MAXIMA DE LA CIRCULATION AVANT ET PEPJJIS L’ACTE DE
Banque Banques Joint-stock- Banques Banques
d’Angleterre. privées. bauks. d’Écosse. d'Irlande.
Avant 4844 24.1 7.5 4.5 3.2 6.5
Depuis 1 844 22.2 + 1.1 4.8— 2.7 3.3— 4.2 4. 6 + 4. 4 7.7 + 4. 2
L’augmentation de la circulation a surtout porté sur la Banque d’Angleterre (liv. 1 ,1 00,000), en présence de laquelle celle des banques privées et des joint-stockbanks a fléchi de liv. 3,900,000; mais en dehors de son rayon, là où la bank-note n’était pas legal lender, en Écosse et en Irlande, la circulation a augmenté de liv. 2,600,000, plus du double de celle de la Banque d’Angleterre ; eu égard à l’importance des deux pays, on peut dire que la proportion est meilleure.
Depuis 1834, les augmentations et les diminutions des deux espèces de circulation : celle de la Banque
d’Angleterre et celles des banques privées, ont eu lieu au même moment et dans les mêmes proportions.
Avant 1 844, au moment des maxima de la circulation, celles des banques de province formait 54 0/0 de l’ensemble de la circulation du royaume; depuis l'acte de 1844 la proportion a baissé seulement de 9 0/0, elle ne s’élève plus qu’à 45 0/0.
Au moment des niinima, la dépression est la même pour les banques de province, et la proportion s’abaisse à 42 0/0 avant et depuis 1 844.
Malgré toutes les restrictions imposées par les actes de 1 844-45, la part de la circulation des banques privées et des joint-stock-banks s’élève encore presque à la moitié de la circulation totale du royaume, exactement comme en 1834. Il y a donc des services et des besoins qui en réclament l’usage, sans que le billet de la Banque d’Angleterre ait pu s’y substituer comme on le pensait, et la faire disparaître en l’absorbant peu à peu. Voilà donc le résultat de toute la réglementation si péniblement organisée dans le but non dissimulé d’absorber peu à peu toute la circulation qui se faisait en dehors de la Banque d’Angleterre.
Avant 1 844, la vitalité des banques par action (jointstock-banks', était beaucoup plus grande que celle des banques privées; ces dernières avaient une tendance marquée à se transformer : elles avaient déjà disparu en Écosse et en Irlande. En Angleterre, de 1834 à 1839, le faible accroissement de leur circulation avait laissé
prendre le pas aux joint-stock-banks. Depuis 1 844 elles ont cédé aux mêmes influences, mais les joint-stockbanks ont beaucoup moins perdu en présence de la concurrence de la Banque d’Angleterre. Quoique les banques privées aient toujours été en déclinant et en s’amoindrissant, leur place n’a pu être prise par les joint-stock-banks, tandis qu’avant l’acte tout ce que les premières perdaient était gagné par les secondes.
De 1 844 à 1 8G5, la circulation des banques de province éprouve des variations bien différentes, selon qu’on l’observe en Angleterre, en Écosse et en Irlande.
En Angleterre elle a baissé de liv. 2,300,000 et dans ce total les banques privées entrent pour liv. 1 ,800,000.
En Écosse et en Irlande, au contraire, elle a augmenté de liv. 2,800,000 ; dans ce total l’Écosse seule entre pour liv. 1,700,000.
L’augmentation balance et au delà la diminution, bornée du reste aux banques privées.
Les prévisions de Robert Peel ne s’accomplissent que pour les banques privées, déjà condamnées avant 1844; il pensait qu’au bout de dix années la circulation en dehors de la Banque d’Angleterre serait tellement réduite, qu’un acte du parlement suffirait pour la faire disparaître. Tout avait été disposé dans ce but pour aider à cette absorption de la circulation des banques de province par la Banque d'Angleterre : l’acte de 1844 allouait une prime de 1 0/0 à celles qui mettraient
en circulation les billets de la Banque d’Angleterre; la pratique prouve qu’on a peu fait usage de cette clause.
Quant à la faculté donnée à la Banque d’Angleterre d’émettre des billets jusqu’à concurrence de deux tiers en remplacement de ceux des banques de province qui avaient liquidé, cela n’a été qu’un moyen très-imparfait de combler le vide produit dans la circulation. Cette permission ne remplit nullement le but de tenir le pays approvisionné de billets de banque, de la même manière que cela avait lieu avec les émissions des banques locales.
La pratique n’a pas confirmé les données sur lesquelles repose l’acte de 1 844. Au delà de liv. 1 4 millions la circulation des billets devait varier exactement comme la réserve métallique, et cependant si depuis 1 844 on observe les variations de la réserve métalliquo et de la circulation, on remarque que cette dernière reste immobile, ou augmente même un peu, mais toujours en raison inverse du mouvement des espèces. La réserve des billets que l’on garde à la Banque suit seule tous les mouvements de l’encaisse puisqu’il faut rendre au département de l’émission les billets qui ne sont plus représentés par des espèces en caisse.
Les Banques peuvent en suspendant l’émission ne pas contribuer à une nouvelle augmentation de la circulatjon, mais elles ne peuvent pas la réduire, c’est-à-dire faire rentrer les billets qui se trouvent dans les mains du pur blic. La pratique l'a démontré : c’est toujours après les
plus grands embarras, quand le moment le plus critique est passé, qu’en même temps que le portefeuille diminue, on observe la rentrée des billets au fur et à mesure des échéances, et par suite le chiffre minimum de la circulation.
Circulation des billets de banque en Angleterre, anx États-Cnis et en France depuis 1830.
Jusqu’ici la comparaison n’a pu s’établir qu’entre les banques de France et d’Angleterre : il ne faut pas négliger d’y adjoindre les États-Unis, aussitôt que les documents officiels le permettent; on aura ainsi le tableau exact de la circulation sous le régime de l’unjté et dé la liberté d’émission. Il faut donc étudier :
1° Le mouvement de la circulation fiduciaire des banques en France, en Angleterre et aux États-Unis;
2° Le nombre de banques et de leurs succursales ;
3° La nature des coupures et la durée de la circulation ;
4° Les rapports de cette circulation avec le nombre des banques, leur capital, leur réserve métallique, leur portefeuille et leurs dépôts en comptes courants.
Pour les États-Unis, cette étude sera du plus haut intérêt parce qu’elle nous fera comprendre combien sont différentes les conditions dans lesquelles les banques opèrent, selon le degré de civilisation et l'état du crédit.
Pour faciliter cette étude et rendre les comparaisons plus directes, nous mettrons en présence les maxima et les minima de la circulation pendant les quatre dernières périodes de prospérité, qui toutes se sont liquidées par une crise : 1837, 1847, 1857, 1864.
PÉRIODES
ANGLETERRE