‹ Du Change et de la liberté d'émissionChapitre 22 sur 105 · PETITES COUPURES · texte numérisé non relu

PETITES COUPURES

dans

dans

los augmentations

l’ensemble

ou les diminutions

' de la circulation.

De 1848 à 1853, la circulation des billets augmente : En France de 359 à 644 millions fr., soit de 285 millions.

A la Banque d’Angleterre de 449 à 560 millions fr., soit de 1 1 1 millions, et'dans cet accroissement si différent, la part des grosses coupures de J 000 fr. en France et de 20 à 1 000 liv. en Angleterre, indique toujours une grande prépondérance : elle est de 72 à 56 0/0.

ET DE LA LIBERTÉ D’ÉMISSION. loi

De 1857 à 1865, elle est de 69 0/0 en France et de 80 0/0 en Angleterre.

Dans les diminutions, la part des grosses coupures est encore plus sensible; en France et en Angleterre elle varie de 89 à 106 0/0 et de 63 à 100 0/0.

En un mot, la part des grosses coupures est plus considérable dans les diminutions que dans les accroissements de la circulation, à ce point que la dépression ne porte que sur elles seules, les petites coupures conservant presque invariablement le chiffre déjà atteint au moment où les maxima ont été touchés.

Au milieu de ces mouvements d’expansion suivis de réactions violentes que l’on remarque sur les grosses coupures, pour les petites, dans les deux pays, on observe un accroissement continu qui, de 1848 à 1867, porte le chiffre, en Angleterre de 21 7 à 270 millions; et en France, de 77 à 336 millions.

Elles sont donc plus nombreuses en France; et cependant, relativement à la somme des billets en circulation (plus du double de celle de la banque d’Angleterre, 1,085 contre 507 millions de fr.), leur proportion ne dépasse pas 30 0/0, tandis qu’elle s’élève à 54 0/0 en Angleterre.

Proportion des petites coupures par rapport à /'ensemble de la circulation des banques de France et d'Angleterre. — La proportion assez variable dans les deux pays, tend cependant à augmenter depuis 1845 :

En Angleterre elle varie de 47 à 54 OjO (1845-1865)

En France — de 21 ii3J 0/0 r 1849-1864»

Dans les deux pays, elles entrent de plus en plus dans la circulation, mais ce qui se passe en Angleterre indique bien que ce n’est pas comme moyen de crédit, mais uniquement comme moyen de circulation pour les besoins de chaque jour au lieu et place des espèces métalliques.

En France, où les procédés de compensation sont beaucoup moins perfectionnés, les grosses coupures interviennent beaucoup plus, et les petites coupures, au lieu de former la moitié de la circulation, atteignent à peine le tiers.

En dehors de l’accroissement de la circulation, les variations que l’on note portent principalement sur les grosses coupures. Ce n’est pas pour les payements du commerce du détail, mais pour les grandes opérations commerciales, (pie nous les voyons sortir ou rentrer. Elles forment les deux tiers de l’oscillation totale, et le maximum de l’émission se rencontre toujours après les crises au début de la période prospère.

Dans les embarras des affaires, alors que l’on pensait en avoir le plus grand besoin, elles sont au contraire réduites au chiffre minimum, parce que toutes les demandes portent alors sur les espèces métalliques pour des besoins extérieurs que les billets ne sauraient satisfaire.

AUGMENTATION ET DIMINUTION DK LA CIRCULATION DES DIVERSES COUPURES DES BILLETS EN FRANCE.

Années. 1000 fr. 500 fr. 200 fr. 100 fr. 50 fr. Circulation

totale.

Ce tableau nous donne une image fidèle des fluctuations de la circulation des diverses coupures. Les plus grands mouvements portent sur les billets de 1 000 fr. et de 1 00 fr. Les billets de 500 suivent les oscillations des billets de 1000 fr.; ceux de 200 fr. sont retirés de la circulation, et quant à ceux de 50 fr., depuis leur création en 18G4, ils ne s’éloignent pas de 30 à 34 millions.

De 1841) à 1807, au milieu de toutes les augmentations et de toutes les diminutions de la circulation, ce sont les grosses coupures de 1000 fr. qui y ont pris la plus grande part, quand le mouvement, comme on le remarque dans les diminutions, n’a pas porté sur elles seules. Chaque accroissement est suivi d’une réaction qui en abaisse la somme de moitié environ ; mais l’autre moitié reste dans la circulation.

Ainsi de 1849-53 à 1867, à une augmentation de 205 millions succède une diminution de 1 05 millions fr. • De 1 857-04 à 1 807, l’oscillation est de 2 1 9 à 1 20 millions.

Pour les billets de 100 If., au contraire, l’augmentation est continue, quelles que soient les oscillations de la

somme des billets. La circulation ne paraît jamais saturée, mais si on n’observe pas de diminution, les accroissements sont toujours modérés, comparés aux grosses coupures. En jetant un coup d’œil sur le tableau qui précède, on verra que la plus forte augmentation que l’on constate dans la dernière période 1 864-67, ne dépasse pas 86 millions, tandis que celle des grosses coupures s’élève à 248 millions ! Le billet de 1 00 fr., malgré son utilité dans le commerce de détail, pénètre donc beaucoup plus difficilement que le billet de 1 000 fr. ; mais une fois émis, il ne rentre pas comme on le redoutait au moment des crises.

Quant aux billets de 50 fr. dont la création remonte à 1 864, dès 1 865 il y en avait 30 millions en circulation, et en 1 867 leur nombre ne dépasse pas 34 millions. Les deux coupures réunies de 1 00 et de 50 fr. ne donnent qu'une augmentation de 1 08 millions depuis 1 864, tandis que celle des billets de 1 ,000 fr. atteint 248 millions; cet écart suffit pour juger de leur importance et de leur utilité relative.

Coupures des billets des banques privées et des jointstock-banks dans la Grande-Bretagne. — On ne trouve pas dans les relevés de la circulation des banques privées et des joint-stock-banks en Angleterre l’indication des diverses espèces de coupures; mais les mêmes publications nous donnent ce détail pour les banques d’Écosse et d’Irlande :

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