‹ Du Change et de la liberté d'émissionChapitre 49 sur 105 · MILS · texte numérisé non relu

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maxima.

minima.

41 millions fr.

9 millions fr.

56 millions fr.

Rien de plus variable que les avances sur effets publics; il serait même difficile de se rendre compte de leur importance d’après les publications des bilans heb-

domadaires, les chiffres maxima et minima ne donnant pas une idée exacte de l’ensemble des services rendus. Ce n’est pas en effet la somme seule des avances à un moment donné qui peut servir à les mesurer, mais bien leur durée.

Le renouvellement plus ou moins rapide de chaque opération permettra seul de juger par combien de mains le capital prêté a passé et d’estimer ainsi les avantages qu’on aura pu en retirer : c’est ce que nous donne le compte rendu annuel. Il y a une grande disproportion entre les deux situations, celle donnée par le bilan hebdomadaire et celle donnée par le compte rendu annuel.

En 1 848, le chiffre maximum hebdomadaire des avances s’élève à 41 millions fr., quoique le compte rendu annuel ne donne qu’une somme un peu supérieure. Il n’y a donc eu qu’un mouvement très-faible dans les avances cette année.

En 1 852, au contraire, quoique d’après les bilans hebdomadaires les chiffres s’élèvent à 94 millions fr., cependant celui des avances pour l’année entière atteint 262 millions fr. sous l’influence de la reprise des affaires et du mouvement de spéculation qui l’accompagne. Le renouvellement rapide des opérations se traduit non pas par une élévation accidentelle des avances, mais par la succession des demandes et des remboursements qui à la fin de l’année donnent le chiffre de 262 millions fr. Il en est de même en 1 856 et en 1 862 sous l’influence des emprunts pour la guerre de Crimée et de la conver-

sion du 4 ’/s 0/0. On voit les avances sur effets publics s’élever annuellement à 452, à 824 millions fr. pendant que les maxima des bilans hebdomadaires n'ont pas dépassé 1 20 et 200 millions, ce qui donne la mesure de la multiplicité et de la rapidité des demandes, des remboursements ou des renouvellements.

Ces mouvements en France se produisent complètement en dehors du mouvement commercial, c’est uniquement pour répondre à certains besoins spéciaux, le plus souvent engendrés par la spéculation sur titres de rentes. La somme annuelle des avances nous en donne la preuve : de 1836 à 1847, elle varie de 77 à 7 millions fr. (1836-1844), et c’est toujours au moment des emprunts qu’on observe les chiffres maximâ. Depuis 1 848, cette influence est encore plus sensible, et les avances sur rente prennent une importance en rapport avec celle des emprunts et de la spéculation qui s’en empare.

En 1852 ',.sous l’influence seule de la spéculation, le chiffre annuel s’élève déj àà262 millions; en 1854, elle se calme, et il retombe à 68 millions ; les premiers emprunts de la guerre de Crimée en 1 855 le relèvent à 1 72 millions et même 452 millions; en 1856 (emprunt de 700 millions), dès 1 857, malgré la crise, il était retombé à 1 60 millions. La reprise des affaires et l’emprunt de la guerre d’Italie le reportent à 247 et 208 millions (1858-

). Tableau n° 7.

1 859), puis au fur et à mesure du classement de tous ces emprunts, la spéculation diminue et la somme des avances s’abaisse à 141 millions fr. Tout à coup la grande opération de la conversion du 4 '/a 0/0 donne naissance à un immense mouvement de titres et pour payer la soulte exigée par le trésor public, les sommes avancées par la Banque sur dépôts d’effets publics s’élèvent à 824 millions dans l’année 18G2, sans que le maximum des bilans hebdomadaires ait dépassé 200 millions fr. Ce n’est donc pas seulement par l’importance de la somme, mais surtout par les renouvellements que l’on a atteint un chiffre aussi élevé. Ce qui le prouve, c’est que l’année suivante elle s’élève encore à 475 millions et le maximum des bilans à 1 1 0 millions fr. La conversion quoique terminée, on a encore recours aux avances pour attendre le placement des nouveaux litres 3 0/0, donnés en échange du 4 */2 0/0 ; cette mesure a entraîné un déclassement considérable, la plus grande partie de la conversion ayant été faite par la spéculation qui s’est empressée de recueillir l'écart qui existait entre le prix des deux fonds 4 '/a 0/0 et 3 0/0. Cette opération ne pouvant se faire que sur une somme de 1 ,500 fr. de rente, les petits rentiers ont dû simplement payer la soulte, mais un grand nombre ont préféré vendre leur 4 ‘/* 0/0 et le remplacer par d’autres valeurs (actions et obligations des chemins de fer) : il est donc resté une masse flottante des titres qui, grâce aux avances de la Banque, ont pu attendre pendant deux années qu'un nouveau classement se soit opéré, car aus-

sitôt après des chiffres aussi élevés que ceux de 1 862 et 1865 (824 et 475 millions fr.), on les voit baisser à 133,1 10 et enfin 92 millions fr. en 1866. Les avances sur effets publics sont donc sôus la dépendance la plus absolue des opérations de trésorerie : Émission d’emprunts, conversion de rente. Le commerce même dans ses embarras ne paraît pas y avoir recours : si en dehors de ces combinaisons on les recherche encore, la somme assez minime prouve bien qu’elles ne profitent qu’au petit commerce dont le papier ne trouve accès à la Banque que par l’intermédiaire des banquiers. Pour éviter de payer une prime de risques supérieure au taux de l’intérêt, il préfère obtenir par des avances sur titre les secours temporaires qu’il ne peut obtenir par l’escompte qu’à des conditions plus dures et à un prix plus élevé.

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