ENCAISSÉS
an comptant.
•ours.
millions fr.
millions fr.
1847 (Crise.)
1857 (Crise)
1864 (Crise)
En jetant un coup d’œil sur les deux colonnes des effets escomptés et des effets au comptant, on remarque que les deux chiffres s’éloignent ou se rapprochent selon la période que l’on observe.
Pendant les années prospères, la somme annuelle des
effets encaissés au comptant suit assez Lien, même en la dépassant quelquefois, la somme annuelle des effets escomptés. Puis l’écart diminue, la somme des effets escomptés, se rapproche, égale et enfin dépasse à son tour la somme des effets encaissés au comptant au fur et à mesure que la crise approche.
Ainsi, dans la période de 1842-1847, c’est en 1845 que les deux sommes se balancent pour ainsi dire :
Effets escomptés 1,003,000,000 fr.
Effets encaissés au comptant . . . 1,119,000,000
Les escomptes, continuant toujours, prennent un acîroissement de plus en plus considérable, jusqu’à i milliard 329 millions en 1 847 (crise), tandis que les effets encaissés au comptant sont restés stationnaires et ont plutôt faibli : la somme de 1 milliard 171 millions est tombée à 1 milliard 1 22 millions.
Le même mouvement s’observe dans les périodes de 1847-1857 et 1857-1864.
Dans la première, les deux sommes se balancent en 1855; puis, pendant que les effets escomptés s’élèvent de I milliard 166 millions à 2 milliards 85 millions, les effets au comptant restent stationnaires de 1 milliard 74 millions àl milliard 137 millions; la différence ne mérite pas d’être signalée.
Dansla dernière période, 1 857- 1 864, les deux sommes se balancent en 1860, les effets au comptant suivent même assez bien le développement des escomptes jusqu’en 1861; puis, pendant que les escomptes de 2 milliards
-122 millions s’élèvent à 2 milliards 881 millions, nonseulement les effets au comptant restent stationnaires, mais ils décroissent même un peu de -1 milliard 7GG millionsà 1 milliard 701 millions (1861-1864).
Les effets au comptant dépassent donc en temps normal la somme des effets de commerce escomptés; bientôt la différence s’efface; mais à peine la balance est-elle établie que l’accroissement des effets au comptant s’arrête; puis, tandis que la somme annuelle indique des variations insensibles, le portefeuille de la Banque se gonfle de plus en plus par les effets présentés à l’escompte; et à l’échéance, la compensation par les effets au comptant fait défaut.
Ce n’est donc plus par le simple échange d’un effet escompté contre un effet au comptant qu’à l’échéance on peut liquider la dette achetée par la Banque; elle doit elle-même avancer en billets ou en numéraire la plus grande partie de ce qui manque pour rétablir la balance. Cette diminution des effets au comptant, pendant que le portefeuille augmente sans cesse, est un des caractères de la situation. Elle indique un grand ralentissement des opérations commerciales.
Que prouve, en effet, l’encaissement des effets au comptant? C’est qu’une vente a eu lieu, et que, la transaction commerciale terminée, on rembourse les avances faites à crédit. Quand ils font défaut sur la place, on peut donc conclure que les produits restent on magasin et que les échanges ne se font plus en nature.
Si nous en recherchons la cause, nous la trouvons surtout dans la hausse du prix des produits, qui rend les ventes plus, difficiles. Ce ne sont pas les demandes du public qui £ont satisfaites, inutile de le faire remarquer; ce qui les modère et les arrête, ce sont les prix • or, tout ce qui facilite l’achat en gros doit tendre à les élever. C’est ainsi que le crédit, par les facilites qu’il accorde, permet d’engager les affaires et détermine un mouvement de hausse générale à la continuité duquel il ne manque qu’une chose, la continuité du crédit lui-même et des échanges.
Aussitôt que, même à crédit, les marchandises ne sont plus demandées, on peut dire que la crise est proche, on épuise jusqu'aux dernières ressources, et enfin l’orage éclate.
Telle est dans tous les pays où le crédit existe la succession des événements qui précèdent et amènent les crises commerciales. On peut en suivre la marche et les développements sur deux des principaux articles du bilan des banques: l’accroissement des escomptes et des avances, et la diminution des réserves métalliques, de même que la diminution des escomptes et l’abondance de l’encaisse en marquent la guérison. La circulation des billets présente des variations beaucoup moindres et une fixité relative, digne d’attirer l'attention en présence delà mobilité des deux autres.