approcher, La servir de ses mains, respirer l'air qu'elle respire, vraiment, sans un miracle permanent, il y avait de quoi mourir mille et mille lois de confusion, de respect, de vénération et de saint amour. Il y a dans nos saintes lettres des scènes si grandioses que nul pinceau humain ne peut les reproduire, nul langage terrestre en parler dignement, nulle plume en retracer le plus léger linéament et cela parce qu'elles ne sont pas de la terre, mais du ciel. Telle est la scène où, selon la tradition, nous voyons Jean, dans son domicile, cénacle céleste et mystérieux, communier tous les iours, la Reine des cieux et des mondes. 0 Dieu ! quel tableau ! avec quel ravissement les
neuf chœurs des anges ne devaient-ils pas assister à un spectacle si célestement divin. Dis-moi, ô Jean, qui te soutenait pour que ton cœur ne brisât pas son enveloppe terrestre en un pareil moment? Hélas ! tout passe sur la terre : vint un jour où il fallut se séparer et laisser les anges jaloux venir chercher le corps de leur aimable Reine, pour le transporter, sur leurs ailes, dans le céleste séjour. Il ne lut pas permis à Jean de la suivie... il se vit condamné à vivre encore !