‹ Du Change et de la liberté d'émissionChapitre 11 sur 105 · OOP · texte numérisé non relu

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L’augmentation de la circulation est le premier fait qui ressort de l’examen de ce tableau ; mais nous reviendrons plus loin sur l’inégalité’ que l’on remarque entre les deux banques. Il suffit de rappeler que tandis qu’en France la circulation de la Banque embrasse la totalité de l’Empire, la Banque d’Angleterre partage son privilège avec les nombreuses banques privées et joint-stockbanks qui se trouvent répandues dans les trois royaumes.

Ce qui ressort de ce tableau, c’est qu’en France et en Angleterre les maxima et les minima s’observent au même moment ou à une année près. Les maxima ne coïncident plus avec les crises.

Dans les deux pays ils paraissent se trouver dans une relation étroite avec les réserves métalliques. C’est au moment où elles ont atteint leur niveau le plus élevé, ou dans les deux années qui suivent, que la circulation se trouve portée au chiffre maximum. On l’observe pendant la liquidation des crises, au moment du reflux des espèces métalliques dans les caisses des banques. Une partie du numéraire qui cherche un refuge dans les banques doit être remplacée dans les échanges intérieurs par une plus forte émission de billets, et c’est toujours alors que les banques en obtiennent le placement le plqs facile.

TABLEAU DES MAXIMA DE LA CIRCULATION ET DE LA RESERVE MÉTALLIQUE EN FRANCE ET EN ANGLETERRE.

PÉRIODES

ANNÉES

ANGLETERRE

sr

FRANCE

CIRCULATION

RK3RRVB

MtTALI.lQDE.

CIRCULATION

RlSBRYK

KBTALL1QUB.

1 837-G4 j | gg* 1864-671 . -

millions £

millions £ 11.4 16.6

millions fr.

millions fr.

A un accroissement de la circulation correspond en Angleterre et en France depuis 1832 un accroissement des réserves métalliques : néanmoins le rapport n’est pas le même dans les deux pays.

HÜ CHANGE

AUGMENTATION DES MAXIMA DE LA CIRCULATION ET DES RÉSERVES MÉTALLIQUES DE 1832 A 186»t.

Circulation. Réserve métallique,

millions do fr. millions do fr.

Angleterre. 92.500000 <833-60. 270.000.000 <833-52

France... . 77<.000.000 <832-66 467.000.000 <832-66

L’augmentation de la circulation des billets de la Banque de France, chargée seule de les répandre dans toutes les provinces, est beaucoup plus considérable que celle de la Banque d’Angleterre, où la môme fonction est déjà remplie par les nombreuses banques privées et joint-stock-banks.

Dans les deux pays, la proportion pour l’un des deux articles est loin d’être la môme : en Angleterre l’accroissement de la réserve métallique domine, tandis qu’en France c’est la circulation des billets.

Nous indiquerons plus loin dans quelles conditions le maximum de la circulation de la Banque d’Angleterre a été atteint en 1 8136 au moment de la dernière suspension de l'acte de 1844.

Dans les dernières périodes les réserves métalliques des banques de France et d’Angleterre deviennent, à un moment donné, la représentation presque complète de la circulation des billets.

Jusqu’en 1842 les maxima de la réserve métallique en Angleterre ne dépassaient pas liv. 1 0 à 1 2,000,000 ; mais déjà en 1844, [avant la promulgation de l’acte, ils s’étaient élevés à liv. 16,300,000; après sa promulgation

iis ne dépassèrent pas liv. 16,t>00,0:) (18/i5), en présence d’une circulation de liv. 22,200,000. L’encaisse avait augmenté de liv. 5,000,000, et la circulation seulement de liv. 2,000,000 sur les maxima de la période précédente.

De 1 847 à 1 856 la proportion devient encore meilleure, ou pour mieux dire l’égalité est pour ainsi dire complète.

Circulation. Réserve métallique.

Dans la dernière période, 1857-64, la proportion est un peu moins favorable, mais la liaison des deux mouvements encore bien marquée de liv. 24,000,000 à liv. 10,500,000. Il en est de même dans la période qui commence en 1 865.

En France, dès 1 832, les maxima de l’encaisse dépassent ceux de la circulation; c’est seulement dans les trois dernières périodes que, tout en approchant beaucoup de ceux de ces dernières, ils ne sont pas cependant atteints. Ainsi, pendant que l’écart entre ces deux articles du bilan diminue en Angleterre, il augmente en France; mais la relation entre les deux mouvements ne saurait être méconnue.

C’est donc toujours l’année même, ou dans les deux années qui suivent celle où les maxima de la réserve métallique ont été atteints, que l’on observe ceux de la circulation des billets

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